Changpeng Zhao, dit CZ, a relancé le vieux duel Bitcoin–or. L’ex-patron de Binance a prédit que le Bitcoin finira par dépasser la valorisation totale de l’or, estimée autour de 30 000 milliards de dollars. L’affirmation a embrasé les réseaux et réouvert un débat stratégique pour les investisseurs.
CZ relance le duel Bitcoin–or
CZ donne le ton :
Bitcoin dépassera l’or. Je ne sais pas quand. Peut-être que ça prendra du temps, mais ça arrivera
Le timing n’est pas sans importance. Bitcoin évolue de nouveau au tour de 110 000 dollars, avec une capitalisation d’environ 2,2 billions, bien loin du stock d’or valorisé autour de 30 000 milliards. L’écart est immense, mais l’ambition aussi.
Prediction: Bitcoin will flip gold.
I don't know exactly when. Might take some time, but it will happen. Save the tweet. pic.twitter.com/bR4Bq0JeVE
— CZ 🔶 BNB (@cz_binance) October 20, 2025
Le contexte macro lui est favorable par intermittence. Ces dernières séances, le rebond des actifs à risque a soutenu le bitcoin, même si la tendance reste volatile. Les seuils techniques sont scrutés, et l’appétit au risque se fait et se défait au rythme des nouvelles macro et géopolitiques. Autrement dit, le chemin d’un flippening n’a rien d’une ligne droite.
En face, l’or n’a jamais pesé aussi lourd. La poussée au-delà de 4 300 dollars l’once a propulsé sa capitalisation au-delà de 30 000 milliards, portée par des achats de banques centrales, l’incertitude géopolitique et l’attrait refuge. Tant que ces moteurs restent enclenchés, le métal jaune offre un plafond à dépasser, pas une porte ouverte.
Bitcoin et des soutiens de poids
La sortie de CZ n’est pas isolée. Anthony Scaramucci a repris la balle au bond, évoquant à la télévision l’idée d’une parité or avec un bitcoin à 1,5 million de dollars à horizon décennal. Il invoque l’adoption institutionnelle, portée notamment par les ETF de géants comme BlackRock, et compare le moment actuel à l’amorçage de la bulle Internet des années 2000. Ce discours donne un cadre narratif puissant aux flux de capitaux.
Cette dynamique s’alimente aussi d’un changement générationnel. Les jeunes investisseurs privilégient un actif numérique, programmable, transférable quasi instantanément, là où l’or reste un étalon physique, lourd à déplacer et coûteux à vérifier. La thèse pro-bitcoin joue la carte de la vitesse et de la portabilité dans une économie numérisée.
Sur les réseaux, des analystes rappellent que le bitcoin a historiquement surperformé après des pics de l’or, signe d’une rotation périodique du récit « valeur refuge ». Mais ce type de corrélation reste fragile. Il sert surtout de carburant rhétorique à une communauté déjà convaincue.
Les chiffres derrière un « flippening » à 30 000 milliards
Mettons des ordres de grandeur. Autour de 110 000 dollars l’unité et 2,2 billions de capitalisation, Bitcoin devrait être multiplié par environ 13 à 14 pour égaler l’or autour de 30 000 milliards, selon l’estimation la plus citée ces jours-ci. À offre quasi fixe, un tel multiple implique soit une absorption institutionnelle massive, soit une raréfaction de l’offre flottante via détention longue, soit les deux.
Face à cela, l’or ne reste pas immobile. Les révisions haussières d’HSBC vont jusqu’à 5 000 dollars l’once en 2026, prolongeant la séquence de demande publique et privée. Si le métal gagne encore du terrain, la barre à franchir se relève mécaniquement. Bitcoin n’a pas seulement une montagne à grimper, il doit le faire plus vite que l’or ne monte.
L’autre inconnue tient aux cycles. Bitcoin évolue par vagues rapides, capables de doubler en quelques mois puis de corriger tout aussi violemment. L’or, lui, progresse par paliers longs, adossés aux banques centrales et aux assurances. La confrontation n’oppose pas seulement deux actifs, mais deux temporalités de marché radicalement différentes.
Peter Schiff, chef de file des « gold bugs », ne dévie pas. Pour lui, l’or reste l’ultime couverture, et le regain du métal réduit l’intérêt de l’or numérique. Il pointe la volatilité structurelle du BTC et sa dépendance au crédit spéculatif.


