C’est une petite révolution pour les épargnants français. L’Autorité des marchés financiers (AMF) assouplit sa doctrine sur les produits complexes et ouvre la porte aux ETN crypto pour les particuliers. Jusqu’ici, ces produits portaient un avertissement très dissuasif. Désormais, ils pourront être commercialisés sans cette mention, sous conditions strictes.
Que change la nouvelle position de l’AMF sur les ETN crypto ?
🟥 Grosse info : l'AMF assouplit sa position sur les cryptos
L'avertissement dissuasif obligatoire ("produit trop complexe") sera supprimé pour les émetteurs d'ETN (l'équivalent européen des ETF).
Il sera beaucoup plus facile de les distribuer aux particuliers, notamment via… pic.twitter.com/fSbCjf5cai
— Grégory Raymond 🐳 (@gregory_raymond) December 8, 2025
Jusqu’à présent, la doctrine de l’AMF classait la plupart des produits indexés sur des crypto-actifs dans la catégorie des produits trop complexes. Les documents commerciaux devaient comporter une phrase très claire. L’AMF indiquait qu’elle considérait le produit comme trop complexe pour les investisseurs non professionnels. Cette mention coupait net l’appétit de nombreuses banques et plateformes.
Désormais, la situation évolue. L’AMF estime que certains crypto-actifs ne sont plus « inhabituels » pour le grand public, surtout depuis l’entrée en vigueur du règlement MiCA en Europe. Ce texte impose davantage de transparence aux émetteurs et encadre les prestataires. L’Autorité accepte donc que des ETN indexés sur des cryptos soient proposés aux particuliers sans la fameuse mention dissuasive, à condition de respecter un cahier des charges précis.
Concrètement, l’AMF n’encourage pas les épargnants à se ruer sur ces produits. Elle reconnaît simplement que le marché a mûri. Elle veut aussi canaliser une demande déjà forte vers des instruments régulés, plutôt que laisser les investisseurs se tourner uniquement vers des plateformes non encadrées.
Quelles conditions pour proposer des ETN crypto aux particuliers ?
D’abord, l’AMF impose des critères stricts sur les crypto-actifs sous-jacents. Les cryptos utilisées doivent afficher une capitalisation minimale de 10 milliards d’euros. Elles doivent aussi présenter un volume moyen d’échanges d’au moins 50 millions d’euros par jour sur les trente derniers jours. Enfin, elles doivent se négocier sur une plateforme disposant d’un agrément MiCA. Les paniers restent possibles, mais la majorité du panier doit respecter ces critères.
Ensuite, la structure du produit doit rester simple. L’AMF refuse l’effet de levier et les mécanismes discrétionnaires difficiles à comprendre. L’ETN doit suivre l’évolution du ou des crypto-actifs de manière lisible. L’idée consiste à limiter les surprises pour l’épargnant, surtout en cas de choc de marché.
Par ailleurs, la nature de l’exposition doit passer par des canaux régulés. L’émetteur doit détenir les crypto-actifs en direct, ou s’appuyer sur des titres émis ou garantis par des entités surveillées. De plus, la conservation des crypto-actifs doit être confiée à un prestataire agréé au titre de MiCA pour ce service. L’AMF cherche ainsi à encadrer le risque opérationnel et le risque de garde.
Enfin, ces ETN restent des instruments financiers MiFID. Les distributeurs devront définir un marché cible, vérifier l’adéquation au profil de chaque client et fournir une information claire sur les risques. L’Autorité prévient d’ailleurs qu’elle réalisera un bilan de ce dispositif dans les prochaines années. En septembre dernier, l’AMF souhaitait bloquer des plateformes crypto.
Les ETN crypto sont-ils adaptés à tous les épargnants ?
Sur le papier, l’ouverture de l’AMF élargit l’arsenal disponible pour se positionner sur les crypto-actifs. Les ETN permettent une exposition via un compte-titres, comme pour un produit de Bourse classique. Ils restent cependant des titres de créance. L’investisseur supporte donc non seulement la volatilité du Bitcoin ou d’Ethereum, mais aussi le risque lié à l’émetteur du produit.
En pratique, ces instruments visent plutôt des profils avertis. Ils peuvent convenir à des investisseurs qui connaissent déjà les ETF, les produits indiciels et les mécanismes de réplication. Ils s’adressent moins à des épargnants débutants qui n’ont jamais investi en Bourse. La documentation mentionnera de toute façon la nature complexe du produit, même sans la fameuse phrase dissuasive.
Pour beaucoup de particuliers, il restera plus simple de passer par des ETF actions ou obligations, ou par une exposition directe aux cryptos via des plateformes régulées. Les ETN crypto s’inscrivent davantage dans une démarche de diversification fine. Ils complètent une stratégie globale, mais ne remplacent pas les briques de base d’un portefeuille.
XTB, une plateforme pour diversifier au-delà des cryptos ?
Cette décision de l’AMF rappelle une chose importante. Même quand on s’intéresse aux crypto-actifs, il reste utile de diversifier son patrimoine. C’est justement ce que permettent des courtiers multi-actifs comme XTB. La plateforme donne accès à plusieurs milliers d’actions et d’ETF au comptant. Elle applique des commissions à 0 % sur ces instruments jusqu’à 100 000 euros de volume par mois, puis une commission modérée au-delà.
En plus de cette offre sur actions et ETF, XTB propose aussi des CFD sur indices, matières premières, devises et cryptomonnaies. L’investisseur peut donc construire un portefeuille qui combine Bourse traditionnelle et exposition aux actifs numériques. La plateforme met aussi en avant des outils pédagogiques. On trouve des webinaires, une académie en ligne et des analyses de marché régulières.
Dans un contexte où les ETN crypto arrivent en Bourse française et où le risque de bearmarket inquiète une partie du marché, cette approche globale a du sens. Plutôt que miser uniquement sur un produit indexé sur une seule crypto, un particulier peut s’inspirer du comportement des grands institutionnels. Il répartit alors son capital entre actions, ETF sectoriels, obligations, or et une poche limitée de cryptos. XTB s’inscrit précisément dans cette logique, avec une offre large et des frais compétitifs, tout en rappelant que chaque instrument comporte ses propres risques.
