Les chances d’approbation d’un ETF XRP ont glissé à 66 % sur Polymarket, leur plus bas niveau depuis janvier. De quoi faire frissonner certains investisseurs. Pourtant, pour Eric Balchunas, analyste senior chez Bloomberg, cette baisse relève plus du réflexe émotionnel que d’une lecture sérieuse du dossier.
Une chute brutale qui secoue le marché
Ce matin, les parieurs de Polymarket ont vu la cote de l’ETF XRP passer sous les 70 %. Ce genre de chute rapide est souvent interprété comme un signe avant-coureur de mauvaises nouvelles. L’effet a été immédiat : réseaux sociaux en ébullition, forums qui s’enflamment.
Mais Polymarket n’est pas un baromètre officiel. C’est un marché de prédiction qui reflète un instantané d’opinion collective, souvent influencé par des rumeurs ou des coups de chaud. Bref, pas de quoi réécrire le scénario pour l’instant.
La réaction, en revanche, dit beaucoup sur la nervosité des investisseurs vis-à-vis des ETF crypto. XRP traîne encore l’ombre de ses démêlés judiciaires avec la SEC. Chaque mouvement de marché y prend une dimension démesurée, comme si la confiance restait toujours sur le fil.
Bloomberg reste confiant
À contre-courant de la fébrilité ambiante, Eric Balchunas maintient ses prévisions à 95 % de chances d’approbation. Un chiffre stable depuis plusieurs semaines. Selon lui, rien de concret ne justifie une révision à la baisse.
Interesting, trades reporting how Polymarket odds of XRP ETF approval went down to 62% after the votes were disclosed showing Crenshaw voting no, but a) she's gonna vote no on EVERYTHING and b) it's meaningless, she's outnumbered = we haven't changed our odds, still at 95%. https://t.co/TamMn8DHVh pic.twitter.com/Ip9G748HrU
— Eric Balchunas (@EricBalchunas) August 7, 2025
Il rappelle que l’examen d’un ETF suit un processus institutionnel précis, rythmé par un calendrier et des critères légaux. Les fluctuations d’une plateforme de paris n’y changent rien. Tant que la majorité des commissaires reste favorable, la probabilité d’un feu vert ne bouge pas.
En clair, les votes passés et la composition actuelle de la SEC offrent peu de surprises. Une seule voix discordante ne suffit pas à renverser la table.
Caroline Crenshaw, l’opposante constante du XRP et d’autres cryptos
La baisse sur Polymarket trouve son origine dans la révélation que Caroline Crenshaw, commissaire démocrate, a voté contre chacune des 13 propositions de crypto-ETF lors de la session du 29 juillet.
Pour ceux qui suivent le dossier, rien de neuf. Crenshaw a toujours affiché une méfiance marquée envers l’industrie, y compris lors des approbations d’ETF Bitcoin au comptant. Son approche : prudence maximale, si ce n’est défiance totale.
Sauf que, comme le rappelle Balchunas, elle est systématiquement mise en minorité. Avec Paul Atkins à la présidence, et Hester Peirce et Mark Uyeda souvent alignés sur des positions pro-crypto, l’équilibre des forces reste favorable aux approbations. Son « non » est donc prévisible et sans effet bloquant.
Contexte Ripple (XRP) et prochaines étapes
Ce n’est pas la première fois que Crenshaw croise le fer avec Ripple. Elle avait critiqué la volonté de la SEC de trouver un règlement avec l’entreprise, estimant que l’agence craignait un revers en appel. Le juge a rejeté ce règlement, Ripple a retiré son appel croisé, et la SEC n’a pas encore abandonné le sien.

Ces épisodes nourrissent l’incertitude, mais ne sont pas directement liés à l’examen de l’ETF. La décision finale reste un vote collégial, et non un prolongement de querelles passées.
Dans les prochaines semaines, l’attention se tournera vers le calendrier officiel de la SEC et la position de la majorité des commissaires. Sauf retournement imprévu, le scénario central reste celui d’une approbation.
La chute à 66 % sur Polymarket a de quoi faire parler, mais ressemble surtout à une secousse psychologique. Dans les faits, l’analyse institutionnelle pointe toujours vers une issue favorable.
