La correction récente a ravivé les doutes. Pourtant, Mike Novogratz, patron de Galaxy Digital, reste haussier. Selon lui, le marché traverse une purge de levier classique mais constructive. Les flux au comptant tiennent, les acteurs institutionnels s’organisent et la politique monétaire pourrait devenir moins restrictive. Autrement dit, le cycle n’a pas livré son sommet. La suite dépendra de la reconquête des niveaux clés et d’une volatilité mieux contenue.
Novogratz : « le sommet du cycle n’est pas derrière nous »
$GLXY continues to work day after day building long term shareholder value. Of course, I wish our stock went up every day but we can’t control who buy and sells. What we can do is invest for the future, chase down loose balls, and recruit great talent.
We are excited about…
— Mike Novogratz (@novogratz) November 5, 2025
Mike Novogratz persiste et signe : le cycle n’a pas encore livré son sommet. Selon lui, la correction récente relève surtout d’un désendettement nécessaire. Elle purifie le marché, réduit le risque systémique et prépare la prochaine jambe haussière. À court terme, la volatilité reste élevée, mais le socle de demande se renforce dès que la pression vendeuse retombe.
Il avance trois catalyseurs : la normalisation du levier sur les dérivés, qui assainit la structure du marché, la montée en puissance des flux au comptant, portée par des véhicules réglementés et des acteurs traditionnels, et un contexte monétaire potentiellement plus souple si la banque centrale adopte un ton moins restrictif. Pris ensemble, ces éléments soutiennent, selon lui, une tendance haussière de fond.
Il insiste également sur un changement discret mais puissant : la maturation des portefeuilles. Les investisseurs de long terme arbitrent mieux, diversifient davantage et évitent les emballements. Cette discipline amortit les chocs et favorise des phases d’accumulation plus saines, propices aux breakouts durables.
Les signaux de marché que l’investisseur surveille
Pour valider son scénario, Novogratz s’appuie sur des signaux concrets. D’abord, le retour au-dessus des niveaux psychologiques perdus pendant la phase de stress, avec des clôtures hebdomadaires nettes. Ensuite, la respiration des indicateurs de levier : financement, open interest et part des liquidations longues. Moins de levier implique moins d’effet domino lors des secousses suivantes.
Il suit aussi les flux au comptant, signes d’un appétit réel hors produits à marge. Lorsque ces flux se stabilisent après une purge, la probabilité d’une reprise organisée augmente. Enfin, il observe l’élasticité de la demande : la vitesse et la profondeur des rachats sur les creux. Plus le carnet absorbe vite l’offre, plus la confiance revient.
Côté narratif, il note un basculement progressif. Après la peur, les discussions se tournent vers des thèses de reconstruction : retours de trésoreries d’entreprises, tokenisation plus visible, solutions de paiement intégrant des stablecoins. Ces thèmes ravivent l’intérêt des institutionnels et créent de nouveaux points d’entrée moins dépendants du seul prix du Bitcoin.
Altcoins, infrastructures et tokenisation : où se jouent les prochaines performances
Novogratz ne limite pas son optimisme à Bitcoin. Il identifie des poches de valeur dans les infrastructures crypto : solutions de scalabilité, gestion des données, sécurité et garde. Ces briques captent des revenus récurrents et profitent directement de la croissance on-chain. Lorsque la volatilité baisse, les flux se réallouent souvent vers ces actifs de base, jugés plus lisibles par les comités d’investissement.
Il évoque aussi deux moteurs latents : la tokenisation d’actifs réels (dépôts tokenisés, obligations courtes, parts de fonds monétaires) et l’hybridation IA-crypto. Dans le premier cas, les banques et gestionnaires d’actifs multiplient les pilotes et les intégrations progressives. Dans le second, les agents intelligents automatisent identité, traçabilité et paiements programmables. Ces croisements génèrent une demande d’usage plus stable et des revenus on-chain moins cycliques.
Pour les altcoins, la feuille de route est claire : stabilisation de la dominance du BTC, accumulation sur les projets fondamentaux (cash-flows, TVL durable, roadmaps livrées), puis identification de catalyseurs précis (mises à jour réseau, listings, partenariats industriels). Sans ces jalons, les rebonds resteront tactiques, avec eux, une rotation haussière peut s’installer étape par étape.
Comment se positionner dans un marché encore nerveux
La stratégie de Novogratz repose sur un principe simple : survivre aux purges pour profiter des expansions. Il préconise une gestion du risque stricte : exposition graduelle, stops réfléchis et préférence pour des achats au comptant sur zones d’accumulation plutôt que des paris agressifs au levier. Cette méthode réduit les erreurs irrémédiables et maximise le temps de marché.
Il recommande également de hiérarchiser les positions : un noyau BTC/ETH pour la robustesse, une exposition mesurée aux infrastructures génératrices de revenus on-chain, et des satellites plus opportunistes selon les catalyseurs. Enfin, il rappelle l’importance du contexte macroéconomique : une politique monétaire plus accommodante modifie rapidement la fonction de réaction des marchés et réouvre des fenêtres d’opportunité pour le risque.
En somme, son message reste haussier, mais discipliné. Le cycle, selon lui, n’est pas terminé. Il se recompose autour d’acteurs plus solides, de flux institutionnels et d’usages plus concrets. Si les signaux techniques confirment et que la macro ne s’oppose pas, le marché pourrait encore surprendre positivement.
