La thèse est simple. Si la Réserve fédérale rouvre le robinet, la liquidité remontera et les actifs sensibles au crédit en profiteront. Tom Lee, cofondateur de Fundstrat et président de BitMine, pense que ce sera le cas dès ce trimestre. Il parle d’un “monster move” possible sur bitcoin et Ether. Le contexte macro s’y prête, la saisonnalité aussi. Le marché, lui, hésite encore.
Un quatrième trimestre à haut potentiel
Selon Tom Lee, Bitcoin et Ether pourraient réaliser un mouvement monstrueux dans les trois prochains mois, portés par un cycle d’assouplissement monétaire et un regain de liquidité mondiale. L’analyste a détaillé sur CNBC que la combinaison de la sensibilité de bitcoin à la liquidité, de l’assouplissement des banques centrales et d’un quatrième trimestre historiquement porteur pouvait faire basculer la tendance.
L’idée n’a rien de fumeux. Bitcoin reste un actif éminemment macro, réactif au coût du dollar et aux écarts de financement. Quand la banque centrale abaisse le loyer de l’argent, la prime de risque se réévalue et les flux reviennent vers les actifs à bêta élevé. Les creux récents ont surtout mis en valeur un marché devenu hypersensible aux variations de liquidité, où un simple glissement des anticipations suffit à déplacer les prix.
Dès ce mercredi 17 septembre, le consensus attend une baisse de 25 points de base du taux directeur. Les marchés à terme n’accordent qu’une faible probabilité à un geste de 50 points de base, mais l’important est le message. Si la Fed signale qu’un cycle d’assouplissement s’ouvre, la confiance revient et le multiplicateur de liquidité joue. C’est précisément ce réamorçage que Lee voit comme catalyseur du choc haussier.
Pourquoi Bitcoin réagit si vite à la liquidité
Bitcoin est l’actif le plus directement exposé aux conditions de financement globales. Son profil de collatéral numérique le rend extrêmement sensible aux variations du dollar réel et au coût de portage. Quand l’argent se détend, l’appétit pour le risque grimpe plus vite sur Bitcoin que sur d’autres classes d’actifs. Le cycle 2023–2025 l’a rappelé à maintes reprises.
En outre, le dernier trimestre concentre une part disproportionnée des performances annuelles sur de nombreux actifs risqués. Sur bitcoin, l’effet est accentué par les rotations de fin d’année et par des books qui se vident après l’été. Les surprises macro y pèsent davantage, dans un carnet plus léger.
La mécanique micro amplifie le tout. Les positions short se sont empilées pendant les phases de consolidation. Une bascule des taux ou un ton plus accommodant de la Fed réactive la demande spot et déclenche les rachats de positions vendeuses. Les modèles de volatilité réalisés se comprimant, le levier revient. C’est ainsi qu’un petit choc de liquidité se mue en grand mouvement de prix.
Ethereum, le Wall Street de 1971, selon Lee
Tom Lee va plus loin pour Ether. Il décrit Ethereum comme un protocole de croissance, comparable au moment où Wall Street a explosé d’innovation après la fin de l’étalon-or en 1971. L’argument est l’empilement d’usages financiers et la montée de l’IA qui tokenise des micro-transactions. Dans ce récit, Ethereum serait le rail naturel de cette économie.
Il évoque même un « moment ChatGPT des stablecoins ». Autrement dit, un basculement d’usage où l’infrastructure blockchain devient transparente, mais omniprésente. Ce point de bascule ne se lit pas qu’au prix. Il se lit aussi dans la profondeur de marché, la liquidité sur les paires stables et la baisse graduelle des frictions pour l’utilisateur final.
Sur le terrain des flux, un signal fort est venu de BitMine, société dont Lee est président. L’entreprise a déclaré détenir 2,151,676 ETH, soit environ 9,7 milliards de dollars d’Ether, dans un total trésorerie-crypto-cash de 10,77 milliards de dollars, ainsi qu’une position en numéraire significative. Cette accumulation place BitMine parmi les plus gros détenteurs corporate d’ETH et crédibilise l’idée d’un cycle porté par la demande institutionnelle.
Le calendrier est resserré. Décision de la Fed mercredi 17 septembre, conférence de presse ensuite, puis relais des autres banques centrales. Une communication plus conciliante, même à petite dose, peut suffire à raviver les flux vers Bitcoin et Ether. À l’inverse, un message trop restrictif provoquerait le classique « buy the rumor, sell the news« . Le premier mouvement n’est pas toujours le bon. C’est la trajectoire de la communication qui compte.

