Mark Branson, président de l’autorité fédérale de supervision financière allemande (BaFin), a averti que le bitcoin n’était pas un placement fiable, même si son adoption gagne du terrain chez les grandes institutions comme chez le grand public. Ses propos arrivent alors que l’Allemagne applique le règlement européen MiCA. Entré en vigueur vers fin 2024, il impose une licence BaFin pour toute entreprise proposant des services liés aux crypto-actifs.
Bitcoin : une adoption massive mais un discours officiel froid
Le bitcoin a gagné du terrain dans les stratégies des fonds, des banques et des assureurs. L’encadrement réglementaire s’est renforcé en Allemagne, avec MiCA, qui impose une autorisation officielle pour opérer. En effet, depuis décembre 2024, toute société proposant des services liés aux crypto-actifs doit obtenir une licence de BaFin pour exister légalement.
Malgré ce cadre, Branson n’a pas changé d’avis sur le bitcoin depuis 2021. Pour lui, l’attrait croissant du Bitcoin ne le rend pas plus « solide » en tant qu’investissement. Il estime que le bitcoin n’a pas de valeur intrinsèque et le compare à un casino, où les pertes l’emportent souvent sur les gains.
Intérrogé, il déclare :
Ce n’est pas parce qu’un bien devient plus accessible qu’il constitue un investissement plus judicieux
BaFin souligne que la protection des consommateurs restera au cœur de son action. Dans son communiqué, l’autorité rappelle que les clients doivent savoir à quoi ils s’exposent lorsqu’ils investissent dans des jetons « sans valeur intrinsèque ».
Mark Branson rejette néanmoins l’idée de maintenir le bitcoin et les autres cryptomonnaies en dehors du secteur réglementé. Selon lui, leur intégration permet au contraire de montrer qu’il s’agit « davantage d’un casino que d’un investissement ».
Il met aussi en avant les nombreux cas de fraude observés sur certaines plateformes d’échange. Pour lui, ces cas sont des exemples concrets des risques liés à l’absence de contrôle.
On ne peut pas laisser cet univers parallèle se développer indéfiniment »,
a-t-il conclu, en insistant sur la nécessité d’une surveillance étroite.
Les raisons d’une opposition constante
Branson répète depuis son arrivée à BaFin en 2021 les mêmes arguments. Le premier est la volatilité. Un actif qui perd 20 % en une semaine n’a pas, selon lui, sa place dans une gestion patrimoniale prudente. Les cycles du bitcoin, faits de bonds spectaculaires et de corrections brutales, renforcent son discours auprès du grand public.
De plus, pour Branson, contrairement à une action liée à l’activité d’une entreprise ou à une obligation portée par un État, le bitcoin n’aurait pas de fondement économique tangible. Son prix dépendrait uniquement de l’offre et de la demande, avec un risque constant d’effondrement si la confiance se brise. C’est cette fragilité qui alimente sa comparaison avec le jeu d’argent.
Enfin, Branson met en avant l’usage criminel des cryptos. Il rappelle souvent que Bitcoin a longtemps servi aux activités illégales, en allant des marchés noirs aux rançongiciels. Même si la transparence de la blockchain rend désormais les flux plus visibles, l’image d’un actif lié au crime reste un argument efficace pour défendre une surveillance stricte.
Réduire BaFin à une position hostile serait trompeur. Branson a déjà reconnu l’intérêt de la blockchain, de l’intelligence artificielle ou de la finance décentralisée. L’idée n’est pas de bloquer l’innovation, mais de l’encadrer pour prévenir les dérives.

