Les signaux d’« altseason » repassent au vert. Cette semaine, plusieurs tableaux de bord ont convergé vers des lectures fortes, au plus haut depuis décembre. Le constat ne repose pas sur un seul thermomètre : l’Altcoin Season Index du site Blockchain Center et l’indicateur de CoinGlass pointent tous deux nettement au-dessus de leur zone neutre, pendant que l’outil de CoinMarketCap grimpe aussi, quoique plus prudemment. En filigrane, un même message : sur 90 jours, une large majorité d’altcoins surperforment Bitcoin, avec un marché qui redevient « risk-on ». La suite dépendra moins du slogan « altseason » que du carburant réel : les volumes nets, la profondeur des carnets et la continuité des flux.
Indices : ce que mesure vraiment l’Altseason
L’indice de Blockchain Center déclare une altseason lorsque au moins 75 % des 50 plus grosses capitalisations (hors stablecoins et tokens adossés) font mieux que BTC sur 90 jours. Autrement dit, il s’agit d’un baromètre de dispersion, pas d’un signal d’achat isolé. Ces approches n’anticipent pas, elles constatent un leadership des altcoins déjà en place, ce qui implique d’exiger une confirmation côté flux et liquidité avant de tirer des plans sur la comète.

Flux et capitalisation : le marché se rapproche des sommets
Le contexte de marché renforce ce tableau : la capitalisation des altcoins (mesurée hors Bitcoin, et parfois hors ETH selon les métriques) se rapproche des pics des derniers cycles. Les courbes de TradingView sur TOTAL2 (ex-BTC) et TOTAL3 (ex-BTC & ex-ETH) montrent un marché agrégé à portée des sommets 2024, avec des passages rapides en « découverte de prix » lors des accélérations. Pratique pour lire l’appétit global.
Reste l’essentiel : maintenir des entrées nettes et une microstructure saine (spreads et profondeur) pour éviter les « souffles courts » typiques de fin de jambe haussière. Dans ce contexte de métriques de marché, l’analyse devient cruciale.

Ce que regardent les traders : risk-on, mais conditionnel
Côté sentiment, plusieurs commentateurs soulignent que la rotation s’élargit (des grosses capitalisations vers des tokens moins capitalisés) à mesure que les indices d’altseason progressent. L’idée est simple : tant que la domination de BTC s’effrite et que les entrées sur produits listés (ou sur les principaux CEX) restent positives, le terrain reste favorable aux extensions haussières. Mais la prudence revient vite lorsque les flux s’épuisent : un indice élevé sans relais de volumes finit souvent en range ou en essoufflement.
Les traders s’attachent donc à trois confirmations tangibles : des clôtures au-dessus de résistances visibles sur les agrégats (TOTAL2/TOTAL3), des volumes en progression sur cassure et retest, et l’absence de divergences prolongées sur les oscillateurs clefs. Cette dynamique s’inscrit dans la lignée des récentes observations sur le retour des altcoins analysées par les experts du secteur.
Les pièges classiques d’une « altseason »
Une lecture purement binaire (« au-dessus de 75 = parabolique ») a ses limites. D’abord, l’indice capture la performance relative, pas la robustesse des flux. Un marché peut afficher 76/100 tout en manquant de profondeur, ce qui amplifie les mèches et fragilise les breakouts. Ensuite, la dispersion interne importe : un panier d’altcoins peut surperformer grâce à quelques locomotives alors que la médiane reste molle. Enfin, la liquidité en sortie compte autant que l’entrée : si les carnets se vident à la première secousse, la rotation tourne court.
En pratique, les desks surveillent donc les agrégats (TOTAL2/TOTAL3), les indices d’altseason et les flux de manière conjointe. Quand les trois s’alignent, la probabilité d’une jambe haussière durable augmente ; quand l’un des trois décroche, la consolidation reprend la main.
