Robert Kiyosaki, auteur de Rich Dad Poor Dad, prédit une nouvelle Grande Dépression et affirme que seuls les détenteurs de bitcoin sortiront réellement gagnants. Cette alerte tombe alors que Washington ouvre, du moins en théorie, la voie à l’inclusion du bitcoin dans les 401(k), et que le cours a brièvement reconquis les 117 000 $. L’affaire fait du bruit : promesse de refuge ou slogan trop tranché ?
Kiyosaki relance l’alarme : « rien n’est sûr, sauf le bitcoin »
Dès le départ, Kiyosaki place le décor : marché en perdition, actions et obligations vouées à souffrir, et une conclusion choc : « seuls les bitcoiners survivront ».
Financial Planners lie when they sat “Bonds are safe.” There is nothing safe in a market crash.
The commercial real estate market is crashing.
Moodys down graded US bonds.
Asians buying gold.
No one is showing up to buy bonds.
I’ve been buying real gold, silver, and…
— Robert Kiyosaki (@theRealKiyosaki) August 7, 2025
Dans ses dernières prises de parole, il martèle qu’il n’y a « rien de sûr dans un krach ». Son intuition ? La prochaine vague sera dévastatrice pour les portefeuilles trop exposés aux actifs traditionnels.
Son argumentaire s’appuie sur trois signaux : la faiblesse persistante de l’immobilier commercial et la défiance envers les obligations cette année.
Ces éléments nourrissent son scepticisme sur la fameuse sécurité obligataire brandie par nombre de conseillers. Sur X, Kiyosaki vise d’ailleurs directement ces « mensonges » sur la prétendue sûreté des bonds.
Dans le même souffle, il revendique accumuler depuis des années du bitcoin, mais aussi de l’or, de l’argent, du pétrole et même du bétail.
À ses yeux, ce panier « durs » le rendra plus riche quand le choc se matérialisera. Sa thèse est binaire : actionnaires et porteurs d’obligations vont s’appauvrir, les bitcoiners s’en sortiront. On peut discuter le ton, mais le message est clair et cohérent avec ses positions publiques.
401(k) : tournant historique ou mirage réglementaire ?
Dans ce contexte, l’annonce politique du 7 août pèse lourd : Donald Trump a signé un décret exécutif demandant aux agences fédérales d’ouvrir les 401(k) aux « actifs alternatifs », dont les cryptos. C’est un signal politique puissant, même si tout n’est pas effectif du jour au lendemain.
Même si la porte s’entrouvre, cela ne signifie pas que les grands administrateurs choisiront spontanément le bitcoin. Le spécialiste ETF de Bloomberg Eric Balchunas rappelle que la plupart des gestionnaires restent focalisés sur actions/obligations, et qu’investir en bitcoin exige un minimum d’éducation et de conviction qu’ils n’ont pas tous. En clair, l’offre potentielle n’équivaut pas à une adoption massive immédiate.
Ce que disent les marchés : bitcoin à 117 000 $, mais la route reste chaotique
Côté prix, le bitcoin a repris la barre des 117 000 $ avant de refluer légèrement. Cette poussée a coïncidé avec les annonces politiques et un climat plus « risk-on » ponctuel. Bref, l’actif phare a rappelé son élasticité, au gré des flux et des gros titres.
Dans les 24 heures, la hausse avoisinait 3 % et le marché a oscillé autour de 116 800 – 117 000 $. Des chiffres qui valident la reprise technique, sans l’ériger en nouvelle tendance irréversible. Le momentum reste nerveux, avec des allers-retours rapides.
Les niveaux à surveiller ? Plusieurs traders évoquent une zone pivot vers 116 000 – 117 600 $. Au-dessus, les regards se tournent vers 118 000 $ puis 120 000 $. En dessous, gare aux accélérations de vente. Rien d’anormal : la volatilité est consubstantielle au bitcoin, d’où l’importance de gérer le risque plutôt que de l’ignorer.
Faut-il croire au « bitcoin seul survivant » ? Trois scénarios pour décider
Scénario 1 : Grosse crise économique
Si l’immobilier commercial continue de perdre de la valeur, que la dette américaine reste sous pression après sa dégradation, et que l’argent circule moins facilement, les investisseurs chercheront à placer leur argent dans des valeurs sûres.
Pour certains, ce sera l’or ou les bons du Trésor américain. Pour d’autres, ce sera le bitcoin, parce qu’il n’est pas lié à la dette ou à la santé financière d’un pays ou d’une entreprise.
Mais attention : même s’il peut jouer ce rôle, le bitcoin reste très instable et peut connaître de fortes variations de prix.
Scénario 2 : Ralentissement maîtrisé
Dans cette version, l’économie ralentit mais ne s’effondre pas. Les autorités encadrent l’intégration du bitcoin dans les plans de retraite 401(k) aux États-Unis.
Cela se fait par étapes, via des fonds très surveillés et avec des limites claires. L’adoption se fait doucement, entreprise par entreprise.
Résultat : le bitcoin gagne en crédibilité, mais ne capte pas d’un coup toute l’épargne longue. La progression est lente et accompagnée de beaucoup de pédagogie.
Scénario 3 : Enthousiasme puis retour à la réalité
Ici, l’annonce d’une ouverture réglementaire attire rapidement des investisseurs opportunistes, ce qui fait monter les prix. Mais ensuite, les contraintes (frais, complexité, manque de liquidité) refroidissent les gestionnaires de fonds.
Les 401(k) gardent un peu de bitcoin, mais dans de petites proportions, comme un test. L’idée d’un effondrement total où seul le bitcoin survivrait se heurte alors au rythme lent des institutions, et les marchés continuent de suivre leurs cycles habituels.

