Euro numérique : les banques italiennes disent oui… mais pas à n’importe quel prix !

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L'Italie favorable à l'euro numérique mais sous condition

Les banques italiennes apportent leur soutien officiel au projet d’euro numérique porté par la Banque centrale européenne. Toutefois, elles tirent la sonnette d’alarme quant aux coûts élevés de sa mise en œuvre. Elles demandent notamment qu’ils soient répartis sur plusieurs années.

Un soutien « stratégique » des banques italiennes

Lors d’un séminaire de presse à Florence, Marco Elio Rottigni, directeur général de l’Association bancaire italienne, a confirmé la position de ses membres :

« Nous sommes favorables à l’euro numérique, car il incarne l’idée de souveraineté numérique européenne. »

Pour les banques italiennes, le projet représente une opportunité pour renforcer l’autonomie financière de l’Union européenne. Et ce, face aux géants privés des paiements comme Visa ou Mastercard. Mais aussi face aux monnaies numériques étrangères comme le yuan numérique de la Chine.

Le coût reste cependant un obstacle majeur

Si le principe est approuvé, la mise en place technique et réglementaire inquiète les institutions bancaires. Rottigni souligne :

« Les coûts du projet sont très élevés au regard des investissements déjà imposés au secteur. Ils doivent être étalés dans le temps. »

Ces commentaires interviennent alors que le projet de monnaie numérique de banque centrale se heurte à la résistance de certaines banques françaises et allemandes. Celles-ci craignent que l’introduction d’un portefeuille numérique de détail soutenu par la BCE ne draine les dépôts des établissements de crédit commerciaux.

Rottigni a déclaré que l’Europe devrait adopter une « double approche », combinant l’euro numérique de la BCE avec des monnaies numériques émises par des banques commerciales. « Ce que l’Europe ne doit surtout pas faire, c’est prendre du retard », a-t-il ajouté.

Un calendrier déjà fixé par la BCE

Un calendrier de l'euro numérique déjà fixé par la BCE

Malgré ces réserves, la BCE avance. Lors de sa réunion des 29 et 30 octobre à Florence, le Conseil des gouverneurs a validé le passage à la phase suivante du projet.

Une phase pilote devrait débuter en 2027, le déploiement complet étant provisoirement prévu pour 2029, sous réserve de l’adoption de la législation européenne en 2026.

Le député européen Fernando Navarrete, qui dirige l’examen de la proposition par le Parlement, a récemment présenté un projet de rapport préconisant une version allégée de l’euro numérique afin de protéger les systèmes de paiement privés tels que Wero, une initiative conjointe de 14 banques européennes, selon le rapport.

Des partenariats technologiques déjà en place

Pour préparer le terrain, la BCE a déjà signé des accords avec sept entreprises technologiques spécialisées dans des secteurs comme la lutte contre la fraude (Feedzai), la sécurité des paiements (Giesecke+Devrient), ou encore l’échange sécurisé de données et le développement logiciel de l’infrastructure CBDC.

Selon la BCE, les entreprises sélectionnées développeront également des fonctionnalités telles que la « recherche d’alias », permettant aux utilisateurs d’envoyer ou de recevoir des paiements sans connaître le prestataire de services de paiement du destinataire ni ses capacités de paiement hors ligne.

Les banques italiennes soutiennent donc pleinement l’euro numérique, qu’elles voient comme un pilier de la souveraineté européenne. Seulement voilà, le secteur bancaire ne peut absorber seul les coûts d’un tel chantier.

Une chose est sûre, d’ici 2029, l’Europe pourrait bien inaugurer sa propre monnaie digitale. À condition de réussir cet équilibre délicat entre innovation, stabilité financière et souveraineté.