Standard Chartered prévient une cassure éclair sous les 100 000 $ pour le Bitcoin, sur fond de tensions commerciales entre Washington et Pékin. L’alerte est signée Geoff Kendrick, qui y voit pourtant une opportunité d’achat avant un nouveau sommet annuel.
Un scénario de rupture mais courte
Selon Kendrick, la baisse sous les 100 000 $ serait inévitable, conséquence d’un marché fragilisé par la volatilité récente et par un climat géopolitique tendu. L’argument central tient en deux points. La liquidité se resserre, et le flux de nouvelles macro reste défavorable à l’appétit pour le risque. Dans cette lecture, le seuil à six chiffres agit moins comme un plancher que comme une zone de passage où les ordres déclencheurs peuvent accélérer un mouvement déjà enclenché.
Le contexte macro renforce ce biais prudent. La Maison-Blanche a brandi la menace de tarifs à 100 % sur une large gamme d’importations chinoises à partir du 1ᵉʳ novembre si aucun compromis n’émerge.
Les signaux envoyés ces derniers jours entretiennent l’incertitude avec une promesse d’un deal d’un côté, rappel de la fermeté tarifaire de l’autre. Un marché crypto hyper-sensible à la lisibilité du commerce mondial surréagit à ces à-coups.
Techniquement, le bitcoin a échoué à s’installer au-dessus de 113 000 $ – 114 000 $ et a déjà montré sa capacité à reperdre du terrain à la moindre mèche haussière. Une glissade vers des supports psychologiques ronds n’aurait donc rien d’exceptionnel à court terme, surtout après un automne marqué par un sommet historique au-delà de 125 000 $.
Bitcoin : pourquoi une rechute peut précéder une accélération
Kendrick ne voit pas dans ce passage sous 100 000 $ la fin d’un cycle. Il y lit plutôt la dernière chance d’acquérir du bitcoin sous six chiffres avant un redéploiement haussier. En effet, la secousse d’octobre, avec près de 19 milliards de dollars de positions liquidées, a purgé l’excès de levier. Une capitulation sans suite, couplée à un calendrier macro moins agressif, crée un terrain fertile pour un rebond plus sain.
La mécanique des flux renforce cette hypothèse. Malgré les coups de tabac, les entrées nettes dans les produits institutionnels restent un pilier du narratif haussier. Elles élargissent la base d’acheteurs contracycliques et lissent la volatilité directionnelle. Dans ce cadre, une pointe sous 100 000 $ déclencherait des achats programmés, des rééquilibrages et des couvertures vendeuses rachetées, autant de carburant pour inverser la dynamique.
S’ajoute le facteur taux. Si la Réserve fédérale confirme l’assouplissement engagé par l’économie américaine, l’arbitrage risque-rendement basculera de nouveau vers les actifs de croissance. Le message de Standard Chartered est clair. Même dans un scénario médian, le bitcoin peut retrouver 150 000 $ rapidement, la borne haute restant, selon la banque, autour de 200 000 $ d’ici fin d’année.
La variable Chine–États-Unis, juge de paix du court terme
Les marchés ne redoutent pas seulement les tarifs. Ils craignent l’imprévisibilité. Une annonce de dernière minute, un report, un tweet martial ou conciliant, et l’algorithme du risque se reparamètre. Par ailleurs, l’or, traditionnel baromètre de l’aversion au risque, vacille alors que le Bitcoin revendique tour à tour statut de techno-actif et de réserve alternative.
La bascule récente du métal jaune rappelle que les flux arbitrent sans état d’âme. Elle suggère aussi que la prime de risque se recompose, parfois au bénéfice du bitcoin après les décharges initiales. Cette plasticité explique la coexistence d’un appel à la prudence immédiate et d’un cap haussier annuel.


