Saisie record de 40 millions $ en crypto au Canada

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Saisie record de 40 millions $ en crypto au Canada

Les autorités canadiennes viennent d’effectuer une saisie record de 56 millions CAD (environ 40 millions $). La saisie intervient dans le cadre du démantèlement d’une plateforme d’échange qui opérait illicitement.

L’enquête initiée en 2024 visait la plateforme TradeOgre. Une plateforme soupçonnée de servir au blanchiment de fonds d’origine criminelle. C’est le premier démantèlement d’une telle plateforme dans l’histoire de la police canadienne, et aussi un nouveau record en saisie d’actifs numériques.

TradeOgre, la plateforme d’échange qui opérait dans l’informel

C’est sur impulsion d’Europol que la police canadienne a commencé son enquête sur TradeOgre. La plateforme qui opérait au Canada avait manqué de s’enregistrer auprès du Centre d’analyse des opérations et des déclarations financières du Canada (FINTRAC).

L’enregistrement en tant qu’entreprise de services monétaires aurait imposé à TradeOgre d’enregistrer ses clients. Un prérequis auquel la plateforme ne s’est jamais conformée. Ce manquement aux réglementations canadiennes a été mis en évidence grâce à l’enquête.

TradeOgre était une plateforme d’échange de niche. Elle proposait des paires de trading pour une variété d’altcoins plus ou moins populaires, ainsi que pour des actifs numériques portés sur la confidentialité. En somme, une plateforme qui avait transformé l’opacité et l’anonymat en fonds de commerce.

Dans le cadre de leur enquête, les autorités canadiennes ont été assistées par divers partenaires. Notamment, la saisie des 40 millions $ en cryptomonnaies a été rendue possible grâce à Arkham Intelligence.

Bien que le communiqué de presse des autorités canadiennes date d’hier, la suspension de TradeOgre et la saisie des fonds remontent à plusieurs mois. En effet, le compte X était inactif depuis mai et le site web était hors ligne depuis le 30 juillet. La situation faisait croire à une arnaque par les responsables du projet.

Notons toutefois que la police canadienne avait signé des transferts de Bitcoin sur la blockchain afin d’indiquer qu’elle avait pris possession des actifs numériques.

Une plaque tournante du blanchiment d’argent ?

La saisie d’actifs crypto pour un total de 40 millions $ laisse entrevoir le degré de fréquentation de la plateforme. Pour les autorités, la plupart des utilisateurs de TradeOgre étaient séduits par l’absence d’une procédure KYC formelle.

Ainsi, sans enregistrement des clients, la provenance de leurs fonds n’était pas non plus demandée. Ceci laisse supposer à la police canadienne que la plateforme était surtout utilisée pour le blanchiment de capitaux. Après tout, les comptes anonymes pullulaient sur la plateforme.

Plateforme d'échange anonyme

Les autorités indiquent que les données obtenues lors de la saisie de la plateforme seront méticuleusement analysées afin de faire la lumière sur le sujet. L’enquête est encore en cours.

On ignore encore quel sort sera réservé aux fonds saisis par les autorités. Spécifiquement les fonds d’utilisateurs légitimes qui peuvent justifier de la provenance de leurs capitaux.

Même si la restitution par les autorités est envisageable, ils devront sûrement attendre que l’enquête soit conclue. Autrement dit, ils pourraient être tenus d’attendre de nombreux mois ou années. Une raison de plus de se tourner vers les plateformes CEX et DEX en parfaite harmonie règlementaire.

Par Marc Rodrigue

Arpentant le web depuis la fin des années 90 Marc Rodrigue a su développer une curiosité pour les nouvelles technologies le rendant passionné notamment de ces nouvelles monnaies numériques. Son but est simple : permettre à tout le monde de s'informer et d'apprendre davantage sur l'univers des crypto-monnaies.