Le marché crypto s’est enfoncé. Bitcoin est repassé sous les 100 000 $. Pourtant, trois signaux macro et on-chain dessinent déjà un possible plancher. Leur lecture rapide aide à éviter les faux rebonds et à repérer un retour de flux.
Liquidité de la Fed
La Réserve fédérale a annoncé la fin de la réduction de bilan dès le 1er décembre, autour d’un niveau de 6,6 billions $. Elle va réinvestir les titres arrivant à maturité. C’est un pivot technique, pas encore du QE, mais c’est déjà moins de pression sur la liquidité. Pour les actifs risqués, crypto comprise, le souffle est immédiat quand le robinet cesse de se refermer.
🚨 BREAKING
The FED printed $3.4 billion today, bringing the total to $41.5 billion printed in the last few days.
This is the biggest money printing event of the last 5 years.
The crypto market is about to go parabolic. pic.twitter.com/qbSzexJrCn
— Alex Mason 👁△ (@AlexMasonCrypto) November 5, 2025
Signe complémentaire, l’utilisation du Standing Repo Facility a bondi fin octobre. La Fed a injecté 29,4 milliards $ en une séance, un niveau record depuis la mise en place de l’outil. Cela ne change pas la tendance à lui seul, mais cela amortit les tensions de financement quand les réserves bancaires se rapprochent de 2,8 billions $. Moins de stress interbancaire, plus de marge pour les marchés.
Ce couple “fin de QT + SRF actif” n’implique pas une reprise en ligne droite. Le message, en revanche, est clair : le durcissement quantitatif fait une pause. Historiquement, les cryptos respirent quand le bilan de la Fed cesse de se contracter, même si la volatilité reste élevée. Le timing des flux ETF fera le reste.
Détente commerciale Chine–USA
Pékin prolonge la suspension du tarif additionnel de 24 % sur une série d’importations américaines pendant un an, tout en maintenant un prélèvement de 10 % sur d’autres lignes. Le geste ne règle pas tout, mais il enlève un facteur d’incertitude globale. Et les marchés d’actifs risqués aiment l’absence de mauvaises surprises.
Concrètement, des droits plus prévisibles fluidifient les chaînes d’approvisionnement et stabilisent les anticipations de prix. Cela peut réduire la prime de risque exigée par les investisseurs. Même indirectement, cette détente soutient les appétits pour le risque et, par ricochet, la profondeur sur Bitcoin et les grandes capitalisations crypto.
Le lien n’est pas mécanique. Mais dans un marché en quête de catalyseurs positifs, toute décrue des tensions commerciales nourrit l’idée d’un plancher macro. C’est d’autant plus vrai quand la baisse des cryptos s’est accompagnée d’un recul coordonné des autres actifs risqués.
Les baleines crypto bougent, les bourses absorbent
La cassure sous 100 000 $ a déclenché des afflux vers les exchanges. Des milliards de dollars de bitcoin ont transité ces derniers jours, illustrant à la fois des prises de profits et des achats opportunistes. La photographie n’est pas binaire. Ce mélange d’offre et de demande contribue à stabiliser la zone psychologique à six chiffres, sans garantir un rebond vertical.
Des analyses on-chain montrent aussi une forte “revival” d’offre dormante en 2025. Des stocks anciens reviennent sur le marché, parfois pour arbitrer entre dérivés et spot. Ce mouvement n’est pas nécessairement baissier si la contrepartie en face est institutionnelle et patiente. La clé devient la profondeur de carnet et la liquidité dérivée sur options.
Côté structure de marché, plusieurs traders jugent 2025 plus sain que 2022. Mais ils préviennent. La vraie reprise exige des flux frais des ETF et produits listés. Autrement dit, le facteur “liquidité systémique” domine le storytelling du halving. Suivre les entrées nettes et la courbe des bases sur futures devient plus instructif que de répéter un cycle quadriennal affaibli.
Le bain de sang est factuel. Bitcoin a enfoncé 100 000 $ pour la première fois depuis juin, effaçant plus de 20 % depuis le pic du 6 octobre et près de 1 000 milliards $ de capitalisation crypto. Dans ce cas, trois indicateurs prennent le dessus : la mécanique de bilan de la Fed, la détente commerciale sino-américaine, et les flux on-chain vers les exchanges. Leur trajectoire, plus que les récits, dictera la vitesse d’un éventuel redressement.



