Une dizaine de banques européennes créent un consortium pour déployer un stablecoin adossé à l’euro. La démarche a pour but de contester la domination du dollar américain dans l’écosystème des stablecoins.
L’enjeu du projet “Qivalis” est de faire entrer les institutions bancaires européennes dans la course aux stablecoins. Un secteur dans lequel leur absence a permis l’implantation d’acteurs comme Circle et son stablecoin EURC.
10 banques font front commun pour proposer une alternative aux stablecoins en USD
Un consortium créé par 10 banques européennes se donne pour mission de développer un stablecoin pour le marché européen. Le consortium du nom de Qivalis est la convergence de la vision de 10 banques suivantes : BNP Paribas, ING, UniCredit, Banca Stella, KBC, DekaBank, Danske Bank, SEB, CaixaBank et Raiffeisen Bank International.

À la tête de Qivalis, on retrouve Jan-Oliver Sell, un ancien de Coinbase en Allemagne en tant que PDG. Le CFO, Floris Lugt est le responsable des actifs numériques chez ING. L’ancien président de NatWest, Howard Davies, deviendra président de Qivalis.
Le consortium a pour mission de créer un écosystème numérique fondé sur un stablecoin en euros. Ce stablecoin sera garanti à 100 % par des réserves en euros. Qivalis choisira des dépositaires réglementés pour la conservation desdites garanties en actifs hautement liquides.
It's time to introduce Qivalis! Built to bring seamless, trusted, 24/7 digital euro payments to Europe, Qivalis aims to become the first fully regulated, euro-denominated, on-chain stablecoin. This is a major step for Europe’s digital autonomy.
— qivalis (@qivaliseu) December 2, 2025
En somme, c’est un stablecoin en euros qui devrait créer une demande pour les instruments financiers du système financier européen. Le tout, en proposant une alternative en euros aux stablecoins USD fragmentés qui saturent le marché crypto.
Les stablecoins en euro ont un énorme retard à rattraper
Dans la sphère crypto, il existe déjà des stablecoins en euros. Ceci dit, le marché reste dominé par les stablecoins en USD. Tandis que USDT et USDC ont des capitalisations de 184 milliards $ et 77 milliards $ respectivement, leurs équivalents en euros sont loin derrière.
En effet, EURC de Circle a une capitalisation de 325 millions $ seulement, EUR CoinVertible de la Société Générale en a tout juste 60 millions $ et EURAU d’AllUnity en a 19 millions $. Ce déséquilibre est incontestable. Mais surtout, c’est une opportunité pour le déploiement d’un stablecoin en euro capable d’absorber la demande existante.
Briser l’hégémonie des stablecoins en dollars américains
L’écosystème crypto est dominé par les stablecoins en dollars USD. C’est le cas en Europe et dans le reste du monde. À travers le monde, divers pays instaurent des cadres réglementaires pour encadrer le développement de stablecoins dans les devises locales. L’objectif étant de briser la domination du dollar américain et de protéger la souveraineté financière locale.
En fonction des territoires, les approches sont très diversifiées. Tandis que la Chine oppose une interdiction pure et simple, Hong Kong élabore un régime de stablecoin plutôt strict. De même, l’Inde met en place un système à deux vitesses dans lequel le stablecoin en roupies sera un instrument de la Banque centrale.
Sous d’autres cieux, la stratégie consiste à vider les stablecoins en USD de leur substance. C’est le cas du stablecoin en USD du Kirghizistan qui est garanti par l’or du pays plutôt que les titres du Trésor américain.
