La CFTC enclenche une modernisation clef des marchés. Les stablecoins pourront servir de collatéral dans les dérivés aux États-Unis, sous l’égide d’une initiative officielle et d’une consultation ouverte jusqu’au 20 octobre 2025. Le signal est net et place la crypto au cœur de la gestion des garanties.
Ce que décide la CFTC, concrètement
L’autorité ne publie pas un simple message d’intention. Elle lance un chantier précis pour “le collatéral tokenisé, y compris les stablecoins, pour moderniser la compensation et la gestion des appels de marge sur les marchés de dérivés réglementés.
L’initiative s’inscrit dans le prolongement du Crypto CEO Forum organisé par la CFTC en février 2025. L’agence a posé les bases d’un pilote “digital asset markets” dédié au collatéral non-cash tokenisé (dont les stablecoins).

La méthode repose sur la consultation. Le public est invité à soumettre des commentaires sur la mise en œuvre pratique (périmètre des actifs éligibles, garde, valorisation, et adaptations réglementaires) d’ici au 20 octobre 2025 directement sur le site de la CFTC. Cette étape conditionne la normalisation à grande échelle.
Le positionnement politique est affirmé. Caroline D. Pham, désormais “Acting Chairman”, parle de modernisation de la gestion du collatéral et désigne les stablecoins comme « killer app » pour ce cas d’usage. L’objectif est plus d’efficacité en capital et des marchés de dérivés crypto et TradFi mieux arrimés aux standards technologiques.
Pourquoi les stablecoins changent la donne
La promesse de réduire les frictions change les choses. Utiliser un stablecoin régulé comme USDC en collatéral raccourcit les chaînes opérationnelles, accélère le règlement et libère de la marge, sans délais bancaires ni fenêtres horaires. Des acteurs de place (Circle, Coinbase) soutiennent explicitement cette trajectoire.
Le coût et le risque baissent mécaniquement quand les appels de marge circulent en 24/7 avec une traçabilité on-chain. L’intégration au sein d’infrastructures de compensation permet d’absorber la volatilité résiduelle en imposant des décotes et des contrôles de liquidité, comme pour tout collatéral non-cash. La crypto gagne en crédibilité lorsqu’elle épouse ces garde-fous.
L’effet réseau joue déjà. Des responsables de Ripple, Crypto.com ou Tether y voient un moyen de standardiser la valorisation, la garde et le règlement des garanties numériques, donc d’augmenter la profondeur de marché. Plus le cadre se précise, plus les bilans institutionnels s’ouvrent.
Cadre réglementaire pour la crypto
Le calendrier n’est pas isolé. Le Trésor américain a publié une “advance notice of proposed rulemaking” pour mettre en musique la loi GENIUS sur les stablecoins de paiement, avec la même date butoir du 20 octobre 2025 pour les commentaires. Cette coordination donne une colonne vertébrale fédérale au dossier.
La CFTC s’appuie aussi sur ses travaux internes. Son Global Markets Advisory Committee a recommandé dès 2024 l’adoption de collatéraux non-cash tokenisés via la technologie de registre distribué pour gagner en transparence et en efficacité. L’initiative actuelle prolonge explicitement ces recommandations.
En outre, la logique des “sandbox” gagne du terrain. Caroline Pham est commissaire à la Commodity Futures Trading Commission (CFTC). Elle pousse des programmes pilotes encadrés pour accélérer l’apprentissage réglementaire. Ces pilotes permettent d’expérimenter sans diluer les protections. L’approche s’inscrit dans la continuité des précédents tests menés par l’agence. C’est une méthode pragmatique pour rapprocher innovation et conformité.
