Goldman Sachs a réduit son objectif de prix pour l’or de 500 $, le ramenant à 4 900 $ par once au 19 juin 2026, revenant sur sa précédente prévision de 5 400 $. La banque a également abandonné sa thèse de baisse des taux par la Réserve fédérale, qui soutenait l’ensemble de ses perspectives haussières sur les matières premières, alors que l’or s’échange actuellement autour des 4 300 $. De son côté, le Bitcoin navigue à travers l’un des points d’inflexion macroéconomiques les plus cruciaux de ce cycle.
Ce déclassement n’est pas un simple ajustement technique. L’équipe des matières premières de Goldman avait progressivement relevé ses prévisions tout au long de la fin de l’année 2025 et jusqu’en janvier 2026, s’appuyant sur les achats structurels des banques centrales et sur un assouplissement attendu de 100 points de base de la Fed d’ici la mi-2026.
Avec une Fed désormais pressentie pour maintenir ses taux inchangés jusqu’à la fin de l’année 2026, le pilier principal de cette thèse s’est effondré, entraînant des implications qui dépassent largement le seul marché de l’or.
The Fed’s new hawkish reality just forced Goldman Sachs to slash its gold forecast by $500 https://t.co/DQwpfYmBlN
— MarketWatch (@MarketWatch) June 19, 2026
Révision de Goldman Sachs : ce que cache la baisse de 500 $ sur la thèse de la Fed
Le cadre haussier initial de Goldman reposait sur trois piliers structurels : des baisses de taux de la Fed totalisant environ 100 points de base d’ici mi-2026 pour compresser les rendements réels et stimuler les flux vers les ETF or en Occident ; des achats structurels des banques centrales à hauteur de 760 tonnes par an (soit presque le double de la norme pré-2022) ; et une diversification des portefeuilles privés vers l’or comme protection contre la dépréciation du dollar. Ces trois facteurs devaient agir simultanément.
Le pilier des baisses de taux était celui qui contribuait le plus directement aux projections d’entrées de capitaux dans les ETF, estimées par la banque à environ 360 tonnes pour 2026. Lorsque la Fed a signalé une posture restrictive prolongée (« higher-for-longer »), l’équipe de Daan Struyven chez Goldman Sachs a recalibré ces prévisions à la baisse, entraînant la réduction de l’objectif de prix.
Goldman cuts gold target by $500 → $4,900 (from $5,400)
— Line Avenue (@xipixamamy) June 19, 2026
Reason: Fed no longer seen cutting rates in 2026 — Warsh's hawkish debut this week
Goldman: every 50bps of cuts = ~$120/oz support | removed half-point of easing from model
Still implies gains in H2 2026 — just smaller |… pic.twitter.com/v2v32Y7mmc
La banque, qui décrivait auparavant le rallye comme porté par des « achats structurels et persistants » avec un potentiel de hausse vers 4 900 $, a désormais inversé son discours.
Si le pilier des banques centrales reste intact, il s’avère insuffisant. Les estimations mises à jour pour 2026 prévoient des achats mensuels de 60 tonnes, contre 80 tonnes en 2025, alors que les gestionnaires de réserves des marchés émergents continuent de se diversifier hors des actifs libellés en dollars.
Cette demande structurelle offre un plancher au marché. Le scénario pessimiste de Goldman place l’or à 4 400 $ si la Fed reprenait ses hausses de taux de manière inattendue, mais elle ne peut compenser à elle seule la perte de dynamisme des ETF occidentaux, très sensibles aux taux.
Ce que l’absence de baisse des taux signifie réellement pour le Bitcoin
Le mécanisme de transmission d’un maintien des taux de la Fed vers le Bitcoin passe par trois canaux. Premièrement, des rendements réels élevés rendent les instruments de trésorerie en dollars plus compétitifs face aux actifs ne générant pas de rendement, une dynamique qui pèse simultanément sur l’or et le Bitcoin. Deuxièmement, un environnement de dollar fort, soutenu par une Fed restrictive, corrèle historiquement avec une baisse de l’appétit pour le risque sur les actifs spéculatifs.
Enfin, et c’est le point le plus direct, les flux vers les ETF Bitcoin ont été en partie alimentés par le même récit macroéconomique que celui de l’or : la chute des rendements réels et l’affaiblissement du dollar comme catalyseurs d’une réallocation institutionnelle vers des réserves de valeur alternatives.

Les flux des ETF Bitcoin sont déjà sensibles à ce calcul des taux. Des analyses précédentes ont montré comment la dynamique des sorties d’ETF et les défis de liquidité liés à des taux élevés ont créé une pression de rachat soutenue lors des précédentes périodes de pause de la Fed. Une Fed qui resterait immobile jusqu’en décembre 2026 prolonge ce vent contraire pour au moins deux cycles supplémentaires du FOMC.
Le scénario catastrophe de Goldman pour l’or — une chute à 4 400 $ déclenchée par une hausse des taux — présente les conséquences les plus graves pour la crypto. Une reprise du resserrement monétaire signalerait une contraction de la liquidité qui, historiquement, draine les capitaux spéculatifs des actifs numériques avant même de toucher les valeurs refuges traditionnelles. Si ce scénario n’est pas l’hypothèse de base de Goldman, la banque le mentionne explicitement comme un risque extrême dans sa note de déclassement.
