Selon Bernstein, la fête crypto n’est pas prête de s’arrêter. La société de courtage estime que le cycle haussier des cryptos pourrait durer jusqu’en 2027. Pas seulement porté par l’habituel calendrier du bitcoin, mais aussi par la politique américaine, l’arrivée massive des institutions et la diversification technologique.
La politique change la donne
Le message est clair : pour Bernstein, le bitcoin pourrait viser entre 150 000 et 200 000 dollars d’ici un an. Mais le plus surprenant, c’est l’idée d’un cycle « long et épuisant », soutenu par Washington.
L’administration américaine veut installer les États-Unis comme capitale mondiale de la crypto, un facteur nouveau dans une industrie où les logiques techniques dominaient jusque-là.
Autre moteur : l’arrivée des institutions. Banques, fonds et fintech injectent désormais des milliards dans un marché crypto autrefois dominé par les particuliers. Cette profondeur supplémentaire rend, selon Bernstein, les corrections brutales moins probables qu’auparavant.
Et le bitcoin lui-même n’a plus la même image. Longtemps perçu comme un actif spéculatif à la marge, il commence à s’imposer comme une réserve alternative, voire un outil géo-économique. Rien que ce changement de perception pourrait suffire à rallonger la phase haussière.
Robinhood, Coinbase et Circle en embuscade
Si la tendance se prolonge, certaines entreprises devraient être aux premières loges. Robinhood, par exemple, a vu ses volumes de trading crypto bondir à 16,8 milliards de dollars en juillet, +110 % en un mois. L’achat de Bitstamp lui ouvre en plus les portes d’une clientèle institutionnelle.
Coinbase, de son côté, reste incontournable. Plus de 100 milliards de dollars échangés en juillet, une offensive sur les produits dérivés et l’intégration de Deribit. Les analystes crypto vont jusqu’à comparer l’exchange à « l’AWS de la finance crypto ». Image un peu audacieuse, mais qui résume son rôle d’infrastructure.
Enfin, Circle. Avec l’USDC, son stablecoin vedette, la société pourrait voir la demande grimper à 173 milliards d’ici 2027. Ses partenariats bancaires et sa stratégie sur les paiements en font un acteur dur à contourner.
Pas seulement du bitcoin
Bernstein insiste : le cycle ne repose pas uniquement sur le bitcoin. Ethereum, Solana ou encore les jetons DeFi devraient alimenter la prochaine vague. Une diversification qui reflète la maturité du marché.
Solana s’impose sur les échanges décentralisés grâce à sa rapidité et ses coûts dérisoires. Ethereum conserve son rôle central dans la finance décentralisée et la tokenisation. Quant aux projets DeFi, ils testent en permanence de nouveaux cas d’usage avec, parfois, plus d’audace que de prudence.
Une rupture avec les repères habituels
Un bull run crypto qui filerait jusqu’en 2027, c’est une rupture nette avec le halving. Cela obligerait les investisseurs à repenser leurs stratégies, non plus sur un cycle rapide et brutal, mais sur une hausse plus étirée, moins spectaculaire mais plus exigeante.
L’incertitude demeure toutefois : les particuliers auront-ils la patience d’endurer un cycle « épuisant », fait de poussées soudaines puis de longues pauses ? Les institutionnels, eux, s’accommodent bien mieux de ce tempo plus lent.
En filigrane, Bernstein ne décrit pas seulement un nouveau sommet du bitcoin. La société esquisse un marché crypto transformé en profondeur, où la politique, la finance traditionnelle et l’innovation s’imbriquent. Si elle a raison, le mot « bull run crypto » ne renverra plus tout à fait à la même chose.

