Le ministre des Finances Katsunobu Kato a salué le rôle que peuvent jouer les crypto-monnaies dans la diversification des portefeuilles d’investissement. Il a aussi réaffirmé l’intention du gouvernement de soutenir un environnement favorable au développement du secteur. L’annonce a été faite lors de la conférence WebX 2025 à Tokyo.
La crypto : Une ouverture politique inédite
Dès l’ouverture de la conférence, Kato a abordé le sujet des crypto-actifs. Il a reconnu que leur volatilité restait un défi, mais qu’ils pouvaient offrir des opportunités intéressantes en matière de diversification. Une première à ce niveau de responsabilité au Japon.
Pour aller dans ce sens, le ministre a insisté sur la nécessité d’un cadre réglementaire clair et stable. Il a évoqué la sécurité des utilisateurs comme priorité, aux côtés d’un environnement commercial propice à l’innovation.
Le signal est aussi adressé aux entreprises du secteur. Il confirme l’évolution progressive de la ligne gouvernementale, dans un pays où l’intérêt pour les technologies Web3 ne cesse de croître.
Cette déclaration intervient alors que la Financial Services Agency (FSA) pousse pour un changement de régime fiscal. Aujourd’hui, les plus-values issues des cryptos sont imposées comme revenus divers, avec un taux progressif pouvant aller jusqu’à 56 %.
La FSA propose un taux fixe de 20,315 %, aligné sur celui des actions. L’objectif est d’encourager les investissements, notamment de la part des particuliers. Pour ce fait, il leur fallait supprimer un frein fiscal devenu difficile à justifier.
Le gouvernement examine la proposition, qui s’inscrit dans un plan plus large de soutien au secteur. Plusieurs acteurs de l’écosystème y sont favorables. Ils estiment qu’un cadre fiscal plus compétitif renforcerait la position du Japon face à ses voisins, notamment Singapour et Hong Kong.
Des entreprises déjà à l’action
Sur le terrain, certaines entreprises n’ont pas attendu les réformes. Metaplanet, qui conserve une partie de sa trésorerie en bitcoin, a été récemment promue au rang d’entreprise de moyenne capitalisation dans l’indice FTSE Japan. Elle a d’ailleurs renforcé sa réserve en Bitcoin. À l’heure actuelle, ses avoirs pèsent environs 2 milliards de dollars.
C’est une première qui montre que les actifs numériques commencent à trouver leur place dans la finance traditionnelle.
Le groupe SBI, acteur majeur de la finance locale, multiplie pour sa part les partenariats. Il travaille avec Chainlink sur l’intégration de données décentralisées pour les institutions. D’ailleurs, il a déjà signé des accords avec Circle, Ripple et Startale Labs.
L’ambition est claire : structurer une offre crypto destinée aux marchés asiatiques. Aussi, la FSA prépare les autorisations pour émettre des stablecoins adossés au yen, attendues à l’automne. Ces monnaies numériques seraient émises sous strict contrôle, par des entreprises locales.
L’idée est de poser un cadre légal solide, mais aussi de soutenir la place du yen dans les échanges numériques. Les modalités précises sont encore en cours de discussion, notamment sur les réserves et les obligations de transparence.
Plusieurs acteurs, banques comme fintechs, se disent déjà prêts à participer. Il s’agirait d’offrir une alternative locale aux stablecoins étrangers, aujourd’hui omniprésents.

