La SEC vient d’émettre une clarification relative au “liquid staking”. Elle considère désormais que les jetons en liquid staking ne sont pas des titres. Cette zone d’ombre réglementaire était le denier grand obstacle à l’approbation du staking sur les ETF crypto spot.
L’industrie crypto se félicite déjà de ce pas en avant et les investisseurs entrevoient déjà les potentielles avancées pour les produits financiers crypto. Cependant, une ancienne de la SEC met en garde contre les risques de réhypothèque qui ont déjà ébranlé le système financier.
La SEC considère que le liquid staking ne relève pas de sa juridiction
La Division des finances d’entreprise de la SEC a émis son avis général relatif aux activités de staking liquide, le mardi 5 août 2025. La clarification intervient à un moment où la demande pour des ETF crypto avec staking liquide est particulièrement forte.
Under my leadership, the SEC is committed to providing clear guidance on the application of the federal securities laws to emerging technologies and financial activities. https://t.co/KdIA8RAbVq pic.twitter.com/inUB1asKay
— Paul Atkins (@SECPaulSAtkins) August 5, 2025
Pour comprendre la portée de cette clarification, il faut souligner le mécanisme de fonctionnement du staking liquide. Contrairement à d’autres formes de staking qui entraînent l’immobilisation des actifs crypto, le staking liquide propose une alternative.
En effet, le staking liquide prévoit l’émission de “reçus de staking” correspondants à la valeur de l’actif placé en staking. Autrement dit, la solution confère tous les avantages du staking traditionnel, tout en autorisant l’utilisation des reçus de staking comme garantie de la valeur des actifs.
Autrement dit, c’est une décomposition des actifs crypto. La dimension technique est consacrée au staking et continue de générer des récompenses. Tandis que la valeur de l’actif sous-jacent peut continuer d’être utilisée dans le système DeFi. C’est une façon de booster la liquidité au profit de la finance décentralisée.
Avec cet avis de clarification, la SEC ouvre les portes à l’émission d’ETF crypto avec staking liquide. Rappelons que des acteurs majeurs de l’industrie crypto avaient adressé un courrier exhortant la SEC à autoriser le staking liquide.
🚨JUST IN: The @SECGov Corp Finance Division has provided guidance regarding certain liquid staking activities.
It follows a letter last week from industry players including @jito_labs, @BitwiseInvest, @multicoincap, @vaneck_us and @SolanaInstitute urging the agency to permit… pic.twitter.com/AnTFvhwgDY
— Eleanor Terrett (@EleanorTerrett) August 5, 2025
Le beurre et l’argent du beurre, un risque de réhypothèque ?
Chaque fois qu’un actif est placé en staking liquide, un jeton synthétique est émis. Ce jeton peut être ensuite utilisé pour investir dans les marchés crypto ou pour divers autres usages. Une ancienne de la SEC souligne les dangers de la pratique pour l’industrie crypto.
The SEC's latest crypto giveaway is to bless the same type of rehypothecation that cratered Lehman Brothers – only in crypto it's worse because you can do it without any SEC or Fed oversight.
So what's going on? (thread) https://t.co/q0lop2IXWV
— Amanda Fischer (@amandalfischer) August 5, 2025
En effet, les jetons synthétiques peuvent à leur tour être placés en staking sous forme liquide. Ceci permet de générer de nouveaux jetons synthétiques issus de jetons synthétiques et ainsi de suite. Dans l’éventualité d’un hack, d’un bug ou d’une erreur catastrophique, les effets peuvent remonter la chaîne et compromettre la stabilité du système.
Pire encore, ces actifs peuvent faire l’objet de paris spéculatifs sur les marchés avec effet de levier. En somme, une configuration dans laquelle des paris sont ouverts sur des hypothèques rattachées à des produits financiers dérivés. Une situation qui rappelle les affres de la crise des “subprimes”.
La différence essentielle entre le marché crypto et le système bancaire traditionnel
Bien que les craintes et critiques du staking liquide soient légitimes, il y a une considération essentielle qui passe sous silence. Le système bancaire traditionnel est connu pour son opacité. Ce qui est tout le contraire de la blockchain et des produits financiers qui y sont développés.
Par ailleurs, la SEC a clarifié dans son avis que les activités de staking liquide auxquelles elle fait référence n’impliquent pas de vente de titres, mais plutôt des fonctions de garde d’actifs.
Ceci dit, en l’absence de supervision par la SEC, ce type de pratiques seraient entièrement encadrées par les émetteurs eux-mêmes. Une forme de centralisation qui s’écarte du leitmotiv de la blockchain. Rester prudent et demander des audits fréquents n’est pas une précaution superflue.
Sources : sec.gov, chain.link
