Lors du Forum économique mondial de Davos, Jeremy Allaire, PDG de Circle, a tenu à clarifier la position de son entreprise sur l’avenir des stablecoins.
Contrairement à certaines idées reçues, Circle ne cherche pas à concurrencer les banques ni les grands réseaux de paiement comme Visa ou Mastercard. Selon Allaire, l’USDC doit avant tout être perçu comme une infrastructure financière neutre, destinée à s’intégrer à l’écosystème existant plutôt qu’à le remplacer.
Cette vision intervient alors que le marché des stablecoins connaît une croissance rapide et attire de plus en plus d’acteurs institutionnels.
L’USDC, une infrastructure partagée plutôt qu’un concurrent
Invité sur l’émission Squawk Box de CNBC à Davos, Jeremy Allaire a expliqué que Circle considère les stablecoins comme des network effect businesses, c’est-à-dire des infrastructures dont la valeur augmente à mesure que leur adoption s’étend.
A stablecoin offering in Davos – great session on what’s happening with stablecoins and the development of the internet financial system. pic.twitter.com/JFkYKIVqY8
— Jeremy Allaire – jda.eth / jdallaire.sol (@jerallaire) January 22, 2026
Plus les développeurs, entreprises et institutions utilisent l’USDC, plus son utilité et sa circulation s’amplifient.
Dans cette logique, Circle ne se positionne pas comme un rival des réseaux de cartes bancaires. Au contraire, Allaire a qualifié Visa et Mastercard de partenaires majeurs, soulignant que l’USDC est conçu pour fonctionner aux côtés des systèmes financiers existants.
Circle se veut ainsi une entreprise « neutre », qui ne concurrence ni les banques, ni les sociétés de paiement, ni les plateformes d’échange crypto.
Allaire reconnaît toutefois que les implications à long terme des stablecoins restent difficiles à anticiper. Selon lui, l’évolution technologique pourrait conduire à un futur où le coût de stockage et de transfert de l’argent tendrait vers zéro, notamment avec l’essor des agents d’intelligence artificielle capables d’effectuer automatiquement des transactions.
Dans un tel contexte, les modèles économiques traditionnels du paiement pourraient être profondément remis en question.
Régulation et ambitions politiques aux États-Unis
Interrogé sur l’avenir de la réglementation aux États-Unis, Jeremy Allaire s’est montré relativement optimiste. Il estime qu’il existe une volonté bipartisane au Congrès pour faire avancer le projet de loi sur la clarté des marchés des actifs numériques (Digital Asset Markets Clarity bill).
Ce texte ne concerne pas uniquement les stablecoins, mais vise plus largement l’utilisation des tokens numériques dans les marchés de capitaux.
Selon Allaire, cette approche globale sert à la fois les intérêts des banques traditionnelles et ceux des entreprises crypto, en apportant un cadre juridique plus clair et plus stable.
Circle en Bourse et montée en puissance des concurrents
Circle est l’émetteur de l’USDC, actuellement le deuxième plus grand stablecoin au monde en termes de capitalisation. L’entreprise est entrée en Bourse en juin 2025, avec un prix d’introduction fixé à 31 $ par action.
Le titre a ouvert à 69 $, avant de culminer à plus de 263 $ fin mai, puis de retomber autour de 72 $.
Parallèlement, la concurrence s’intensifie. En 2025, plusieurs acteurs majeurs ont annoncé leur intention de lancer leur propre stablecoin. Fidelity Investments teste un stablecoin adossé au dollar via sa branche Fidelity Digital Assets.
Stripe développe de son côté un stablecoin destiné aux entreprises hors États-Unis et Europe, tandis que MoonPay prépare une solution orientée paiements du quotidien pour 2026.
Aujourd’hui, le marché total des stablecoins atteint environ 309 milliards de dollars. L’USDC représente près de 74 milliards, loin derrière Tether et ses 186 milliards, mais reste un pilier central de cette nouvelle infrastructure financière mondiale.

