Après un mois de juillet euphorique, les ETF Ethereum cotés aux États-Unis ont connu un sérieux revers. Le 4 août, les sorties nettes ont atteint 465,1 millions de dollars, un record depuis leur lancement. Le fonds ETHA de BlackRock concentre l’essentiel du mouvement, avec 375 M$ retirés, suivi par Fidelity (55,1 M$). Un décrochage soudain, alors que le mois précédent s’était soldé par plus de 5,4 milliards de dollars d’entrées nettes.
Un retournement express après des afflux records
Le contraste est saisissant. Encore début juillet, les ETF spot Ethereum engrangeaient des milliards : 2,2 Md$ la deuxième semaine, 1,9 Md$ la suivante, puis 154 M$ à peine quelques jours avant le retrait massif du 4 août. Ce jour-là, l’ensemble des produits cotés américains a connu sa pire journée de flux sortants depuis leur création.
Dans le détail, le fonds ETHA de BlackRock concentre à lui seul plus de 80 % des retraits, tandis que Fidelity (FETH), Grayscale (ETHE) et Bitwise Mini Trust affichent des sorties plus modestes.
Selon les données croisées de SoSoValue et Mitrade, la volatilité des flux semble suivre de près celle du cours de l’ETH, ce qui laisse penser à une réaction d’ajustement rapide, voire tactique de la part des investisseurs.
Prise de bénéfices ou frilosité passagère ?
Pas de panique à Wall Street, si l’on en croit les analystes. Pour Nick Ruck (LVRG Research), il s’agirait surtout d’une prise de profits logique après des entrées massives :
Ces sorties ne reflètent pas une défiance institutionnelle. Elles arrivent après une phase d’euphorie, c’est classique.
Même son de cloche chez Vincent Liu (Kronos Research), qui évoque une « rotation tactique » de portefeuille plutôt qu’un désengagement durable. L’idée : réduire son exposition à l’ETH dans un contexte jugé incertain, sans pour autant remettre en cause la thèse d’investissement de long terme.
Autre facteur avancé : les statistiques d’emploi américaines décevantes, publiées quelques jours avant. D’après Peter Chung (Presto Research), les flux sortants auraient suivi avec un léger délai, signe d’une montée de l’aversion au risque sur fond de brouillard macroéconomique.
Fait notable : malgré cette hémorragie, le cours de l’ETH a tenu bon. Il évoluait entre 3 669 et 3 700 dollars au moment des sorties, avec même un rebond de 4 % sur les 24 heures précédentes. De quoi relativiser l’impact de ces retraits massifs sur la dynamique fondamentale de l’actif.
Un marché qui reste structurellement porteur
Difficile donc d’y voir un retournement de tendance. Les données de Mitrade le confirment : sur l’ensemble du mois de juillet, les ETF Ethereum ont enregistré plus de 5,4 Md$ d’entrées nettes, avec une seule journée négative : celle du 4 août.
En toile de fond, le réseau Ethereum reste très actif : pic d’activité on-chain sur 15 mois, essor du staking, développement continu des applications DeFi. Autrement dit, les flux ETF, bien qu’importants, ne sont qu’un reflet partiel de l’intérêt institutionnel. L’essentiel se joue aussi, voire surtout sur la blockchain elle-même.
Le contexte macroéconomique, lui, reste à surveiller. Certains anticipent une posture plus accommodante de la Fed, ce qui pourrait favoriser un retour des flux vers les actifs risqués, crypto compris, dès septembre.
En clair, un coup d’arrêt net, mais pas une remise en cause. Le retrait de 465 M$ sur les ETF Ethereum semble s’inscrire dans une logique de prise de bénéfices à court terme, sur fond de volatilité macro. Reste que les fondamentaux d’Ethereum tiennent bon, tout comme l’intérêt des investisseurs institutionnels. À suivre de près, donc.

