La Bourse de Tokyo s’attaque aux trésoreries en Bitcoin

Avertissement : l'information présente dans ce guide ne constitue pas un conseil en investissement. Faites toujours vos propres recherches avant d'investir, et ne mettez pas en jeu une somme d'argent que vous ne pouvez pas vous permettre de perdre.
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Tokyo traque cryptos

La Bourse de Tokyo prépare un tour de vis pour les entreprises cotées qui transforment leur trésorerie en crypto. En ligne de mire, ces sociétés qui accumulent massivement du bitcoin et d’autres actifs numériques, au risque d’exposer les petits porteurs à une volatilité extrême.

Une offensive ciblée contre les trésoreries en crypto

Le Japan Exchange Group (JPX), opérateur de la Bourse de Tokyo, envisage de durcir le cadre entourant les sociétés cotées qui adoptent une stratégie de trésorerie en crypto à grande échelle. Concrètement, la place boursière étudie une interprétation plus stricte de ses règles sur les cotations indirectes (backdoor listings). Elle pourrait exiger de nouveaux audits lorsque l’activité principale pivote vers l’accumulation d’actifs numériques.

Aujourd’hui, JPX n’interdit pas formellement aux entreprises de détenir du Bitcoin ou d’autres cryptos en réserve. Mais le régulateur boursier a commencé à envoyer un signal clair. Si la crypto devient le cœur du modèle économique, on ne parlera plus d’un simple ajustement stratégique, mais d’un changement de nature qui justifie un contrôle renforcé.

Crypto en flammes

Selon des sources citées par Bloomberg, au moins trois sociétés japonaises ont déjà mis en pause leurs projets d’achat de crypto après avoir été prévenues que ce virage pourrait limiter leur capacité à lever des fonds sur les marchés. En toile de fond, l’objectif assumé de JPX est de protéger les actionnaires et les investisseurs face à des profils de risque jugés trop élevés pour des valeurs pourtant présentées comme des actions classiques.

Metaplanet et les autres DAT sous pression

Cette offensive vient après une chute spectaculaire des actions des « digital asset treasury companies » (DAT), ces entreprises cotées dont la principale proposition de valeur est la détention de crypto en trésorerie. L’exemple le plus visible est Metaplanet, souvent présentée comme le « MicroStrategy japonais ». Son titre a perdu plus de 75 % depuis son pic de juin, après un envol de plus de 400 % plus tôt dans l’année.

Metaplanet a lancé sa stratégie d’accumulation de Bitcoin en 2024, en pivotant d’un ancien modèle hôtelier vers un modèle centré sur les réserves en BTC. L’entreprise détient désormais plus de 30 000 bitcoins, ce qui en fait l’un des plus gros détenteurs d’entreprise au monde. Pourtant, la capitalisation boursière ne suit plus la valeur de ce trésor numérique. Il s’agit d’un signe que le marché commence à douter de la soutenabilité de ce type de pari ultra concentré sur la crypto.

Dans un communiqué, Metaplanet a néanmoins insisté sur le respect des règles. La société souligne que sa stratégie a été approuvée par les actionnaires lors d’assemblées générales et qu’elle n’a pas fait l’objet de mesures formelles ou d’enquêtes de la part de JPX. Mais le message implicite de la Bourse est déjà passé. Les DAT ne bénéficieront plus d’un laissez-faire total tant que des investisseurs particuliers continueront de subir de lourdes pertes sur des valeurs perçues, à tort ou à raison, comme des paris Bitcoin déguisés.</p>

Un tournant pour la stratégie « Bitcoin en trésorerie »

Ce durcissement à Tokyo s’inscrit dans une tendance plus large. Depuis la stratégie très médiatisée de MicroStrategy (devenue Strategy Inc.), qui a converti des milliards de dollars de réserves en Bitcoin, de nombreuses sociétés à travers le monde ont voulu copier le modèle. Moins de cash, plus de crypto. Le Japon est allé particulièrement loin, avec déjà plus d’une dizaine d’entreprises cotées qui achètent du bitcoin pour leur trésorerie.

Chute Bitcoin régulation.

Tant que les prix grimpaient, ce positionnement pro-crypto faisait grimper les actions bien plus vite que le marché. Mais dès que la volatilité s’est retournée, la mécanique s’est enrayée. Les investisseurs se sont retrouvés exposés à un risque d’une entreprise parfois peu rentable, et celui d’un actif crypto extrêmement volatile concentré au bilan. Lorsque le Bitcoin et les DAT ont corrigé, l’enthousiasme s’est brutalement évaporé.

La réflexion de JPX marque donc un moment charnière. Elle ne remet pas en cause l’existence de la crypto dans la finance traditionnelle. Elle pose plutôt une question simple, mais décisive. Jusqu’où une entreprise cotée peut-elle se transformer en véhicule d’investissement crypto sans être traitée comme tel par le régulateur, avec toutes les exigences de transparence et de contrôle qui vont avec ?

Par lucie

Plongée dans l’univers du numérique depuis plus de dix ans, Lucie Moinet s’est rapidement passionnée pour les crypto-monnaies et les révolutions financières décentralisées. Attentive aux évolutions du Web3, elle aime décrypter les tendances et rendre accessibles des sujets souvent techniques. Souhaitant aider chacun à mieux comprendre les enjeux de la blockchain et à saisir les opportunités de cette nouvelle ère elle a décidé d'utiliser sa plume ou plutôt son clavier dans ce but.