La Réserve fédérale américaine ferme définitivement son programme de surveillance dédié aux « activités nouvelles ». En effet, elle avait créé cette équipe en 2023 pour examiner les liens entre banques et cryptomonnaies.
Après deux ans d’existence, cette équipe disparaît. Par conséquent, la banque centrale affirme avoir acquis l’expertise nécessaire. Elle peut désormais réintégrer ces questions dans son dispositif habituel de supervision. Cette décision marque donc la fin d’une parenthèse de vigilance renforcée à l’égard des actifs numériques.
Un programme créé après la crise bancaire de 2023
Michael Barr avait imaginé ce dispositif. Ce vice-président supervise les activités au sein du conseil de la Fed. Joe Biden l’avait nommé à ce poste. Sa mission consistait à examiner les activités émergentes susceptibles de fragiliser le système financier. Les cryptomonnaies figuraient au premier rang de ces préoccupations.
@federalreserve announces it will sunset its novel activities supervision program and return to monitoring banks’ novel activities through the normal supervisory process: https://t.co/GRhepriDhY
— Federal Reserve (@federalreserve) August 15, 2025
L’initiative avait démarré dans un climat de méfiance. En effet, trois banques américaines venaient de s’effondrer quelques mois auparavant : Silicon Valley Bank, Silvergate et Signature Bank. Toutes entretenaient des liens étroits avec les acteurs du secteur technologique et les clients crypto.
À l’époque, l’objectif était clair : bâtir rapidement une expertise spécialisée. Il fallait également observer de près les risques d’innovation financière. Aujourd’hui, la Fed estime que ce temps d’apprentissage est terminé.
« Nous avons renforcé notre compréhension de ces activités, des risques associés et des pratiques de gestion des banques », explique l’institution. Par conséquent, elle considère désormais que la crypto peut être traitée au même titre que d’autres activités bancaires.
Un assouplissement qui suit la tendance générale
Cette décision ne survient pas dans le vide. Depuis le début du second mandat de Donald Trump, les régulateurs bancaires américains relâchent progressivement la pression sur les cryptomonnaies. L’Office of the Comptroller of the Currency (OCC) et la Federal Deposit Insurance Corp (FDIC) avaient déjà annulé plusieurs directives restrictives.
Ces mesures provenaient de l’administration précédente. En avril dernier, la Fed elle-même avait supprimé une exigence particulière. Elle imposait aux banques d’obtenir une autorisation avant toute nouvelle activité liée aux actifs numériques.
Big win for putting an end to Operation Chokepoint 2.0.
The Fed announced it’s killing the targeted supervision of digital asset banking activities. There’s still more to do, but this is real progress toward a level playing field for crypto. https://t.co/1eQA4xlg0f
— Senator Cynthia Lummis (@SenLummis) August 15, 2025
Cet alignement marque un changement net de philosophie. En 2023, la prudence et la surveillance accrue constituaient la règle. Désormais, l’approche actuelle consiste à ramener la crypto dans le giron normal de la gestion des risques.
Autrement dit, les banques peuvent désormais décider elles-mêmes de leur exposition. Elles doivent cependant respecter les standards prudentiels habituels.
Une normalisation que l’industrie salue
De nombreux acteurs du secteur perçoivent cette évolution comme un soulagement. Ces dernières années, certaines entreprises crypto affirmaient être victimes d’une stratégie coordonnée. Cette stratégie visait à les couper des services bancaires.
L’écosystème et ses alliés républicains ont surnommé cette opération « Operation Chokepoint 2.0 ». La Fed a toujours défendu son indépendance. Néanmoins, elle se retrouve de fait alignée sur l’OCC et la FDIC dans ce mouvement d’assouplissement.
En pratique, cela ne signifie pas une absence de contrôle. En effet, la crypto reste une activité surveillée. Cependant, elle n’est plus placée dans une catégorie « à part ». Elle ne nécessite plus une cellule spécialisée.
La Fed envoie donc un message clair : les actifs numériques sont désormais considérés comme une composante normale du paysage bancaire. Ils ne constituent plus une menace systémique exceptionnelle.
