L’inflation américaine d’août ressort à 2,9 % sur un an. En une poignée de secondes, bitcoin a décroché, puis a rebondi au-dessus de 114 000 $. Les algorithmes ont tiré les premières salves, le marché humain a corrigé derrière. À une semaine de la décision de la Fed, le marché rappelle que la moindre décimale compte, et la volatilité devient un actif à part entière pour qui sait l’exploiter.
2,9 % : le chiffre qui allume la mèche sur bitcoin
L’indice des prix à la consommation grimpe de 2,9 % en glissement annuel en août, tandis que la progression mensuelle atteint 0,4 %. C’est un cran au-dessus du 0,3 % anticipé, alors que l’inflation sous-jacente se maintient à 3,1 % sur un an et 0,3 % sur un mois. Autrement dit, l’inflation ne dérape pas, mais elle résiste assez pour tester les nerfs du marché.
BREAKING: August CPI inflation rises to 2.9%, in-line with expectations of 2.9%.
Core CPI inflation rises to 3.1%, in-line expectations of 3.1%.
CPI inflation is now at its highest level since January 2025.
We continue to see a 25 bps rate cut next week.
— The Kobeissi Letter (@KobeissiLetter) September 11, 2025
Dans la foulée, bitcoin a d’abord glissé sous le seuil psychologique, avant de reprendre la main et de se hisser à nouveau au-dessus de 114 000 $. Le ballet est classique sur des publications de ce calibre. Un premier mouvement impulsif, souvent exagéré, puis une réévaluation à froid lorsque les desks relisent les tableaux.
Ce yo-yo survient au lendemain d’un PPI en léger recul (-0,1 % sur un mois). Ce signal en amont des prix à la consommation plaide pour un refroidissement des pressions, même si la transmission n’est jamais instantanée. Les opérateurs arbitrent donc entre un CPI un peu trop chaud et un PPI plus doux.
La Fed joue 25 pdb, pas 50
Le marché s’aligne désormais sur une baisse de 25 points de base la semaine prochaine. Les probabilités implicites issues des Fed funds à un jour flirtent avec 90 %, reléguant le pari d’un demi-point dans la marge. Ce n’est pas un chèque en blanc, c’est un consensus prudent, nourri par des semaines de micro-signaux concordants.
Ce virage accommodant est surtout dicté par l’emploi. Les inscriptions hebdomadaires au chômage ont bondi à 263 000, un pic depuis octobre 2021. Ce n’est pas une récession proclamée, mais c’est une alerte forte sur la dynamique du marché du travail. Entre une inflation collante et des créations d’emplois qui s’essoufflent, la Fed arbitre désormais en faveur du risque social.
Le timing est serré. Réunion des 16-17 septembre, conférence de presse le 17. Ce rappel de calendrier explique pourquoi chaque donnée intermédiaire (révisions, composantes volatiles, salaires) peut déclencher des mèches sur bitcoin. L’anticipation se price en continu jusqu’au communiqué.
Pour bitcoin, la zone des 112 000–114 000 $ agit comme chambre d’écho. Quand elle cède, les vendeurs obtiennent une extension rapide. Quand elle tient, les couvertures de gamma inversent la vapeur et l’on assiste à des reprises sèches.
Ce qui comptera d’ici au 17 septembre
Le marché va, très probablement, tester la narration « 25 pdb assuré ». Si elle tient, l’appétit pour le risque devrait s’améliorer en fin de séance new-yorkaise, puis sur l’Asie. À l’inverse, toute lecture secondaire du CPI (loyers persistants, services non logés) pouvant suggérer une inflation plus collante ranimerait l’idée d’un cycle de baisse parcimonieux. Dans ce cas, bitcoin restera nerveux, mais sans tendance nette.
Unfortunately the CPI print probably takes the 50 basis point cut off the table but the job market continues to deteriorate and fast, with jobless claims spiking to a 4 year high. 25 bps cut next week is the most likeky scenario.
— Will Meade (@thechartdr) September 11, 2025
Sur le fond, la séquence reste binaire. Un assouplissement monétaire soutient la liquidité et la prise de risque, donc bitcoin, mais il n’annule pas les secousses à court terme. La mécanique la plus fréquente ? Une première impulsion, un retracement qui nettoie les positions tardives, puis une tendance si le message de Powell confirme la détente graduelle. Les investisseurs au comptant peuvent en profiter, à condition d’ignorer le bruit.

