Le 22 septembre 2025, les ETF Bitcoin spot ont enregistré une sortie nette de 363,1 millions de dollars, l’une des plus importantes de l’année. Les flux institutionnels ont basculé dans le rouge et le BTC s’est stabilisé autour de 113 000 dollars, sans véritable direction.
Sorties record, zéro entrée
Aucun émetteur n’a enregistré d’entrées nettes ce jour-là. Le bilan est lourd. Fidelity (FBTC) a perdu 276,7 millions, Ark/21Shares (ARKB) 52,3 millions, Grayscale (GBTC) 24,6 millions et VanEck (HODL) 9,5 millions. BlackRock (IBIT) est resté neutre. Un retrait généralisé, sans contrepartie acheteuse, qui traduit un marché sans filet.
Derrière cette sécheresse, plusieurs facteurs se cumulent : prise de bénéfices après les hausses précédentes, repositionnements tactiques et prudence liée au contexte macro. Dans un marché concentré, l’absence de nouveaux acheteurs se répercute rapidement sur les ETF.
Sur le long terme, la dynamique reste positive : depuis leur lancement, ces produits cumulent encore plus de 57 milliards de dollars d’entrées. Mais l’épisode du 22 septembre rappelle que ces flux suivent des cycles sensibles à l’environnement.
Bitcoin : pourquoi les institutions reculent
La journée coïncide avec une vague de liquidations sur les dérivés : près de 1,65 milliard de dollars de positions effacées, dont 286 millions sur des longs Bitcoin. Le coût du levier incite les desks à réduire la voilure et à prendre leurs gains.
La macro pèse aussi. Les taux réels élevés rendent les placements sans risque plus attractifs, ce qui augmente la prime exigée sur des actifs volatils comme le BTC. Dans ce contexte, la moindre absence d’entrées se reflète immédiatement sur les prix.
La mécanique des ETF accentue le mouvement : moins de demande secondaire signifie moins de création de parts, ce qui entraîne des rachats et alimente un sentiment baissier, même si les fondamentaux on-chain n’ont pas bougé.
Le spot a évolué sans tendance claire, repassant ponctuellement sous 113 000 dollars. La zone des 111 000 à 114 000 dollars concentre l’incertitude actuelle.
Les analystes surveillent surtout la moyenne mobile 200 jours, située vers 105 000 dollars. Tant que ce seuil tient, la tendance de fond reste préservée. Mais une glissade vers ces niveaux reste possible si les sorties se prolongent. Le RSI proche de la neutralité traduit un marché apathique, exposé à des à-coups de volatilité si la liquidité se contracte.
Le risque immédiat n’est pas un effondrement brutal, mais plutôt une descente progressive vers les supports intermédiaires. À l’inverse, une journée d’entrées significatives suffirait à inverser le flux, tant la structure reste étroite.
Ce que cela dit vraiment des institutions
L’épisode illustre le rôle amplificateur des ETF : quand ils se vident, la pression vendeuse se matérialise aussitôt. Mais l’idée que les institutions se retirent durablement ne tient pas. Plus de 57 milliards de dollars demeurent investis dans ces produits.
Sur plusieurs trimestres, les desks alternent ventes et achats au gré du risque, des clauses internes et des arbitrages entre ETF, spot et futures. Cela ne remet pas en cause l’intégration croissante de Bitcoin dans les portefeuilles, cela en souligne les nuances.

