La vice-présidente de la Réserve fédérale, Michelle Bowman, a lancé une demande selon laquelle les employés de la banque centrale américaine devraient être permis de détenir une petite quantité de cryptos. Selon elle, l’expérience directe est indispensable pour comprendre le fonctionnement réel de ces actifs numériques.
Expérimenter pour mieux comprendre la crypto
Lors d’un événement consacré à la blockchain dans le Wyoming, Michelle Bowman a estimé que les règles actuelles étaient trop strictes. En effet, celles-ci interdisent au personnel de la Fed et à leurs conjoints de posséder des cryptos.
Bowman a proposé dans son discours que de faibles montants puissent être détenus à titre personnel. L’objectif est de donner aux employés une vision concrète du processus de possession et de transfert des actifs numériques.
Elle a justifié sa position par une comparaison selon laquelle on ne ferait pas confiance à un moniteur de ski qui n’a jamais chaussé de skis.

Autrement dit, la théorie et la lecture ne suffisent pas. Mais seule la pratique permet d’appréhender pleinement les mécanismes techniques et financiers de la crypto.
Ces restrictions s’expliquent aujourd’hui par les scandales de 2020. En effet, certains hauts responsables de la Fed avaient été accusés d’avoir profité de leur position pour effectuer des transactions financières en pleine crise du Covid-19.
Pour restaurer la confiance, l’institution avait durci son code éthique en 2022. Elle avait donc interdit toute exposition directe de son personnel aux cryptos ou à des produits liés.
Cependant, suite à cette interdiction, les profils spécialisés en actifs numériques hésitent à intégrer une institution où l’expérimentation leur est refusée. De ce fait, cette interdiction nuit à la fois au recrutement et à la rétention des meilleurs experts.
Permettre des investissements symboliques en crypto-actifs renforcerait les compétences internes.
Les examinateurs de la Fed, au contact de la finance décentralisée, seraient mieux armés pour anticiper les risques, mais aussi pour reconnaître les opportunités offertes par ces technologies.
Il ne s’agit pas d’une dérégulation totale. L’idée serait de fixer des seuils clairs, avec des montants suffisamment faibles pour limiter tout risque de conflit d’intérêts.
Demeurer sous la prudence et l’ouverture au changement
Au-delà de la question interne, Michelle Bowman a invité les régulateurs bancaires à revoir leur état d’esprit. En effet, la prudence excessive leur empêche parfois d’apprécier les bénéfices réels de la blockchain.
Ils ne devraient pas craindre une menace pour les modèles traditionnels. Par contre, ils devraient considérer la technologie comme un outil capable d’apporter rapidité, efficacité et transparence.
Selon elle, le système bancaire n’a que deux choix. Soit il adopte et encadre ces innovations et contribuer à bâtir un cadre fiable et durable. Soit il reste immobile et perdre le contrôle sur les nouvelles infrastructures financières opérant en dehors de son influence.
Cette déclaration s’inscrit dans un contexte politique favorable. L’administration Trump pousse actuellement pour une intégration accrue de la crypto dans l’économie américaine.
Le président a récemment signé un décret ordonnant aux régulateurs d’enquêter sur les accusations de débancarisation du secteur crypto. La Fed quant à elle, vient de mettre fin à un programme de supervision jugé trop contraignant pour les banques engagées dans la blockchain.
