Bitcoin a franchi la barre des 114 000 dollars, porté par des chiffres d’inflation à la production (PPI) bien plus faibles qu’attendu. Ce refroidissement ravive l’idée que la Réserve fédérale pourrait réduire ses taux dès septembre. Les marchés y voient un signal fort. La liquidité pourrait revenir plus vite que prévu. Mais derrière l’euphorie immédiate, les investisseurs savent que l’histoire des baisses de taux réserve souvent une phase de volatilité avant un nouvel élan haussier.
PPI en net refroidissement, la fenêtre s’ouvre pour la Fed
Le bitcoin a brièvement franchi 114 000 $ dans la foulée des chiffres de prix à la production (PPI) d’août, ressortis bien en dessous des attentes. La paire a réagi en quelques minutes, propulsée par un regain d’appétit pour le risque et des paris accrus sur un assouplissement monétaire proche.
Dans le détail, le PPI annuel retombe à 2,6 % contre 3,3 % anticipés, tandis que la variation mensuelle passe en territoire négatif. Le « core » reste modéré autour de 2,8 %, confirmant un tassement des pressions inflationnistes. Ce tableau plaide pour une demande moins vigoureuse et un transfert de coûts atténué, malgré un contexte encore tendu sur certains secteurs.
BREAKING: August PPI inflation FALLS to 2.6%, below expectations of 3.3%.
Core PPI inflation fell to 2.8%, below expectations of 3.5%.
Month-over-month PPI inflation was NEGATIVE for just the 2nd time since March 2024.
Rate cuts are on their way.
— The Kobeissi Letter (@KobeissiLetter) September 10, 2025
Conséquence immédiate ? la probabilité implicite d’un assouplissement de 25 points de base à la réunion du 17 septembre grimpe encore. Certains acteurs évoquent même l’hypothèse plus audacieuse d’une baisse de 50 points de base. Les données FedWatch convergent et plusieurs institutions ajustent déjà leurs prévisions de politique monétaire pour la fin d’année.
Pourquoi Bitcoin réagit si violemment
Le mécanisme est classique. Des taux plus bas réduisent le coût du capital et améliorent la valorisation des actifs risqués, bitcoin en tête. En outre, l’effacement de 911 000 emplois du bilan statistique américain a renforcé l’idée d’une économie fragilisée qui nécessiterait un soutien rapide de la Fed.
Sur chaîne, deux indicateurs apportent un éclairage supplémentaire. Le MVRV (Market Value to Realized Value) compare la valeur de marché à la valeur réalisée. Proche de 1, l’actif est souvent sous-évalué, au-dessus de 3 et 4, il est généralement surchauffé. Actuellement, le ratio se situe encore sous ces seuils extrêmes, ce qui suggère un potentiel haussier.

Le second indicateur est l’Exchange Whale Ratio, qui mesure la part des transactions de gros porteurs sur les flux vers les exchanges. Des pics signalent des ventes massives possibles et donc une volatilité accrue à court terme. À l’inverse, une baisse de ce ratio indiquerait que les baleines conservent leurs jetons, renforçant l’impulsion haussière.
Ce que l’histoire des baisses de taux raconte
Lors des baisses de taux de 2020, la panique initiale avait compressé les valorisations on-chain avant qu’un afflux massif de liquidités ne propulse bitcoin vers un nouveau cycle haussier. Le même scénario s’est reproduit fin 2024, avec une turbulence au déclenchement, suivie d’une reprise vigoureuse.
La situation actuelle présente toutefois une nuance. La Fed doit composer avec un marché du travail affaibli et un CPI encore au-dessus de l’objectif. Le refroidissement du PPI est encourageant, mais il reste à confirmer par l’inflation à la consommation. La banque centrale ne veut pas se précipiter dans un cycle de baisse trop agressif.
Pour bitcoin, cela ouvre une possible phase de prises de profits et de volatilité accrue, alimentée par les baleines. Puis, si le CPI valide la tendance et que la Fed enclenche bel et bien l’assouplissement, le marché pourrait se stabiliser sur des bases plus solides et enclencher une nouvelle jambe de cycle.
