Donald Trump veut mettre un coup d’arrêt à ce qu’il considère comme une dérive idéologique du système bancaire. Le président prépare un ordre exécutif pour sanctionner les banques qui refuseraient d’ouvrir ou de maintenir des comptes à des firmes de crypto-monnaies ou à des organisations conservatrices. En ligne de mire : les cas de “debanking politique”, accusés de mêler risques réputationnels et préférences idéologiques. Si le décret est signé, les établissements concernés pourraient faire face à des amendes ou d’autres mesures coercitives.
Pourquoi cet ordre exécutif maintenant ?
L’initiative répond à une plainte croissante, relayée par l’écosystème crypto et une partie du camp conservateur : l’exclusion systématique de certains acteurs du système bancaire. Cette dynamique, rebaptisée “Operation Choke Point 2.0”, reprend les méthodes d’une politique controversée de l’ère Obama.
Trump s’appuie sur des témoignages comme celui du Chief Legal de Coinbase, Paul Grewal, qui accuse la FDIC d’avoir incité, sans directives formelles, les banques à couper les ponts avec l’industrie crypto.
Selon le Wall Street Journal, le décret chargerait les régulateurs fédéraux (SEC, DOJ, FDIC…) d’enquêter sur d’éventuelles violations du Equal Credit Opportunity Act, des lois antitrust ou encore de la protection des consommateurs. Des amendes et autres mesures sont envisagées.
🔥JUST IN: 🇺🇸 Banks could face fines for crypto discrimination, according to a White House Official on a NEW Executive Order by @POTUS
– we're looking at the BIGGEST catalyst since $BTC ETF approval! This would force every major bank to embrace crypto companies. Get ready for…— PaulBarron (@paulbarron) August 5, 2025
Le décret s’inscrit dans une stratégie plus large. En janvier 2025, Trump a signé un décret créant une réserve stratégique de Bitcoin. Le nouveau texte prolonge cette ligne, appuyé par un rapport publié fin juillet.
Ce que le décret propose pour les crypto‑entreprises
Le texte prévoit deux volets concrets. D’abord, les entreprises crypto et organisations conservatrices bénéficieront de mécanismes de recours en cas de clôture de compte sans justification claire. Le décret demande aux régulateurs de passer en revue les politiques internes des banques, en particulier celles qui laissent place à des exclusions floues ou implicites.
Ensuite, la Small Business Administration prendra en charge l’examen des pratiques bancaires. Objectif : repérer d’éventuels critères discriminatoires dans l’accès aux prêts garantis. L’analyse ciblera notamment les entreprises crypto et certains groupes religieux ou politiques.
Des cas précis sont cités : celui de la Bank of America, qui aurait fermé un compte lié à une organisation chrétienne en Ouganda, figure noir sur blanc dans le décret. L’administration entend aussi en finir avec la notion floue de « risque de réputation », souvent utilisée par les banques pour justifier ces refus.
Impacts anticipés sur le marché crypto et bancaire
Trump pourrait signer le texte d’ici la fin de semaine, selon plusieurs sources. S’il le fait, les banques subiront une pression directe. Certaines devront revoir leur politique d’exclusion des entreprises crypto. À la clé : un possible retour des investisseurs institutionnels, une liquidité renforcée et une dynamique proche de celle observée lors du lancement des ETF Bitcoin début 2025.
Ce décret vient compléter un virage assumé. Trump a mis fin à la task force crypto du DOJ, fait pression pour que la SEC abandonne ses poursuites contre Coinbase, Kraken ou Uniswap, et validé un rapport proposant un cadre pour la tokenisation des actifs.
Des juristes contestent la légalité du décret. Aux États-Unis, l’affiliation politique n’est pas protégée par les lois anti-discrimination. Le décret pourrait donc outrepasser les pouvoirs présidentiels en créant une protection juridique qui n’existe pas.
Pour les entreprises crypto, le texte vise à stabiliser l’accès aux services bancaires. Moins de fermetures de comptes, plus de clarté sur les recours possibles. Côté investisseurs institutionnels, un encadrement plus lisible pourrait faciliter un retour progressif dans le secteur.
Les banques américaines, elles, se retrouvent face à un dilemme : se conformer rapidement ou risquer de devenir les prochaines cibles. Certaines n’ont pas attendu : JPMorgan, par exemple, a récemment réaffirmé sa “neutralité politique”.

