De retour de Washington, le patron de Coinbase affirme que le prochain texte de structure de marché crypto aux États-Unis a de fortes chances d’aboutir. Son verdict est sans détour: le train est lancé. L’objectif du projet, baptisé Digital Asset Market Clarity Act, est de clarifier qui fait quoi entre régulateurs et d’offrir un cadre lisible aux actifs numériques non stables, y compris les actions tokenisées.
Derrière les éléments de langage, le signal est politique et industriel: le calendrier s’accélère et l’écosystème se prépare à un avant et un après.
Un cadre qui s’impose à marche forcée
Le dirigeant décrit un soutien bi-partisan au Sénat et un texte qui passe de main en main avant consultation publique. Traduction: la fenêtre d’adoption est ouverte, et il n’a jamais été aussi optimiste sur l’issue. Il en a remis une couche dans une vidéo publiée sur X, appelant les Américains à pousser pour un cadre clair autour des actifs numériques et répétant que le projet avance vite.
I was in DC the last few days working to get MARKET STRUCTURE legislation passed for crypto. This is how we ensure the crypto industry can be built here in America, driving innovation and protecting consumers, and making sure we never have another Gary Gensler trying to take your… pic.twitter.com/UqCH8jCNU8
— Brian Armstrong (@brian_armstrong) September 18, 2025
À la clé, une séparation des rôles entre autorités de marché, une protection des consommateurs mieux balisée et un cap pour les émetteurs et plateformes. L’idée centrale consiste à sortir de l’ambiguïté chronique qui freine l’innovation locale et pousse certains acteurs à structurer leurs offres ailleurs. Cette dynamique s’inscrit dans la lignée des analyses disponibles sur les initiatives réglementaires américaines concernant l’intégration blockchain.
Ce que le texte changerait concrètement
Un cadre de marché structurel mettrait fin aux chevauchements réglementaires sur les actifs non stables et les produits tokenisés. Les obligations des plateformes d’échange seraient clarifiées, le périmètre de compétence des agences financières mieux défini, et l’industrie disposerait d’un socle légal pour bâtir des services compatibles avec les exigences américaines. Le dirigeant martèle en parallèle qu’une tentative de certains lobbys bancaires pour interdire la rémunération des stablecoins n’a pas passé la rampe.
Le message aux élus est clair: on peut protéger l’épargnant sans étouffer la concurrence sur les moyens de paiement. Le contexte politique joue aussi: une sénatrice clé a déjà annoncé vouloir faire signer le marché structure avant la fin de l’année, ce qui renforce la pression temporelle sur les compromis finaux.
Priorité aux builders et ligne rouge sur l’innovation
Autour de la table, d’autres voix ont plaidé pour un texte qui protège d’abord le droit de construire. L’idée est de sécuriser la capacité à lancer protocoles, chaînes, mèmes, actions ou matières premières tokenisées, utilités numériques et plus largement des services qui gardent les incitations près des bâtisseurs plutôt qu’uniquement des acteurs historiques.
Funny thing about “closed-door” sessions in DC… they somehow turned into meetings with House + Senate members on both sides last week. And then somehow public.
I was there the whole time promoting and educating, market structure, and why clarity matters for developers,… https://t.co/MrKNSylXKF
— Arjun Sethi (@arjunsethi) September 18, 2025
Le compromis à trouver porte sur l’équilibre: un cadre exigeant sur la transparence et la protection de l’investisseur, mais suffisamment souple pour permettre à l’industrie de livrer des produits utiles au-delà du simple trading.
Un second front s’ouvre avec la « réserve stratégique » de Bitcoin
En parallèle, un autre chantier gagne du terrain: l’idée d’une réserve stratégique de Bitcoin détenue par l’État. Des entrepreneurs de premier plan ont échangé avec des élus sur des mécanismes « neutres pour le budget » afin d’acquérir jusqu’à un million de BTC sur cinq ans.
Si elle avançait, cette initiative redessinerait l’interaction entre politique économique et actifs numériques, avec un État qui endosserait Bitcoin comme collatéral stratégique plutôt que comme actif spéculatif. Elle s’articule avec le chantier de structure de marché: un cadre clair pour les exchanges et titres tokenisés d’un côté, une doctrine d’allocation publique de l’autre.
Ajoutez par ailleurs à cela une réflexion sur une réserve stratégique de Bitcoin, et vous obtenez un scénario où les États-Unis tentent de reprendre la main. Pour les acteurs du secteur, l’heure est donc à l’anticipation: conformité, produits tokenisés, paiements en stablecoins et gouvernance des plateformes vont entrer dans une ère de clarté relative.
Le train part, et cette fois, il ne s’agit donc plus d’un simple effet d’annonce.
