Le secteur des ETF Bitcoin s’apprête à franchir une nouvelle étape : BlackRock a déposé, le 10 juin 2026, son quatrième amendement auprès de la SEC pour l’iShares Bitcoin Premium Income ETF (ticker : BITA). Ce dépôt rapproche le produit d’un lancement officiel, avec une structure conçue pour vendre des options d’achat couvertes (covered calls) sur les actions IBIT afin de générer un revenu mensuel pour les investisseurs, le tout avec des frais de gestion de 0,65 %.
Le fonds se présente comme un trust statutaire du Delaware géré activement. Il peut détenir du Bitcoin au comptant (spot), des actions IBIT et des équivalents de trésorerie. Sa stratégie consiste à vendre systématiquement des options d’achat sur cette exposition selon un calendrier mensuel récurrent. Ce mécanisme permet de convertir la volatilité du Bitcoin en un rendement distribuable, privilégiant ainsi la génération de revenus plutôt que la simple appréciation du prix de l’actif.
Eric Balchunas, analyste senior des ETF chez Bloomberg, estime que la fenêtre de lancement est « très proche ». Il souligne que BlackRock subit une certaine pression pour devancer Goldman Sachs sur le marché avant le 1er juillet environ. Selon lui, BITA est la suite logique de la franchise IBIT (qui pèse 87 milliards de dollars), visant à offrir du rendement Bitcoin via des primes d’options au public de la finance traditionnelle (TradFi).
BlackRock just filed a new (and probably final) amendment for their Bitcoin Premium Income ETF $BITA and WE HAVE A FEE: 65bps. Obv higher than $IBIT et al but lower than the two biggest ETFs in 'covered call' category which are 95bp and 99bp. My guess is this is going to launch… pic.twitter.com/KBwFrmkdbJ
— Eric Balchunas (@EricBalchunas) June 10, 2026
Le marché doit désormais déterminer si le régime de prix actuel du Bitcoin — qui stagne autour de 62 809 $ alors que les flux récents des ETF témoignent d’une ambivalence institutionnelle persistante — est réellement adapté à la structure de BITA. La question reste entière : les investisseurs qui sacrifient le potentiel de hausse pour du rendement ne risquent-ils pas de se retrouver du mauvais côté en cas de rallye parabolique, rendant cet arbitrage coûteux avec le recul ?
Bitcoin ETF News : La structure de BITA et ce que révèlent les frais de 0,65 % sur la génération de rendement
La compréhension du produit s’affine dès que l’on analyse précisément son mécanisme de transmission. BITA maintient son exposition au Bitcoin via le spot BTC, les actions IBIT ou du cash, puis vend des options d’achat contre cette position. Ces options sont généralement achetées par des acteurs institutionnels, tels que des hedge funds ou des teneurs de marché, qui paient une prime au fonds pour capturer la hausse au-delà d’un prix d’exercice (strike price) défini.
Cette prime est encaissée immédiatement, quelle que soit l’évolution du cours du Bitcoin à l’échéance, puis redistribuée mensuellement aux actionnaires de BITA sous forme de revenus.
La contrainte mécanique majeure survient lorsque le Bitcoin connaît une forte hausse dépassant le prix d’exercice à l’expiration. Dans ce cas de figure, c’est l’acheteur de l’option, et non BITA, qui profite de toute l’appréciation au-dessus du strike. Le gain de BITA est alors plafonné au niveau du prix d’exercice, auquel s’ajoute la prime déjà perçue.
NEW: @BlackRock has filed its latest amendment for a Bitcoin covered call ETF $BITA, targeting a 0.65% fee, below the two largest covered call ETFs on the market. pic.twitter.com/S7g46jMPTl
— CoinDesk (@CoinDesk) June 11, 2026
En revanche, si le cours reste sous le prix d’exercice, le fonds conserve sa pleine exposition au Bitcoin ainsi que l’intégralité de la prime. C’est dans cet environnement que la stratégie de « covered call » s’avère la plus pertinente. Cette approche est structurellement identique à la stratégie « buy-write » que BlackRock applique déjà sur des produits actions comme BALI. BITA transpose cette logique à l’univers des ETF crypto à une échelle inédite.
Avec des frais de gestion de 0,65 %, BITA se positionne de manière très compétitive. À titre de comparaison, des produits similaires comme YBTC et BTCI affichent des frais respectifs de 0,95 % et 0,99 %. Cela place BlackRock comme l’option la plus économique si la bataille pour les actifs sous gestion (AUM) s’intensifie face à Goldman Sachs après le lancement.
Ce quatrième amendement déposé auprès de la SEC suggère des échanges réglementaires approfondis plutôt qu’un processus d’approbation linéaire. Chaque itération a permis d’affiner les informations sur les contreparties des options, la composition des actifs sous-jacents et les modalités de distribution des revenus. Cela démontre que la SEC examine minutieusement la structure avant d’autoriser sa commercialisation auprès du grand public.
