Un nouvel acteur d’Asie ravive la FOMO sur Bitcoin. Next Technology Holding, présentée comme la plus grande société chinoise détenant du bitcoin en trésorerie, vient d’ouvrir la porte à une levée d’actions pouvant atteindre 500 millions de dollars pour renforcer son stock de BTC. Le message est limpide. Convertir du capital-actions en réserve Bitcoin. Le timing compte. Et la Bourse a immédiatement réagi.
Une levée jusqu’à 500 M$ pour acheter du Bitcoin
Next Technology Holding a déposé auprès du régulateur américain un prospectus lui permettant de vendre jusqu’à 500 millions de dollars d’actions ordinaires, avec une utilisation explicitement possible pour l’acquisition de bitcoin. L’information ne laisse guère de doute sur l’intention qui consiste à financer un nouvel achat massif de BTC via une émission dilutive mais rapide à exécuter.
À ce stade, la société détient déjà 5 833 BTC, soit environ 672 millions de dollars au cours actuel, avec un prix d’acquisition moyen proche de 31 386 $ par bitcoin. Ce niveau la place au 15ᵉ rang mondial des trésoreries d’entreprises exposées à bitcoin, devant des noms désormais familiers des investisseurs crypto. Le pari initial a été pris fin 2023, puis renforcé fin mars.
Même en n’allouant que la moitié des 500 millions au bitcoin, Next Technology pourrait ajouter autour de 2 170 BTC à son bilan au prix du jour. La barre symbolique des 8 000 BTC deviendrait alors accessible, renforçant son statut au sein du club des sociétés cotées qui conservent du bitcoin.
Bitcoin au cœur d’une stratégie de trésorerie et d’un cycle d’adoption
Cette tactique n’est pas isolée. 2025 a vu se multiplier les modèles de financement (émissions d’actions, billets convertibles, actions préférentielles perpétuelles) pour acheter du bitcoin et l’inscrire en réserve de long terme. Les entreprises cotées totalisent désormais plus d’un million de BTC, soit plus de 5 % de l’offre en circulation : une bascule qui change la profondeur de marché et la sensibilité du prix aux flux d’achat.
Le chef de file reste MicroStrategy, rebaptisée Strategy, qui revendique près de 639 000 BTC après un nouvel achat annoncé mi-septembre. Cette concentration inédite illustre une logique de « balance sheet as a service » : émettre des titres quand la demande est là, transformer le produit en bitcoin, répéter tant que les marchés le permettent.
Dans ce contexte, l’initiative de Next Technology s’inscrit comme une pièce de plus dans un puzzle d’adoption corporate désormais mondial. Le signal envoyé aux investisseurs est double. D’une part, la société accepte une dilution pour accroître un actif jugé stratégique, d’autre part, elle se réserve une latitude tactique, en précisant qu’elle surveillera les conditions de marché plutôt que de viser un seuil fixe de bitcoin.
Réaction boursière, mécanique financière et fenêtre de tir
La Bourse a sanctionné l’annonce. Le titre NXTT a cédé environ 4,8 % en clôture, puis encore 7,4 % après séance. Rien d’étonnant. Une capacité de vente d’actions crée un surplomb technique, même si le produit attendu vise un actif rare. À noter : la société vient d’acter un reverse split effectif ce 16 septembre, un jalon technique qui peut amplifier la volatilité de court terme.
Pourtant, la fenêtre de tir n’est pas dénuée d’arguments. Les flux des entreprises épaississent la demande récurrente en BTC tandis que le flottant réellement disponible se contracte. Lorsque la collecte en actions trouve preneur, le passage en Bitcoin peut se faire vite, et la transformation bilan s’opère à l’échelle de semaines plutôt que d’années. L’arbitrage dilution contre rareté numérique se joue alors au bénéfice d’un actif dont l’offre est inélastique.
Reste la variable prix. En allouant par tranches, Next Technology réduit le risque de point d’entrée et laisse la porte ouverte à des achats opportunistes lors de replis. Cette approche mois par mois, déjà évoquée dans ses communications, sied à un marché où les rallyes sont brusques et les corrections, violentes. Elle autorise aussi des tours de financement successifs si la demande primaire répond présent.


