Trop de dollar tue la crypto ? Coinbase tire la sonnette d’alarme

Avertissement : l'information présente dans ce guide ne constitue pas un conseil en investissement. Faites toujours vos propres recherches avant d'investir, et ne mettez pas en jeu une somme d'argent que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre.
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Crypto : Les stablecoins en dollar ne suffisent plus

Jesse Pollak, créateur de Base chez Coinbase, a souligné que tant que 99 % de la liquidité on-chain reste libellée en USD, l’utilité de la crypto restera bridée. Dans son message, il indique qu’il faut des stablecoins indexés sur les devises locales, utilisables là où les gens vivent et paient.

Sortir les stablecoins du « tout-dollar »

Lors du TOKEN2049 à Singapour, Jesse Pollak, créateur de Base chez Coinbase, a indiqué que ce qui manque à la crypto, ce sont des monnaies locales on-chain. La domination du dollar est indéniable, mais elle n’est pas synonyme d’universalité d’usage.

Dans les réserves de change mondiales, le billet vert pèse encore autour de 56–58 % selon l’IMF, loin devant l’euro ou le yen. Mais cette prépondérance masque des besoins quotidiens bien plus fragmentés.

Capitalisation des stablecoins

La photographie du marché des stablecoins va dans le même sens. En effet, la quasi-totalité de l’offre est adossée au dollar. En juin, on dénombrait environ 250 Md $ de capitalisation, dont l’immense majorité en USD-pegged. En ce début d’octobre, plusieurs tableaux de bord estiment l’offre totale à 300 Md $. C’est le signe d’un réarmement de la liquidité on-chain.

Cependant, ce gonflement ne garantit en rien que les stablecoins répondent aux besoins réels des utilisateurs. Comme le souligne Jesse Pollak, l’enjeu n’est pas seulement d’avoir plus de volume. Par contre, il faut proposer des devises alignées sur la vie quotidienne.

Un commerçant en Turquie, un développeur au Brésil ou un freelance en Nouvelle-Zélande n’ont pas toujours intérêt à passer par le dollar. Ce qu’ils attendent, en effet, ce sont des outils numériques dans leur propre monnaie. Et ces outils doivent être capables de rendre la crypto vraiment pertinente à l’échelle locale.

Base met le pied sur l’accélérateur « non-USD »

Coinbase a donné de la consistance à ce narratif en listant fin septembre XSGD (dollar de Singapour) et AUDD (dollar australien), ses premiers stablecoins SGD et AUD. Pour élargir l’adoption, il faut des rails locaux et des paires de paiement qui parlent aux utilisateurs concernés. Ces listings ont été annoncés publiquement et déployés à l’échelle mondiale.

À Singapour, l’usage se matérialise déjà. En effet, des marchands GrabPay acceptent déjà des paiements en stablecoins via conversion automatique en XSGD. C’est précisément ce type d’expérience on-chain mais locale que les écosystèmes cherchent à industrialiser. Visa va aussi tester les stablecoins pour les paiements internationaux.

crypto : des stablecoins adossés aux monnaies locales

Pollak affirme que Base veut voir toutes les devises exister on-chain. Des comptes-rendus d’événement à TOKEN2049 mentionnent une douzaine de stablecoins locaux déjà présents sur Base et un focus assumé sur l’expansion régionale. Au-delà du chiffre, l’intention stratégique est surtout de dé-dollariser l’usage, pas la finance. Autrement dit, garder la liquidité USD comme socle, mais offrir des couches locales pour le quotidien.

Une super-app crypto tournée vers les créateurs

Pour ancrer ces usages, Coinbase a rebaptisé Coinbase Wallet en Base App. C’est un genre d’une « everything app » mêlant social, mini-apps, trading et paiements. Le produit est en bêta et vise explicitement l’économie des créateurs. On peut y publier, monétiser, échanger, le tout dans une même interface, sans changer d’outil ni de réseau.

Evenement crypto : le token2049 à Singapour

En agrégeant chat, posts, paiements en USDC et bientôt davantage de monnaies locales, Base App cherche à réduire la distance entre création de valeur et capture de revenu par les créateurs. La critique du modèle Web2 est ancienne ; l’on-chain permet d’en renverser la mécanique avec des flux natifs, traçables, partageables.

La trajectoire de Base reste par ailleurs évolutive sur le plan du design économique. En septembre, Pollak a confirmé explorer l’idée d’un token de réseau, sans calendrier ni modalités arrêtées.

Notons que la multiplication des stablecoins locaux réduit le risque de change côté utilisateur. On peut facturer en réal, payer un fournisseur en lire, épargner en dollar de Singapour, tout en conservant la programmabilité on-chain.

D’un autre côté, cela crée des marchés de taux locaux. On peut ainsi emprunter en BRL-stable contre collatéral crypto, escompter des créances en SGD-stable, financer un stock en AUD-stable. Ce sont des cas d’usage concrets, qui exigent de la liquidité locale, pas seulement des ponts vers l’USD.

L’idée de Jesse n’est pas de détrôner le dollar, mais d’élargir le spectre. Il veut simplement rapprocher la crypto des réalités locales. Et si la super-app tient sa promesse, l’utilisateur n’aura plus à choisir entre expérience et pertinence monétaire. Il utilisera simplement la devise qui fait sens pour lui, sur des rails globaux.

Par lucie

Plongée dans l’univers du numérique depuis plus de dix ans, Lucie Moinet s’est rapidement passionnée pour les crypto-monnaies et les révolutions financières décentralisées. Attentive aux évolutions du Web3, elle aime décrypter les tendances et rendre accessibles des sujets souvent techniques. Souhaitant aider chacun à mieux comprendre les enjeux de la blockchain et à saisir les opportunités de cette nouvelle ère elle a décidé d'utiliser sa plume ou plutôt son clavier dans ce but.