Cardano surpassera Bitcoin : le pari audacieux de Hoskinson

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Pourquoi Nous Faire Confiance
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Charles Hoskinson, le fondateur de Cardano, a fait un retour remarqué sur le devant de la scène le 15 juin. Dans une vidéo d’une heure intitulée Why Cardano Is the Only Ecosystem That Can Run the World, il a formulé sa prédiction la plus ambitieuse à ce jour : Cardano finira par surpasser Bitcoin.

Cette déclaration intervient dans un contexte de prix qui ne laisse que peu de place à l’optimisme. L’ADA s’échange aux alentours de 0,16 $, soit une baisse d’environ 93 % par rapport à son sommet historique de 3,09 $ atteint en septembre 2021. La cryptomonnaie se situe actuellement à son plus bas niveau en six ans, sans support technique établi avant le seuil des 0,10 $. En comparaison, le Bitcoin progressait de 1,05 % le même jour, tandis que l’Ethereum gagnait 3,32 %.

Le retour de Hoskinson fait suite à une brève pause publique qui avait secoué le marché. Le 3 juin, il avait publié sur X : « Je prends une pause. À plus tard », un message qui avait déclenché une vente massive supplémentaire de ~10 % de l’ADA. L’écosystème absorbait alors la fermeture de TapTools et l’annulation du Sommet Cardano 2026 à Singapour, après l’échec d’un vote de gouvernance qui n’a pas atteint la supermajorité des deux tiers requise.

Sa thèse, développée tout au long de sa vidéo, repose sur le concept de « réflexivité vérifiable ». Il s’agit de la capacité pour toute transaction sur la blockchain de porter sa propre preuve d’exactitude sans dépendre de tiers de confiance. Hoskinson cible ainsi un marché adressable annuel de 120 à 160 milliards de dollars, rien que dans l’infrastructure de confiance financière occidentale.

Le marché doit désormais trancher une question ouverte : la thèse de Hoskinson représente-t-elle un argument de cycle long que les investisseurs n’ont pas encore intégré, ou s’agit-il d’un fondateur transformant une perte de pertinence en un récit d’inéluctabilité ?

Cardano : La thèse de Hoskinson, la réflexivité vérifiable et le marché de 300 milliards de dollars

Le contexte apporte un éclairage essentiel à l’argumentation brute présentée par Hoskinson le 15 juin. La réflexivité vérifiable, telle qu’il la définit, n’est pas une simple abstraction marketing. C’est une propriété architecturale spécifique où chaque transaction contient une preuve cryptographique de sa propre validité, éliminant le besoin d’intermédiaires pour valider ou réconcilier les états financiers.

Concrètement, Hoskinson soutient que cela rend Cardano unique pour remplacer les infrastructures d’audit, de réconciliation post-marché, de conservation, de conformité et de financement du commerce. Ces services coûtent actuellement au système financier occidental entre 120 et 160 milliards de dollars par an.

En étendant ce marché adressable à l’ensemble des transactions commerciales mondiales, il affirme que le total pourrait atteindre des milliers de milliards de dollars, le chiffre de 300 milliards de dollars annuels ne représentant qu’une estimation prudente à court terme.

L’attaque de Hoskinson contre Bitcoin est directe : la blockchain Bitcoin gère les paiements et uniquement les paiements, sans pouvoir intégrer de contrats intelligents ou de preuves à divulgation nulle de connaissance (ZKP) à grande échelle. Son argument contre Ethereum est structurel : le modèle comptable d’Ethereum manquerait des propriétés nécessaires à un déterminisme global, ce qui signifie que des transactions validées isolément ne pourraient être garanties cohérentes une fois composées à l’échelle du réseau complet.

La réponse de Cardano à ces limites repose sur le protocole de consensus Ouroboros. Selon lui, ce dernier assure simultanément le débit, la sécurité et la décentralisation, tout en devenant plus décentralisé à mesure qu’il monte en charge — une propriété qu’aucun concurrent n’aurait répliquée. Sa citation directe est sans équivoque : « Il n’existe actuellement aucune cryptomonnaie possédant ces propriétés. C’est un fait. »

Le timing de ce retour est stratégique. Hoskinson avait justifié son départ du 3 juin par des abus en ligne incessants et des désaccords internes sur la direction du projet. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une démission, il affichait une lassitude visible face à un écosystème qu’il qualifiait de « vague d’échecs » quelques semaines plus tôt, évoquant notamment l’effondrement d’applications décentralisées (dApps) comme TapTools et les tensions chez JPG Store.

Revenir en moins d’une semaine avec son argumentaire le plus percutant marque un changement de posture délibéré. Le fondateur assiégé gérant une crise narrative laisse place à l’architecte d’une thèse de long terme, plaidant pour un horizon d’investissement décennal. Reste à savoir si le marché interprétera ce revirement comme une conviction profonde ou une correction excessive face à l’action des prix.

Par Nathan Belcourt

Nathan Belcourt est un passionné de cryptomonnaies et de technologies blockchain depuis plusieurs années. Titulaire d’un Master en Finance, il a débuté sa carrière en tant qu’analyste financier avant de se spécialiser dans les actifs numériques. À travers ses articles, il décrypte les tendances du marché, analyse les projets émergents et partage des stratégies d’investissement adaptées aux débutants comme aux experts. Son objectif ? Offrir un contenu clair, documenté et pertinent pour aider chacun à mieux comprendre et tirer parti de l’univers des cryptos. De la DeFi aux NFT, Nathan apporte un regard expert et accessible.