Saylor voit dans les droits de douane sur l’or un tremplin pour le Bitcoin

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Saylor voit une opportunité pour le bitcoin

Michael Saylor affirme que les nouveaux droits de douane américains sur les barres d’or vont accélérer l’adoption institutionnelle de Bitcoin. Invité vendredi sur Bloomberg, l’exécutif de Strategy a résumé son argument en disant qu’il n’y a pas de droits de douane dans le cyberespace. Selon lui, la friction logistique et réglementaire qui pèse sur l’or se transformera en avantage compétitif pour bitcoin, capable de se transférer en minutes, sans poids ni frontières.

Un choc sur l’or, une fenêtre pour le BTC

Cette semaine, les services américains des douanes ont décidé que les barres d’or de 1 kilo et de 100 onces doivent désormais être classées dans une catégorie tarifaire qui impose des droits de douane variables selon le pays d’origine.

Pour les flux venant de Suisse, premier pôle mondial de raffinage, cela équivaut de facto à un tarif de 39 %. Les opérateurs ont aussitôt réduit ou suspendu des expéditions vers les États-Unis.

Face à la confusion, la Maison-Blanche a fait savoir qu’elle publierait prochainement un décret pour clarifier des informations erronées. Après ce nouvel élément, les contrats à terme sur l’or, qui avaient fortement grimpé, ont reculé et effacé une partie de leurs gains récents.

Dans ces faits, Saylor tire une lecture simple. Pour lui, le bitcoin est « de l’or numérique » sans inertie matérielle. Pas d’avion, pas d’assurance transport, pas de douane ; un règlement pair-à-pair quasi instantané et vérifiable.

Dans le Bitcoin, le mouvement d’actifs est une mise à jour d’état sur un réseau. Mais, pendant que l’or requiert un chapelet d’intermédiaires, le BTC se contente d’une finalité de règlement et d’une garde adaptée au profil de risque : auto-garde, dépositaire qualifié, ou produits cotés. L’élasticité opérationnelle n’est pas la même.

Trésoreries d’entreprise : un mouvement qui s’épaissit

Saylor insiste aussi sur la dynamique corporate. Selon lui, les sociétés maintenant du bitcoin en trésorerie sont passées d’environ 60 à près de 160 en quelques mois. Cette tendance se diffuse au-delà des États-Unis, avec des cas visibles au Japon et en Europe.

Les décomptes varient selon les sources : listes publiques, agrégateurs spécialisés, périmètre privé/public. Mais le « cas d’usage » comme réserve de bilan ne relève plus de l’anecdote. Il s’industrialise, porté par une meilleure infrastructure de garde, de comptabilité, d’audit, et par un cadre réglementaire qui se précise, pays par pays.

Si des droits sur l’or rendaient l’exposition au métal plus coûteuse ou plus incertaine, une partie des comités d’allocation pourrait tester une bascule marginale vers le bitcoin pour lequel Saylor envisage de créer des banques. D’abord via des véhicules listés et des dépôts qualifiés, puis en détention directe. C’est précisément ce déplacement à la marge que Saylor anticipe.

Trois implications à surveiller

Bitcoin surveillance

Premièrement, des droits mal calibrés peuvent creuser l’écart entre le contrat américain (adossé aux formats 1 kg/100 oz) et le spot OTC londonien (plutôt 400 oz). Ils pourraient perturber la couverture industrielle et inciter à des contournements.

Deuxièmement, pour un corporate, toute friction de transport, d’assurance et de conformité se traduit en coût total de possession. Si l’or devient administrativement plus capricieux, Bitcoin gagne des points non pas parce qu’il est sans régulation, mais parce que ses coûts marginaux de transfert sont stables et prévisibles, quel que soit le pays.

Troisièmement, un décret peut tout aussi bien rassurer que reconfigurer le champ d’application des droits. Les investisseurs doivent intégrer ce facteur binaire. Une révision partielle des codes SH et statu quo, ou confirmation d’une tarification durable sur certaines barres.

Dans les deux cas, l’épisode aura rappelé aux comités d’investissement que diversifier la réserve de valeur au-delà du seul métal n’est plus une lubie technophile, mais un sujet de gouvernance financière.

Par lucie

Plongée dans l’univers du numérique depuis plus de dix ans, Lucie Moinet s’est rapidement passionnée pour les crypto-monnaies et les révolutions financières décentralisées. Attentive aux évolutions du Web3, elle aime décrypter les tendances et rendre accessibles des sujets souvent techniques. Souhaitant aider chacun à mieux comprendre les enjeux de la blockchain et à saisir les opportunités de cette nouvelle ère elle a décidé d'utiliser sa plume ou plutôt son clavier dans ce but.