Les Philippines sont actuellement secouées par un scandale de corruption massif. Les révélations de deux anciens ingénieurs de travaux publics ont fait l’effet d’une bombe. La majorité des projets d’infrastructure urbaine ont été surfacturés ou réalisés en qualité inférieure. Ceci, afin d’assurer les pots-de-vin aux politiciens.
Après des manifestations dans les rues, le gouvernement philippin vient de lancer une blockchain pour une meilleure transparence des projets publics. Dénommée Integrity Chain, c’est un des premiers exemples de gouvernance en partenariat avec les acteurs de la société civile.
Integrity Chain : comment quantifier la confiance publique ?
Après des jours de manifestation, les autorités des Philippines ont annoncé le déploiement de “Integrity Chain”. Développé par BayaniChain Ventures, il s’agit d’un outil de transparence qui supervisera les missions du Ministère des travaux publics et des routes. Ceci intervient après les révélations d’un réseau de corruption impliquant des projets estimés à plus de 33 milliards $.
Integrity Chain a pour mission d’enregistrer les contrats et les projets du Ministère des travaux publics. Cette blockchain repose sur la technologie blockchain pour garantir l’immutabilité des données qui y sont enregistrées.
🚨 DPWH to use blockchain for transparency
The Department of Public Works and Highways (DPWH) will adopt Integrity Chain, powered by BayaniChain Ventures, as a transparency system for public projects. pic.twitter.com/66mrQnDAFA
— BitDigest.io (@BitDigestdaily) September 24, 2025
À terme, la mission d’Integrity Chain devrait s’étendre aux autres branches du gouvernement philippin. Elle deviendrait alors un outil de vérification transparente de la dépense publique. Une vision ambitieuse qui est encore à ses débuts. Rappelons toutefois que ceci rejoint une proposition récente visant à retranscrire le budget national on-chain.
D’après les propos de Paul Soliman, PDG et cofondateur de BayaniChain :
La confiance du public ne sera pas rétablie par des promesses, mais par la cryptographie, la validation ouverte et un système permettant aux citoyens eux-mêmes de vérifier les résultats.
Une meilleure gouvernance et une société civile on-chain
En vertu de ce système, toutes les données relatives aux contrats de travaux publics deviendront des actifs numériques publics. Un mécanisme déjà testé sur la plateforme expérimentale du Ministère du Budget et de la gestion.
We started building when no one was asking for it.
Now, the system is live and it’s part of the national conversation.
See where the shift has already begun: https://t.co/98pSjOCn1K pic.twitter.com/djpaYNWx2D
— BYC (BayaniChain Ventures) (@BayaniChain) September 19, 2025
Integrity Chain exploite un stack technologique Web3 complet. D’une part, Prismo qui s’occupe de l’orchestration. Et d’autre part, Polygon qui abrite le réseau d’Integrity Chain et qui s’occupe du consensus et de la transparence.
Chaque nouveau contrat signé devrait techniquement correspondre à l’émission d’un actif numérique correspondant. Ensuite, le protocole signe et date les actifs de manière cryptographique avant de les transmettre aux validateurs.
Les validateurs en question sont un ensemble d’organismes de la société civile. Notamment des organisations non gouvernementales, des universités, des groupes média, etc. Même le processus de vérification donne naissance à des actifs numériques qui pourront à leur tour être audités.
BayaniChain Ventures indique que dès le déploiement, plus de quarante organisations non gouvernementales ont rejoint le projet. Ce qui devrait, en théorie, garantir une importante diversité pour la reddition publique de compte.
Ceci n’est certainement pas le premier modèle de gouvernance publique grâce à la blockchain. Ceci dit, il se peut que ce soit l’un des premiers exemples à aller aussi loin dans son implémentation.
