La Maison-Blanche accélère. Une liste de onze noms circule pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Fed. Parmi eux, trois ont déjà tendu la main à l’écosystème crypto, sans ambiguïté. Le signal est limpide : le choix du prochain président pèsera sur le coût de l’argent, mais aussi sur l’appétit pour le risque qui irrigue Bitcoin, Ether et l’ensemble du marché.
Trois profils pro-crypto dans la short-list
Le Trésor a confirmé qu’une short-list est en cours de finalisation, avec des entretiens prévus autour de la fête du Travail. Onze candidats au total.
Certains noms sont familiers : Lorie Logan, James Bullard, Philip Jefferson, Christopher Waller, Michelle Bowman, Larry Lindsey… D’autres viennent de sphères plus périphériques comme Marc Sumerlin, David Zervos ou Rick Rieder, actuel patron de la gestion obligataire mondiale chez BlackRock.
Certains profils ont déjà pris position sur les sujets crypto. Zervos, par exemple, évolue chez Jefferies, une banque qui a misé tôt sur le secteur. Pas un hasard. Ces deals racontent quelque chose de l’ADN de marché qui entoure certains candidats.
Depuis Jackson Hole, les marchés tablent majoritairement sur une baisse des taux lors du FOMC des 16-17 septembre. Moins de pression sur le coût du capital, c’est souvent plus de liquidité pour les actifs risqués (crypto comprise). C’est dans ce décor que se jouera la nomination. Le moment n’est pas neutre.
Rick Rieder, trait d’union assumé entre Wall Street et Bitcoin

Et les faits suivent. BlackRock gère aujourd’hui IBIT, le plus important ETF spot Bitcoin du marché américain, et un ETF de la crypto ETH en tête de sa catégorie.
Les encours publiés en août témoignent d’un appétit institutionnel qui ne faiblit pas. Pour une Fed préoccupée par la stabilité financière, la présence de canaux régulés comme ceux-ci n’est pas anodine.
Si Rieder prend la tête de la Fed, pas de pump mécanique à attendre. Mais son expertise sur les cycles de liquidité, et sa familiarité avec les structures ETF, faciliteraient un dialogue plus fluide entre la politique monétaire et les marchés crypto. Le signal serait clair : ces actifs ne sont plus à traiter comme des anomalies.
Christopher Waller, technophile mesuré

Son discours est constant : expérimenter, observer, sans brûler les étapes. Il parle peu, mais quand il le fait, les usages concrets sont au centre. Stablecoins, dépôts tokenisés, rails de paiement modernisés. Ce sont ces zones grises qu’il veut clarifier.
Une Fed présidée par Waller resterait prudente, mais pas fermée. Elle soutiendrait les protocoles sérieux, tout en mettant des garde-fous là où la liquidité menace la stabilité. Ce n’est pas l’environnement rêvé pour les spéculateurs, mais pour les acteurs construisant des cas d’usage solides, c’est une fenêtre d’itération.
Michelle Bowman, pour une Fed qui apprend par la pratique

La presse y a vu un tournant dans la posture réglementaire : passer de la crainte abstraite à l’expérimentation encadrée.
Avec Bowman, pas de flou artistique : les règles avanceraient, posément, mais avec une direction lisible. Or ce que la crypto redoute le plus, c’est l’arbitraire. Mieux vaut des garde-fous nets qu’une incertitude chronique.
Ce que ça change, concrètement, pour la crypto
La Fed ne fait pas la régulation crypto à elle seule. Mais son président donne le ton : tolérance aux paiements tokenisés, compréhension des ETF, tempo des taux.
Rick Rieder installerait une logique de marché. Christopher Waller, un pragmatisme technologique. Michelle Bowman, un apprentissage institutionnel. Ces inflexions comptent.
À court terme, la politique de taux reste le principal levier. Une détente en septembre renforcerait les flux vers IBIT ou ETHA, qui servent déjà de baromètre pour les investisseurs traditionnels. À moyen terme, le profil choisi donnera le tempo du dialogue entre innovation financière et supervision.
