Jeremie Davinci, investisseur précoce en Bitcoin, relance le débat : pour lui, XRP est « une arnaque sur laquelle on peut parier ». Cette déclaration intervient alors que Ripple vient de solder son conflit avec la SEC, et que la visibilité de XRP reste forte.
Une attaque frontale qui réveille un vieux clivage
Dans un message publié sur X, Jeremie Davinci (@Davincij15) oppose frontalement Bitcoin et XRP. Il décrit le premier comme « la meilleure réserve de valeur », et le second comme « une arnaque spéculative ». Le ton est brutal, mais il s’inscrit dans une opposition ancienne : celle entre Bitcoin, symbole de rareté décentralisée, et les altcoins conçus pour des usages spécifiques.

Ce type de critique n’est pas nouveau. Mais lancé à un moment où XRP attire l’attention, il prend une résonance particulière.
Beaucoup d’investisseurs détiennent à la fois BTC et XRP, sans toujours distinguer leurs natures ni leurs risques. Davinci vise cette confusion. Une phrase, et c’est toute une perception qui peut basculer.
La sortie tombe en pleine période de regain médiatique pour XRP, alimenté par la fin du litige avec la SEC et par des espoirs spéculatifs. L’impact d’un tel message dépasse le simple troll : il peut influencer l’humeur des marchés, toujours sensibles aux récits.
XRP : un projet utile, mais structurellement contesté
Lancé en 2012, le XRP vise des paiements rapides et peu coûteux. Il fonctionne sans minage, à l’opposé de Bitcoin. L’accent est mis sur la liquidité, l’interopérabilité, et l’usage dans les services financiers.
Mais la création du token pose problème. L’ensemble des 100 milliards de XRP a été pré-miné, puis réparti entre les fondateurs et Ripple. Une grande part reste sous contrôle de l’entreprise via des contrats d’émission programmée. Pour beaucoup, cela concentre trop de pouvoir, et trahit l’esprit crypto originel.
C’est ce que souligne Davinci. Pour lui, Bitcoin est un actif patrimonial résistant à la manipulation. XRP, au contraire, serait un outil spéculatif, tributaire d’intérêts privés. Même si le réseau offre des performances solides, l’architecture du projet reste sujette à débat.
Après la SEC, un avenir plus clair mais incertain
En août 2025, la SEC a mis fin à son action contre Ripple. Résultat : une amende de 125 millions de dollars et des restrictions sur les ventes institutionnelles. Les ventes au détail, elles, ne sont plus considérées comme des offres de titres. C’est une avancée nette.
Cette décision a été perçue comme un signal positif pour l’ensemble du secteur. XRP a rebondi, dopé par le soulagement réglementaire. Mais ce soulagement ne garantit pas l’adoption. Les volumes de paiement restent faibles, et les cas d’usage réels encore limités.
La critique de Davinci tombe donc à un moment où le marché doit faire un choix : croire à la promesse d’un réseau bancaire nouvelle génération, ou admettre que l’enthousiasme repose plus sur la spéculation que sur l’usage concret.
Prendre au sérieux les propos de Davinci, c’est reconnaître qu’investir dans Bitcoin et dans XRP, ce n’est pas la même chose. L’un vise à devenir un socle monétaire mondial, l’autre une infrastructure de paiement. Les mettre au même niveau, c’est brouiller les stratégies.

