Un cadre de Coinbase prévient que si l’on confie demain des tâches financières à des agents d’IA, ils se heurteront aux rails vieillissants de la finance traditionnelle. Sans crypto et sans blockchain, ces agents resteront au point mort. L’avertissement vient de John D’Agostino, responsable de la stratégie institutionnelle chez Coinbase.
Des agents d’IA qui exigent des rails instantanés
Des agents IA capables d’agir à grande vitesse ont besoin d’un système monétaire à leur mesure. D’Agostino parle d’intelligence infiniment scalable d’un côté, et de blockchain comme « source de vérité infiniment scalable de l’autre. Ensemble, ces deux briques forment un couple fonctionnel.
Il ne s’agit pas d’un caprice technique. Un agent IA autonome qui arbitre, règle, confirme et comptabilise doit s’appuyer sur des données publiques et vérifiables. Dans un ordre de marché où chaque milliseconde pèse, l’accès natif aux registres on-chain réduit les ambiguïtés. De plus, il évite les conciliations tardives et abaisse les coûts d’exécution.
En effet, vouloir faire opérer ces agents sur les rails bancaires du XXe siècle, c’est tenter de streamer un film en bas débit. La blockchain fournit la finalité et la traçabilité nécessaires. Pourtant, les systèmes fermés multiplient les frictions.
Les marchés ont été pensés pour des humains, pas pour des machines qui traitent à la chaîne. Or les systèmes actuels restent éclatés. Ils contiennent des messageries propriétaires, des couloirs de règlement et des calendriers bancaires. Rien de tout cela n’a été construit pour des milliers d’interactions machine-à-machine en temps réel.
Même avec T+1, une poignée d’heures peuvent s’écouler entre une décision et son règlement effectif. Pour une IA, ce délai est une éternité. À l’inverse, des stablecoins sur des réseaux modernes offrent une finalité rapide, programmable et auditable par défaut.
C’est là que crypto et blockchain jouent leur rôle d’accélérateur monétaire. Elles apportent des rails globaux, standardisés, compatibles API, où l’agent IA peut initier, vérifier et solder sans couture. De ce fait, D’Agostino insiste :
pour bénéficier de la vitesse des agents, il faut une vitesse monétaire équivalente.
Crypto : Bitcoin, Or et la question du rendement
Le débat éternel Bitcoin contre l’or n’a pas grand sens, soutient le dirigeant. Le métal jaune n’est pas programmable. Bitcoin, lui, se déplace à la vitesse d’internet. Il s’imbrique dans des contrats intelligents et il peut générer un rendement via des stratégies on-chain compatibles avec des politiques de risque strictes.
Cette nuance pèse d’autant plus que le contexte macro change. La Réserve fédérale a procédé à une première baisse de taux cette année le 17 septembre 2025, faisant passer la fourchette cible à 4,00–4,25 %.
Des milliers de milliards logés sur des fonds monétaires pourraient se réallouer progressivement si le différentiel de rendement se tasse.
D’Agostino voit dans cette réouverture du robinet du risque une fenêtre pour les actifs programmables. Pas un raz-de-marée garanti, plutôt un flux par capillarité.
En effet, à mesure que les rendements sans risque refluent, une fraction du capital cherche de meilleures trajectoires risque et rendement. Là encore, l’automatisation que permettent des rails crypto peut accélérer la bascule.
Il ne faut pas s’attendre à une arrivée massive et soudaine des grands investisseurs. Les fonds de pension, les fondations ou les fonds souverains avancent lentement. Ils commencent petit, testent, vérifient, puis augmentent progressivement. Ils ne suivent pas la mode, mais ils prennent leur temps.
Ce rythme plus lent n’est pas un handicap. Cependant, c’est une façon de sécuriser chaque étape. En effet, quand la garde des actifs, la conformité ou les audits sont validés, il devient plus facile d’aller plus loin. La transparence de la blockchain aide aussi à rassurer ces acteurs.
Au final, il ne s’agit pas d’un grand choc, mais d’une évolution naturelle. Plus les agents trouvent des usages concrets dans la gestion, l’exécution ou la trésorerie, plus la crypto devient indispensable. Le changement se fait en douceur, mais il est irréversible.

