Les escroqueries dans le secteur des cryptomonnaies ne cessent de se diversifier. Cette fois, le FBI met en garde contre une nouvelle méthode particulièrement sournoise : de faux cabinets d’avocats prétendent pouvoir aider les victimes à récupérer leurs fonds perdus… mais leur but est de les arnaquer une seconde fois.
Des escrocs qui exploitent la détresse des victimes
Selon l’avis officiel publié par l’Internet Crime Complaint Center (IC3), cette fraude combine plusieurs tactiques. Elle cible principalement les personnes âgées et celles ayant déjà perdu de l’argent dans une arnaque crypto. Les auteurs se font passer pour de vrais avocats ou pour des cabinets légitimes, allant jusqu’à falsifier des documents avec logos et en-têtes authentiques.
Pour inspirer confiance, ces faux juristes prétendent souvent être affiliés à plusieurs agences gouvernementales, américaines ou étrangères. Ils invoquent parfois des organismes inexistants, comme l’International Financial Trading Commission (INTFTC), pour donner un vernis officiel à leur discours.
Leur objectif : convaincre la victime qu’elle peut récupérer ses fonds par des « canaux légaux », moyennant des frais… à payer immédiatement.
Les signaux d’alerte à connaître
Le FBI a listé plusieurs indicateurs de fraude que toute personne doit reconnaître :
- Demande de paiement en cryptomonnaies ou cartes cadeaux prépayées.
- Connaissance précise des montants et dates de transactions passées, preuve qu’ils ont déjà étudié votre dossier ou qu’ils se sont procuré vos données.
- Affirmation que vous figurez sur une liste officielle de victimes, et que cela vous donne droit à un remboursement.
- Invitation à ouvrir un compte sur une prétendue banque étrangère, via un site imitant un vrai service bancaire.
- Placement de la victime dans un groupe WhatsApp ou autre messagerie privée, avec des « avocats » et « processeurs bancaires » fictifs.
- Refus d’apparaître en visioconférence ou d’envoyer une preuve de leur licence professionnelle.
- Instruction de verser les frais à une société tierce au nom générique (trading company, etc.).
Ces techniques visent à isoler la victime, à limiter ses moyens de vérification, et à créer un sentiment d’urgence.
Un schéma bien rodé
Souvent, les escrocs commencent par contacter directement leurs cibles. Parfois, ils repèrent leurs proies sur des forums où elles ont raconté avoir été arnaquées, ou en exploitant des bases de données issues d’autres fraudes.
Ils prétendent ensuite que les fonds volés sont « localisés » et en attente de libération, mais que des frais sont nécessaires pour vérifier l’identité ou débloquer la transaction. Chaque étape amène de nouveaux prétextes pour réclamer plus d’argent.
Selon le FBI, ces réseaux peuvent impliquer plusieurs acteurs : des faux avocats, de faux employés de banque, et de prétendus agents gouvernementaux. Le tout est orchestré pour maintenir la victime dans l’illusion qu’elle avance dans une procédure réelle.
Comment se protéger
Le FBI recommande d’adopter une approche “Zero Trust” : ne jamais accorder sa confiance par défaut et vérifier chaque information.
Voici les mesures de précaution essentielles :
- Être méfiant si un cabinet d’avocats vous contacte sans que vous ayez signalé une fraude à une autorité compétente.
- Demander une preuve d’identité notariée ou une copie de licence d’avocat, puis vérifier son authenticité auprès des registres officiels.
- Confirmer toute affiliation gouvernementale en appelant directement l’agence mentionnée, via son numéro officiel.
- Exiger une visioconférence et conserver un dossier complet des échanges.
- Ne jamais envoyer d’argent à un tiers sans pouvoir vérifier qui il est et pourquoi il reçoit les fonds.
Le FBI insiste sur le fait que les agences américaines ne demandent jamais de paiements pour fournir une assistance juridique ou de récupération de fonds.
Signaler les tentatives
Les victimes ou témoins de ce type d’arnaque doivent contacter leur bureau local du FBI et déposer un signalement sur le site officiel de l’IC3 (www.ic3.gov). Ces signalements permettent d’identifier les réseaux, de protéger d’autres personnes, et parfois de remonter jusqu’aux auteurs.
En conclusion, ces faux cabinets d’avocats exploitent la détresse et l’espoir des victimes pour leur soutirer encore plus d’argent. En connaissant les signaux d’alerte et en appliquant des vérifications strictes, il est possible de déjouer ces manœuvres et de couper court à une seconde arnaque.

