Elon Musk vient de remettre une pièce dans le débat. Selon lui, on peut émettre du faux fiat, mais on ne peut pas falsifier l’énergie. Pour le patron de Tesla, Bitcoin, fondé sur la preuve de travail, s’impose face à la dépréciation monétaire qui accompagnera l’essor de l’IA.
L’énergie comme étalon
Musk plante le décor. Bitcoin est basé sur l’énergie, là où la monnaie fiduciaire repose sur la confiance et l’imprimante. Le cœur de son argument tient en une phrase. Impossible de contrefaire l’énergie, donc impossible de maquiller l’émission de bitcoin.
C’est une réponse directe à une analyse virale qui relie la flambée de l’or, de l’argent et du Bitcoin à une stratégie d’investissement fondée sur la dévalorisation du dollar, provoquée par le financement massif de la course mondiale à l’intelligence artificielle.
True.
That is why Bitcoin is based on energy: you can issue fake fiat currency, and every government in history has done so, but it is impossible to fake energy.
— Elon Musk (@elonmusk) October 14, 2025
Cette thèse n’est pas qu’un slogan. L’IA devient une compétition stratégique, avec des dépenses massives que les États américains et chinois financeront en partie. Si l’on suppose une trajectoire budgétaire expansive, l’argument en faveur d’actifs à offre prévisible, dont le bitcoin regagne en force. La nouveauté n’est pas le fond, mais l’alignement du timing. Musk ressort ce cadrage au moment où le marché réévalue l’énergie comme contrainte ultime.
Le signal est d’autant plus remarqué que Musk s’était fait discret sur Bitcoin depuis 2022. À l’époque, en plein marasme post-FTX, il prédisait un long hiver tout en affirmant que bitcoin s’en sortirait. L’intonation change : du mode prudence, il bascule sur un rappel de fondamentaux énergétiques.
BTC will make it, but might be a long winter
— Elon Musk (@elonmusk) November 14, 2022
Tesla, l’empreinte carbone et le seuil des 50 % pour le mining Bitcoin
On ne peut pas isoler ce message de l’historique Tesla. En mai 2021, le constructeur a suspendu les paiements en bitcoin, invoquant la part trop élevée des énergies fossiles dans le minage. Cette volte-face avait entraîné une chute rapide du prix, illustrant le poids d’un acteur corporate sur un actif encore jeune.
Un mois plus tard, Musk posait une condition simple et mesurable de rétablir les paiements lorsque le réseau atteindrait « ~50 % d’énergie propre » avec une tendance haussière crédible. Ce seuil a servi de balise à l’écosystème, accélérant le pivot vers des mix énergétiques plus propres et une meilleure transparence des sources.
This is inaccurate. Tesla only sold ~10% of holdings to confirm BTC could be liquidated easily without moving market.
When there’s confirmation of reasonable (~50%) clean energy usage by miners with positive future trend, Tesla will resume allowing Bitcoin transactions.
— Elon Musk (@elonmusk) June 13, 2021
Qu’en est-il aujourd’hui ? Les travaux de Daniel Batten, popularisés sur WooCharts estiment la part d’énergie durable du minage au-delà de 55 %, avec une progression régulière depuis 2021. Autrement dit, la condition-cadre formulée par Musk est, sur le papier, dépassée, même si le débat méthodologique reste ouvert.
Pourquoi le timing compte
Le lien avec l’IA n’est pas un artifice rhétorique. Former des modèles de pointe exige de l’énergie, des puces, des data centers et des chaînes d’approvisionnement robustes. Si l’on anticipe des dépenses publiques accrues pour soutenir ces infrastructures, la tentation de monétiser la dette augmente. Dans ce scénario, le coût du capital monte, la confiance dans le pouvoir d’achat du fiat s’effrite et les actifs à émission algorithmique gagnent un avantage narratif immédiat.
The money is not the problem: AI is the new global arms race, and capex will eventually be funded by governments (US and China). If you want to know why gold/silver/bitcoin is soaring, it's the "debasement" to fund the AI arms race.
But you can't print energy https://t.co/qwdD8QbVON
— zerohedge (@zerohedge) October 14, 2025
Bitcoin, avec son calendrier d’émission fixé et sa sécurité ancrée dans la dépense énergétique, se présente comme un actif dont la création ne dépend pas d’un comité. Là est l’originalité du signal envoyé par Musk. Il ne parle pas de prix ni de hype, mais de physique et de contraintes. Pour les institutionnels, c’est un langage familier : CAPEX, OPEX, gigawatts, pas seulement « tokens ».
The money is not the problem: AI is the new global arms race, and capex will eventually be funded by governments (US and China). If you want to know why gold/silver/bitcoin is soaring, it's the "debasement" to fund the AI arms race.
But you can't print energy https://t.co/qwdD8QbVON
— zerohedge (@zerohedge) October 14, 2025
Toutefois, l’énergie de Bitcoin est-elle socialement légitime ? Une partie grandissante provient de sources à bas coût ou contraintes (hydro excédentaire, gaz torché), mais la perception publique évolue plus lentement que les graphiques. C’est précisément là que des figures comme Musk influent.

