La SEC et la CFTC ont choisi la voie de travailler ensemble sans se marier. Leur message, martelé lors d’un rare tour de table commun à Washington, vise à couper court au « FUD » qui pollue le débat crypto.
Collaboration, pas fusion
Il n’y aura pas de fusion SEC-CFTC. Les deux agences ont réaffirmé une ligne de « collaboration, pas consolidation » au cours d’une table ronde consacré à l’harmonisation réglementaire qui a réuni régulateurs et acteurs crypto. La tonalité tranche avec les spéculations persistantes des dernières semaines.
Le rendez-vous s’est tenu lundi 29 septembre 2025, avec une intervention d’ouverture de Caroline Pham, présidente par intérim de la CFTC, qui a cadré l’enjeu. L’objectif ? Clarifier qui fait quoi, sans bouleverser l’architecture institutionnelle. Le calendrier, lui, compte. Les chantiers marchés au comptant et produits dérivés s’entrecroisent avec des attentes fortes du côté des entreprises crypto.
Des dirigeants d’exchanges comme Kraken et Crypto.com ont participé aux panels, reflet d’une volonté d’ancrer le dialogue dans le concret. Ils veulent mettre en avant la conformité opérationnelle, la surveillance du marché crypto, et lisibilité des règles au listing. L’objectif consiste à favoriser moins d’ambiguïté pour les émetteurs, plus de cohérence pour les investisseurs.
Crypto : des chiffres pour éteindre le FUD
Caroline Pham a déroulé des données précises pour démonter l’idée d’une CFTC à l’arrêt. Entre sa prise de fonctions, le 20 janvier, et le 3 septembre, l’agence a pris 18 décisions hors contentieux et engagé 13 actions d’exécution, dont plusieurs impliquant des actifs numériques. Depuis le 4 septembre, 14 autres actions ont suivi.
Dans un marché prompt à extrapoler, des métriques publiques valent mieux qu’une promesse d’intention. Elles signalent que la surveillance continue, même avec un organigramme bousculé. En effet, les cas crypto restent traités dans le flux, sans passe-droit ni pause politique.
La SEC, désormais présidée par Paul Atkins, pousse la même idée de coordination pragmatique. Le discours officiel privilégie l’alignement inter-agences et un recentrage des priorités, sans sur-réglementer l’innovation financière. Ce pivot de méthode pèse sur la perception du risque réglementaire côté émetteurs.
Un vide de gouvernance complique l’agenda
La CFTC traverse une séquence délicate. Pham siège comme unique commissaire en exercice, le processus de confirmation du président désigné Brian Quintenz ayant pris du retard, sur fond de tensions politiques et d’interférences alléguées. Les dossiers s’en trouvent mécaniquement ralentis.
L’affaire a pris une tournure inhabituelle lorsque Quintenz a publié des échanges de messages avec les frères Winklevoss, laissant entendre des pressions autour de sa nomination. Le feuilleton éclaire la fragilité du régulateur dans un moment charnière pour les marchés crypto et les plateformes de paris prédictifs.
En arrière-plan, la menace d’un shutdown fédéral complique encore l’équation. Un arrêt des travaux du Congrès retarderait la future loi de structure de marché censée clarifier juridiquement le partage SEC-CFTC sur les actifs numériques. La fenêtre politique se rétrécit, et l’industrie doit composer avec cette incertitude.


