Avec l’introduction du nouveau cadre de conformité de la DFSA, fondé sur la responsabilité des entreprises et des règles AML renforcées, les acteurs agréés pourraient rencontrer davantage de difficultés à défendre l’intégration ou le maintien de cryptomonnaies orientées vers la confidentialité.
Une difficulté pour les cryptos soutenant la protection de la vie privée
La DFSA a profondément revu sa réglementation sur les crypto-tokens en confiant aux entreprises agréées du DIFC la responsabilité d’évaluer la conformité et l’adéquation des actifs numériques qu’elles proposent ou utilisent, un rôle auparavant assumé par le régulateur lui-même.
Désormais, chaque acteur financier impliqué dans les crypto-tokens devra juger si ces actifs répondent aux exigences fixées par la DFSA, laquelle cesse parallèlement de publier une liste officielle de tokens approuvés. Cette évolution réglementaire, effective depuis lundi, marque un changement structurel important.
🚨BREAKING: Dubai’s financial regulator has banned privacy tokens across the Dubai International Financial Centre, citing AML and sanctions risks. The updated rules also bar mixers like Tornado Cash. pic.twitter.com/VOUJ5w4bmn
— SolanaFloor (@SolanaFloor) January 12, 2026
Issue d’une consultation publique entamée à l’automne 2025, cette réforme s’inscrit dans la continuité de l’adaptation du cadre crypto mis en place en 2022. La DFSA explique avoir ajusté son approche en tenant compte des mutations du marché et des échanges avec les professionnels du secteur, tout en restant en phase avec les normes internationales.
Pour Charlotte Robins, cette refonte illustre clairement l’orientation stratégique du régulateur vers un cadre plus flexible, basé sur des principes plutôt que sur des règles figées, et conçu pour accompagner l’innovation tout en réagissant rapidement aux dynamiques du marché.
La réforme de Dubaï
La révision du cadre réglementaire de la DFSA ne prévoit aucune interdiction directe et clairement formulée à l’encontre d’un type précis d’actifs numériques. En revanche, elle modifie en profondeur la répartition des responsabilités en confiant aux sociétés agréées du DIFC l’analyse de la conformité et de l’adéquation des tokens qu’elles utilisent ou proposent.
Dans ce contexte, les cryptomonnaies orientées vers la protection de la vie privée, comme Monero ou Zcash, pourraient se soumettre à une vigilance accrue. Jugées potentiellement plus risquées par les services de conformité internes, elles pourraient faire l’objet de contrôles renforcés, voire être écartées par certaines plateformes ou institutions.
Cette réforme souligne par ailleurs une différence réglementaire majeure : la DFSA n’exerce son autorité que sur le DIFC, une zone financière régie par la common law, distincte du cadre réglementaire local de Dubaï. Les autres zones de l’émirat et des Émirats arabes unis dépendent d’organismes de régulation crypto distincts, chacun appliquant ses propres règles.
Une approche stricte pour Dubaï
Le choix de la DFSA de s’appuyer sur un cadre réglementaire souple et basé sur des principes tranche nettement avec la ligne adoptée par d’autres autorités à Dubaï. Là où la DFSA privilégie l’évaluation au cas par cas, la VARA a opté pour une interdiction claire et directe des cryptomonnaies favorisant l’anonymat.
Depuis 2023, la VARA proscrit non seulement l’émission de ces actifs, mais aussi l’ensemble des activités qui leur sont liées sur la majorité du territoire de Dubaï, à l’exception du DIFC. Cette divergence illustre la complexité du paysage réglementaire local.
À l’échelle nationale, les Émirats arabes unis appliquent une régulation crypto morcelée. Abu Dhabi, via l’ADGM, mise sur une gestion des risques sans bannissement explicite, tandis que le cadre fédéral se concentre principalement sur le respect strict des exigences AML et de lutte contre le financement du terrorisme.
Ainsi, les cryptomonnaies axées sur la confidentialité ne sont pas interdites de manière homogène dans l’ensemble du pays, mais soumises à des règles très différentes selon la zone réglementaire concernée.
