L’essentiel tient en une phrase : produire un bitcoin en Iran revient à environ 1 320 dollars, grâce à un prix de l’électricité ultra-subventionné. Un écart énorme avec les pays occidentaux, où les coûts peuvent être 50 à 100 fois plus élevés. La vraie question n’est donc pas « est-ce possible ? », mais : comment profiter de cette différence sans s’exposer inutilement ?
Pourquoi l’électricité est si bon marché en Iran
Ce tarif ne sort pas de nulle part. Il reflète un modèle énergétique structuré autour de subventions massives. De ce fait, un coût au kilowatt-heure est très bas. Cela entraine un coût par bitcoin qui tombe à des niveaux presque introuvables ailleurs. Plusieurs études confirment ce chiffre, autour de 1 300 dollars malgré le régime en place.
#Iran's Industrial Sector Gutted by Regime's Crippling Energy Crisishttps://t.co/tsVnjXEkfF
— NCRI-FAC (@iran_policy) May 21, 2025
À l’autre extrême, l’Italie ou l’Irlande dépassent les 300 000 dollars par bitcoin, en se basant sur les tarifs classiques. Là-bas, miner chez soi revient à creuser un trou dans son portefeuille.
Entre ces extrêmes, le spectre est large :
- États-Unis : autour de 100 000 à 110 000 dollars, selon les États.
- Éthiopie : sous les 2 000 dollars dans certaines zones, grâce à l’hydroélectricité.
- Russie / Chine : autour de 39 000 à 50 000 dollars selon les données publiques.
Le minage du bitcoin en Iran : est-ce une opportunité pour un investisseur ?
Sur le papier, miner à 1 320 dollars et vendre à 100 000, ça ressemble à un jackpot. Mais dans les faits, c’est loin d’être simple.
L’Iran est sous sanctions internationales. Cela limite fortement les possibilités d’y opérer légalement ou d’y transférer des fonds. Pour un investisseur occidental, le terrain est quasiment verrouillé.
Les chiffres sont souvent théoriques. Ils reposent sur des moyennes ou des tarifs publics. Or, les gros mineurs négocient des contrats spécifiques, déplacent leur matériel, optimisent l’approvisionnement. Tout ça change la donne.
L’électricité n’est qu’une partie du problème. Matériel, frais de refroidissement, taxes, maintenance, qualité des équipes… Si le reste de la chaîne n’est pas maîtrisé, l’avantage énergétique s’évapore vite.
L’Éthiopie attire déjà des opérateurs grâce à l’hydroélectricité bon marché, payée en devises fortes, et à une politique d’accueil encore naissante.
On ne s’y implante pas à la légère, mais l’option de l’hébergement (« hosting ») auprès d’acteurs établis, hors zones sous sanction, permet de bénéficier d’un coût énergétique inférieur sans gérer l’infrastructure de bout en bout.
Ce qu’il faut vérifier avant d’appuyer sur « on »
1. Le droit
Toute exposition liée à l’Iran exige un audit juridique sérieux. La moindre faille peut entraîner de lourdes sanctions. Des alternatives existent ailleurs, mais elles demandent rigueur et prudence.
2. L’origine de l’électricité
Les acteurs les plus solides s’efforcent aujourd’hui de prouver que leur énergie vient de surplus, de renouvelables ou de sources intermittentes. Cette traçabilité devient un critère clé, autant pour les régulateurs que pour les investisseurs.
3. La réalité du terrain
Les cartes des coûts évoluent rapidement. L’écart entre 1 320 dollars en Iran et 300 000 dollars en Italie est parlant, mais la rentabilité dépend aussi du prix du bitcoin, de la difficulté du réseau et de l’exécution. Et les pays intermédiaires (Chine, Russie, Paraguay) offrent parfois des compromis bien plus praticables.
Il ne suffit pas de repérer un pays à bas coût pour réussir dans le minage. Il faut traiter l’énergie comme un actif stratégique, la conformité comme une obligation absolue, et l’exécution comme la seule chose qui compte. À chacun de choisir le bon terrain de jeu, selon ses moyens, ses contraintes et ses règles du jeu.
