Le bitcoin est retombé sous les 113 000 dollars, un seuil qui a surpris même les traders aguerris. Entre incertitudes économiques, tensions politiques et signaux de panique sur les marchés dérivés, la crypto traverse l’une de ses corrections les plus scrutées de l’année. Faut-il y voir la fin du cycle ou le point de départ d’un nouveau rebond ?
Un plongeon accéléré par une série de chocs
La dégringolade s’est enclenchée après une liquidation massive de positions longues, représentant plus de 113 millions de dollars.
Beaucoup pariaient sur la poursuite de la hausse après le record historique de 124 176 dollars, atteint seulement quelques jours auparavant. Le retournement a pris de court ces traders surexposés, amplifiant la violence du mouvement.
À ce climat déjà tendu est venue s’ajouter une annonce lourde de conséquences : la SEC aurait ouvert une enquête visant Alt5 Sigma, partenaire récent de World Liberty Financial, un projet crypto où le nom de Donald Trump figure comme « co-fondateur émérite ». La perspective d’un scandale mêlant politique et finance n’a fait qu’ajouter une couche de méfiance.
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THE SEC IS CURRENTLY INVESTIGATING JON ISAAC, PRESIDENT OF TRUMP'S $1.5B WORLD LIBERTY VEHICLE – ALT5 SIGMA, FOR INFLATING EARNINGS AND SELLING SHARES INTO THE PUMP IN TRANSACTIONS INVOLVING ALT5 SIGMA: THE INFORMATION
— zoomer (@zoomerfied) August 19, 2025
En parallèle, Wall Street donnait lui aussi des signes de faiblesse. Le Nasdaq 100 reculait de 1,5 % après la publication d’une étude du MIT soulignant que 95 % des entreprises échouaient à tirer rapidement des bénéfices de leurs programmes d’intelligence artificielle. Pour les investisseurs, c’était un rappel brutal : la technologie ne se transforme pas toujours en profits immédiats.
Quand l’économie mondiale pèse sur la crypto
La chute du Bitcoin ne se joue pas seulement sur les écrans de trading : elle s’inscrit dans un contexte économique beaucoup plus large.
Washington vient d’alourdir de 50 % les droits de douane sur plus de 400 produits à base d’acier et d’aluminium. Résultat, les industriels redoutent des chaînes d’approvisionnement perturbées et une facture plus salée pour des secteurs entiers, de l’automobile aux produits chimiques.
Les marchés de matières premières réagissent déjà : UBS prévoit que l’or pourrait grimper à 3 700 dollars d’ici 2026, signe que la demande pour les valeurs refuges monte en puissance.
Derrière cette anticipation se cachent aussi des doutes plus larges : déficit budgétaire américain difficilement contrôlable et interrogations sur la capacité réelle de la Réserve fédérale à rester indépendante dans ses décisions.
Le Bitcoin n’échappe pas aux turbulences. Même s’il est présenté comme une échappatoire au système monétaire traditionnel, les investisseurs continuent de le considérer comme un actif à haut risque, prompt à vaciller au moindre coup de vent macroéconomique.
Quand la peur domine, les investisseurs cherchent avant tout à réduire leur exposition. C’est précisément ce qu’illustre l’indicateur du marché des options, le « skew delta », qui a bondi à 12 % — un signe clair de panique rarement observé mais révélateur de l’état d’esprit actuel.
La peur, carburant habituel des rebonds
Pourtant, l’histoire du bitcoin montre que ces phases de stress ne sont pas synonymes de fin de cycle. En avril dernier, un pic du même indicateur à 13 % avait précédé une envolée de plus de 40 % en l’espace de quelques semaines. Autrement dit, l’excès de pessimisme a parfois pour effet de créer les conditions d’un redémarrage encore plus brutal.
À ce stade, rien ne permet d’affirmer que le marché haussier est mort. Les grandes institutions continuent d’intégrer le bitcoin dans leurs portefeuilles. En plus, la recherche de diversification pousse toujours plus d’acteurs vers la crypto.
Le seuil des 100 000 dollars, clé dans l’imaginaire collectif, n’a pas été enfoncé. Tant que ce socle tient, un scénario de reprise reste crédible.
Il faut rappeler que le bitcoin vit au rythme des secousses. Ses cycles ont toujours alterné entre phases d’euphorie et corrections sévères. La volatilité n’est pas un accident. En effet, ce mécanisme a une fonction de purge : il élimine les excès du marché. Il apaise ensuite les ardeurs spéculatives et, dans certains cas, crée des opportunités d’entrée inattendues.


