On en sait désormais plus sur le stablecoin ARC de l’Inde annoncé en début octobre. Elle a pour vocation d’épauler la monnaie numérique émise par la Banque centrale de l’Inde.
C’est un système à deux vitesses qui vise à protéger l’économie locale d’une fuite de capitaux vers les stablecoins en dollars USD. D’après les dernières informations, les autorités indiennes viseraient un déploiement de ce stablecoin dès début 2026.
Un stablecoin garanti par les réserves en roupies
ARC (Asset Reserve Certificate) ou Certificat de réserve d’actifs est un stablecoin dénominé en roupies indiennes. D’après les informations relayées par CoinDesk, les autorités indiennes pourraient déployer ce stablecoin dès le premier trimestre de 2026.
Le stablecoin indien ARC est entièrement garanti par la roupie indienne. Autrement dit, il ne peut être émis qu’à partir du moment où les émetteurs acquièrent des espèces ou des titres équivalents comme les dépôts ou les titres gouvernementaux. Dans ce cadre, seules des entreprises seront autorisées à émettre le jeton.
L’objectif est de garantir la transparence absolue et de s’assurer que le stablecoin conserve toujours son équivalence 1:1 vis-à-vis de la roupie.

Un instrument financier et un bouclier économique
Ce stablecoin a pour vocation d’empêcher l’exode de capitaux vers des stablecoins dénominés en USD. Ainsi, remplacera USDT et USDC que le secteur privé utilise presque exclusivement.
En l’adossant aux réserves d’actifs, les autorités indiennes espèrent créer un appétit pour les titres et les instruments financiers public en roupies.
Notons cependant que ce stablecoin épaulera également le déploiement de la monnaie numérique de la Banque centrale indienne. Il deviendra une couche d’intermédiation déployée par le secteur privé.
Un système à deux vitesses
La particularité d’ARC c’est qu’il ne servira pas de monnaie de règlement. En termes simples, la Banque centrale indienne conservera ce rôle par le biais de sa monnaie numérique. Un choix qui vise à préserver la souveraineté monétaire.
Ceci dit, ARC fonctionnera comme tout autre stablecoin. C’est-à-dire qu’en termes de solution de paiement programmable, il sera aussi fonctionnel que tout autre stablecoin moderne. Pour rappel, ARC est le fruit du partenariat entre Polygon et la fintech indienne Anq.
Afin de maintenir le contrôle centralisé, les autorités prévoient également d’imposer des restrictions à ARC. Les autorités auront la capacité d’imposer une liste blanche d’adresses pour les conversions en adoptant les hooks du protocole Uniswap V4. Une mesure de plus qui vise à garantir la conformité vis-à-vis des normes réglementaires.

Le casse-tête des stablecoins réglementés
Pour les pays émergents, l’avènement des stablecoins en dollars est une menace. Dans des pays où la bancarisation est relativement faible, ces stablecoins représentent une alternative très attractive pour les populations.
L’approche de l’Inde consiste à proposer un instrument financier natif pour réorienter les habitudes. Les autorités ont également indiqué qu’elles n’hésiteraient pas à taxer sévèrement pour dissuader l’utilisation d’autres moyens de paiement.
Sous d’autres cieux, les autorités optent pour une variété de stratégies qui pourraient leur redonner le contrôle sur la monnaie. À Hong Kong, le régime de stablecoins s’avère être aussi restrictif, sinon plus que celui que les autorités indiennes préparent. Une preuve de plus que les stablecoins sont devenus un enjeu économique majeur à travers le monde.
