USAT, mUSD : vers une saturation des stablecoins en USD ?

Avertissement : l'information présente dans ce guide ne constitue pas un conseil en investissement. Faites toujours vos propres recherches avant d'investir, et ne mettez pas en jeu une somme d'argent que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre.
Pourquoi Nous Faire Confiance
Pourquoi Nous Faire Confiance
USAT, mUSD : vers une saturation des stablecoins en USD ?

Au cours des derniers jours, la sphère crypto a connu au moins trois annonces relatives aux stablecoins en USD. D’abord, Tether qui réinvestit le marché américain avec USAT, Native Markets qui déploie USDH de façon imminente et aujourd’hui MetaMask qui annonce le lancement de mUSD.

Arrive-t-on à une saturation des stablecoins en USD ? La prolifération des stablecoins adossés au dollar américain ne deviendra-t-elle pas un obstacle pour l’adoption à grande échelle ? Un scénario dans lequel chaque entité cherche à émettre ses propres stablecoins est-il vraiment viable ?

Y a-t-il déjà trop de stablecoins en circulation ?

En théorie, les stablecoins sont un instrument financier de génie. Pour une industrie crypto extrêmement morcelée, les stablecoins étaient le point commun. Après défaut de pouvoir développer des ponts entre toutes les blockchains existantes, les détenteurs d’actifs numériques étaient censés pouvoir les échanger pour des stablecoins.

Ils répondent à un besoin réel. La capitalisation de marché des principaux stablecoins en est la preuve. De plus, l’offre totale de stablecoins a déjà passé la barre des 280 milliards $. La preuve irréfutable que les transactions en stablecoins sont devenues la norme.

Mais, dans un contexte où chaque entité souhaite déployer son stablecoin, un volume de transaction plus élevé n’est pas nécessairement un indicateur positif. C’est d’ailleurs l’avenir que promet le GENIUS Act. Car, si les stablecoins créent des îlots de convergence entre blockchains, ils séquestrent leurs utilisateurs dans leurs propres silos.

Les stablecoins à usage général

En matière de stablecoins, on peut définir deux catégories. Les stablecoins à usage général qui ont pour vocation de faciliter les transactions en cryptomonnaies. En particulier, lorsqu’il est question de passer d’une blockchain à une autre.

Dans cette catégorie, les principaux acteurs sont Tether avec USDT, Circle avec USDC, Ethena avec USDe, Paxos et PayPal avec PYUSD ou encore World Liberty Financial avec USD1. Pour les émetteurs de ces divers stablecoins, l’idéal serait de devenir le stablecoin de référence.

En ce moment, USDT est le stablecoin avec la plus grosse part de marché. Spécifiquement, parce qu’il domine sur Ethereum où l’essentiel des actifs en stablecoins sont échangés. Notons cependant que cet aspect dominant n’en fait pas nécessairement le stablecoin le plus pratique.

L’interopérabilité du stablecoin n’est pas toujours assurée. C’est pour cette raison que les émetteurs œuvrent d’arrache-pied pour proposer des mécanismes de pont qui rendent leurs stablecoins presque natifs d’une grande variété de blockchains. C’est le cas de Circle avec CCTPv2, par exemple.

Les stablecoins spécialisés

MetaMask vient de lancer son stablecoin mUSD. Le stablecoin permet aux utilisateurs du wallet MetaMask d’échanger leurs actifs en stablecoin nativement. Pour le portefeuille qui proposait déjà les conversions entre divers actifs crypto, ceci peut avoir l’air d’un service de plus.

De même, USDH devrait bientôt être déployé par Native Markets. Il s’agit du stablecoin natif d’Hyperliquid. L’objectif premier de ce stablecoin est de générer des frais et des revenus pour Hyperliquid. Mais à priori, il ne deviendra pas un stablecoin général comme USDT ou USDC.

Masse critique : plus nombreux et plus stables ?

Trop de stablecoins ne contribuent-ils qu’à créer plus de confusion et de frais pour les usagers de la cryptomonnaie ? Aujourd’hui, Tether est compatible avec plus de 98 blockchains, tandis que USDC opère sur 118 blockchains.

Pour les institutions, la liquidité et le volume sont certainement la priorité. Cependant, pour les particuliers, la question de l’interopérabilité et des coûts peut être déterminante.

Notons toutefois qu’une aussi grande variété de stablecoins peut être un atout pour la stabilité du système. Après tout, si trop peu de stablecoins venaient à monopoliser toutes les transactions, le moindre dysfonctionnement conduirait à l’effondrement du système.

Par Marc Rodrigue

Arpentant le web depuis la fin des années 90 Marc Rodrigue a su développer une curiosité pour les nouvelles technologies le rendant passionné notamment de ces nouvelles monnaies numériques. Son but est simple : permettre à tout le monde de s'informer et d'apprendre davantage sur l'univers des crypto-monnaies.