Crypto : SharpLink perd 12 % malgré 3,5 milliards de dollars en ETH

Avertissement : l'information présente dans ce guide ne constitue pas un conseil en investissement. Faites toujours vos propres recherches avant d'investir, et ne mettez pas en jeu une somme d'argent que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre.
Pourquoi Nous Faire Confiance
Pourquoi Nous Faire Confiance
Sharplink chute Ethereum

Le paradoxe est frappant. SharpLink Gaming, l’un des plus gros détenteurs d’Ethereum au monde, vient de voir son action plonger de 12,4 %, alors même qu’elle détient plus de 728 000 ETH, soit environ 3,5 milliards de dollars. En cause : une perte comptable de 103 millions de dollars au deuxième trimestre sur le papier seulement. Mais les marchés, eux, n’ont pas pris de gants.

Une chute comptable, pas économique

Il n’y a eu ni vente de cryptos, ni piratage, ni crise de liquidité. Juste un effet d’écriture. Aux États-Unis, les règles comptables GAAP obligent les entreprises à enregistrer une perte si la valeur d’un actif numérique chute au cours du trimestre, même si cet actif n’a pas été vendu. C’est ce qu’on appelle un “impairment”. Et ça peut faire mal.

SharpLink a dû enregistrer 87,8 millions de dollars de pertes simplement parce que le prix de la crypto ETH est passé sous les 2 300 dollars pendant quelques semainesSharplink chute

Résultat : un déficit trimestriel de 103 millions de dollars, contre à peine 500 000 dollars l’an dernier à la même période. Tout ça alors que les tokens sont toujours là, bien au chaud dans les portefeuilles de l’entreprise.

L’un des plus gros trésors d’Ethereum au monde

Sur le fond, rien n’a changé. SharpLink reste le deuxième plus gros détenteur corporate d’Ethereum au monde, juste derrière BitMine Immersion Technologies, qui en possède 1,15 million (soit environ 5,1 milliards de dollars). Une position stratégique que la société ne semble pas près d’abandonner.

On assiste peut-être à un glissement de fond : de plus en plus d’entreprises cotées thésaurisent de la crypto ETH dans leurs bilans, comme d’autres accumuleraient de l’or.

Et avec des prévisions de prix parfois stratosphériques : 7 500 dollars selon Standard Chartered, jusqu’à 15 000 selon Fundstrat, difficile de leur donner tort. Reste à voir si les actionnaires auront la patience de tenir jusqu’au bout.

Vers une DeFi à l’échelle institutionnelle ?

Ce mouvement silencieux de concentration des ETH dans les mains de sociétés cotées intrigue. Certains y voient un catalyseur pour une nouvelle ère de la DeFi (plus structurée, plus réglementée, plus institutionnelle). C’est en tout cas ce que suggère Vivek Raman, analyste chez Etherealize.

Avec l’essor des ETF crypto et des produits dérivés liés à Ethereum, les outils pour s’exposer à l’actif se multiplient. Mais les limites comptables, elles, restent inchangées.

Le cas du liquid staked ETH (LsETH) est emblématique : sa valorisation fluctue, indépendamment du prix de l’ETH natif, ce qui complique encore la lecture pour les comptables.

Un décalage de plus en plus difficile à ignorer

Il faut dire que le moment s’y prête. Depuis la mise à jour Pectra en mai, l’ETH a plus que doublé, passant de 1 811 à 4 380 dollars. Une ascension spectaculaire, mais qui n’a pas empêché SharpLink d’afficher une perte. Cherchez l’erreur.

Ce décalage grandissant entre valeur économique réelle et traitement comptable pose question. Une société peut stocker un actif en forte croissance, avec des fondamentaux solides, et pourtant enregistrer des pertes colossales, uniquement à cause d’un point bas temporaire.

Difficile, dans ce contexte, de ne pas rouvrir le débat sur l’adaptation des normes comptables à l’ère des cryptoactifs. Pour l’instant, rien ne bouge. Et les marchés, eux, continuent de réagir à chaud.

Cette baisse de 12 %, paradoxalement, ne sanctionne ni une mauvaise stratégie, ni une erreur de gestion. Elle révèle surtout un système de mesure à bout de souffle, face à un actif qu’il ne comprend pas encore tout à fait.

Par lucie

Plongée dans l’univers du numérique depuis plus de dix ans, Lucie Moinet s’est rapidement passionnée pour les crypto-monnaies et les révolutions financières décentralisées. Attentive aux évolutions du Web3, elle aime décrypter les tendances et rendre accessibles des sujets souvent techniques. Souhaitant aider chacun à mieux comprendre les enjeux de la blockchain et à saisir les opportunités de cette nouvelle ère elle a décidé d'utiliser sa plume ou plutôt son clavier dans ce but.