Le Michigan avance sur un projet de réserve crypto

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Le Michigan avance sur un projet de réserve crypto

Le Michigan accélère sur son projet de réserve stratégique de crypto. Le texte vient de franchir la deuxième lecture et retourne en commission. Autrement dit, l’option des actifs numériques entre pleinement dans le débat budgétaire de Lansing. Le pays veut définir un cadre et limiter l’exposition de l’État aux cryptos, sans improvisation.

Ce que prévoit réellement le texte sur la crypto

Le House Bill 4087 (HB 4087) a été présenté en février et poursuit désormais son parcours législatif. Il autoriserait le Michigan à investir, sous conditions, jusqu’à 10 % de certains fonds publics dans les cryptos. Il s’agit d’une avancée significative, car c’est la première fois que le projet franchit un cap depuis son introduction.

Les fonds concernés sont précisément identifiés. Il s’agit du general fund et du Countercyclical Budget and Economic Stabilization Fund, surnommé le « rainy-day fund ». Chacun pourrait accueillir une poche crypto, limitée à 10 %. L’idée est d’ouvrir une diversification prudente, sans transformer la trésorerie de l’État en pari spéculatif.

Notons que le texte ne cite pas explicitement le Bitcoin. Il parle de « cryptocurrency », définie comme une monnaie numérique reposant sur le chiffrement et indépendante d’une banque centrale. En pratique, le bitcoin reste le candidat évident, mais la formulation permet l’inclusion d’autres actifs, à condition de respecter les garde-fous fixés par la loi.

Le projet encadre trois modes de détention possibles. Il comprend une solution de garde sécurisée, un dépositaire qualifié (banque, société de fiducie, entité régulée par l’État), ou encore des produits négociés en bourse (ETP) émis par des sociétés d’investissement agréées. Par ces modes de détention, on veut limiter les risques opérationnels et confier la conservation des actifs à des structures solides.

Les conditions techniques de garde sont particulièrement strictes. Le gouvernement doit avoir le contrôle exclusif des clés privées, utiliser un chiffrement de bout en bout, interdire tout accès via smartphone, s’appuyer sur des centres de données sécurisés et diversifiés géographiquement, et mettre en place un système de signatures multipartites.

À cela s’ajoutent des audits de sécurité réguliers pour prévenir toute faille. Le texte ouvre aussi la porte au prêt de cryptomonnaies, à condition que cette pratique n’accroisse pas le risque financier global.

Un cadre Bitcoin, mais pas limité au Bitcoin

Le Michigan Bitcoin Trade Council a exprimé son opposition, jugeant dangereux que l’État puisse acheter des cryptos autres que le Bitcoin. Selon ses membres, les altcoins seraient trop centralisés et exposeraient les fonds publics à des risques inutiles.

Leur argument met en avant la robustesse perçue de Bitcoin face aux fragilités structurelles d’autres projets. D’un point de vue pratique, la loi laisse une marge de manœuvre au trésorier. Selon les circonstances, il pourrait privilégier la garde directe.

Aussi, il peut passer par un dépositaire ou opter pour des ETP listés sur des marchés régulés. Ces derniers offriraient une conformité immédiate et une liquidité encadrée, mais avec des frais et un risque de suivi par rapport au prix du sous-jacent.

La vraie question n’est donc pas seulement « quels cryptos » acheter, mais « comment » les gérer. Aussi quelle taille de position adopter, comment tester leur corrélation avec les recettes fiscales. Quelles procédures suivre en cas de débouclage forcé.

Par ailleurs, trois États ont déjà adopté des dispositifs similaires. Le New Hampshire, qui a limité l’exposition à 5 % avec des critères stricts, en fait partie. L’Arizona aussi a mis en place un fonds dédié et le Texas a déjà annoncé une première enveloppe de réserve crypto.

Tous avancent selon leur propre logique. Mais leur point commun est de donner au Bitcoin, et dans certains cas aux autres cryptos, une place dans leur gestion financière.

À l’inverse, plusieurs projets ont été rejetés, notamment au Montana, dans les Dakotas, au Wyoming et en Pennsylvanie. Dans 17 autres États, les textes restent en attente.

Par lucie

Plongée dans l’univers du numérique depuis plus de dix ans, Lucie Moinet s’est rapidement passionnée pour les crypto-monnaies et les révolutions financières décentralisées. Attentive aux évolutions du Web3, elle aime décrypter les tendances et rendre accessibles des sujets souvent techniques. Souhaitant aider chacun à mieux comprendre les enjeux de la blockchain et à saisir les opportunités de cette nouvelle ère elle a décidé d'utiliser sa plume ou plutôt son clavier dans ce but.