Un nouveau bras de fer secoue l’industrie crypto américaine. La Maison-Blanche envisagerait de retirer son soutien au Digital Asset Market Clarity Act (CLARITY Act), un projet de loi clé visant à encadrer les marchés des actifs numériques, après que Coinbase ait annoncé son retrait du processus.
Coinbase alerte sur les risques pour la DeFi et les stablecoins
La Maison-Blanche aurait été prise de court par la décision de Coinbase, qualifiée de « manœuvre unilatérale ». Le revirement de la plateforme serait intervenu sans avertissement préalable, provoquant une vive colère au sein de l’administration. En interne, certains responsables parleraient même d’un véritable rug pull contre la Maison-Blanche et l’ensemble du secteur crypto.
Toujours selon ces informations, l’administration pourrait abandonner purement et simplement le texte si Coinbase ne revient pas à la table des négociations et n’accepte pas un compromis, notamment sur les dispositions liées aux rendements des stablecoins, un point particulièrement sensible pour le secteur bancaire.
https://twitter.com/brian_armstrong/status/2012612712044573151
Mercredi, le PDG de Coinbase, Brian Armstrong, a publiquement justifié le retrait du soutien de son entreprise. Selon lui, la version actuelle du texte, examinée par la commission bancaire du Sénat, ferait plus de mal que de bien à l’écosystème crypto.
Armstrong pointe plusieurs dangers majeurs :
- une interdiction de fait des actions tokenisées,
- des restrictions étendues sur la finance décentralisée (DeFi),
- et un élargissement de l’accès gouvernemental aux données financières, susceptible de porter atteinte à la vie privée des utilisateurs.
Il critique également un rééquilibrage des pouvoirs réglementaires en faveur de la Securities and Exchange Commission (SEC), au détriment de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC). Une orientation vivement contestée par l’industrie, qui reproche à la SEC son approche jugée excessivement répressive ces dernières années.
Le dossier explosif des stablecoins
Le sujet le plus clivant reste toutefois celui des stablecoins. Brian Armstrong estime que le projet de loi menace directement les récompenses offertes sur les stablecoins, un mécanisme clé de leur adoption. Selon lui, le texte viserait avant tout à protéger les banques traditionnelles face à une concurrence jugée trop attractive.
Les groupes bancaires affirment en effet que des rendements autour de 5 % sur les stablecoins pourraient provoquer des sorties massives de dépôts depuis les comptes d’épargne classiques, fragilisant le système bancaire.
La communauté crypto reste partagée. De nombreux acteurs soutiennent Coinbase, accusant les législateurs et les banques de défendre les acteurs historiques au détriment de l’innovation.
D’autres estiment au contraire que Coinbase va trop loin et ne devrait pas disposer d’un droit de veto sur une législation aux conséquences systémiques.
Ce conflit illustre les tensions croissantes entre pouvoir politique, institutions financières et acteurs crypto, alors que les États-Unis tentent encore de définir un cadre réglementaire stable pour l’industrie.
