Le bitcoin a enfoncé ses plus bas de quinze semaines, glissant sous 106 000 $, dans le sillage d’un nouvel accès de faiblesse des banques régionales américaines. Le marché se replie, les regards convergent vers 100 000 $, et l’or s’offre un record. Voilà le décor.
Un plus bas de 15 semaines sur fond de stress bancaire
Le mouvement s’est accéléré lorsque le bitcoin est passé sous 106 000 $, un niveau plus observé depuis juin. Cette cassure a validé un plus bas de quinze semaines et ravivé les souvenirs d’un épisode déjà vu. Quand la fragilité bancaire rejaillit, la crypto encaisse d’abord. Les données agrégées cadrent le point bas sous 105 000 $, avec un marché devenu nerveux en quelques heures.
L’étincelle vient des banques régionales américaines. Zions et Western Alliance ont dévoilé des pertes liées à des prêts frauduleux ou irrécouvrables. La réaction a été immédiate. L’indice des banques régionales a décroché, la défiance s’est propagée au reste du marché et le mode réduction de risque s’est enclenché. Dans ce climat, les cryptos se retrouvent en première ligne.
Techniquement, la zone 101 000 – 102 000 $ s’impose désormais comme repère. C’est là que plusieurs opérateurs situent un faisceau de supports de court terme, avec l’idée qu’un retour au-dessus d’environ 110 000 $ offrirait un rebond plus propre. À l’inverse, la perte nette de 100 000 $ ouvrirait un couloir vers 98 000 $, scénario que certains traders évoquent explicitement.
If $BTC lose this support, we are going straight to $98,000.
Good Luck everyone. pic.twitter.com/sIjbPPAoOM
— Borg (@Borg_Cryptos) October 17, 2025
Du bancaire au bitcoin : le canal de transmission
La mécanique est connue depuis 2023. Quand les banques régionales vacillent, les investisseurs réduisent l’exposition aux cryptos les plus sensibles à la liquidité. Le marché crypto, soutenu par l’effet de levier et des flux spéculatifs, devient alors la variable d’ajustement. Les ventes s’y matérialisent vite, parfois en flash, avant que la poussière ne retombe.
Le repli n’est pas seulement une affaire de psychologie. Il se diffuse via les conditions financières. Un regain d’aversion au risque comprime la profondeur du carnet, élargit les spreads et renchérit le financement des positions. Les dérapages deviennent plus brusques, les mèches plus longues, et l’on teste des niveaux techniques sans ménagement.
Le chiffre rond de 100 000 $ joue aussi son rôle. C’est une balise mentale autant qu’un seuil technique. S’il cède franchement, on cherche la prochaine marche. S’il tient, il peut catalyser un rebond mécanique. Le marché n’a pas tranché. La volatilité dira le reste, avec un œil rivé sur les gros titres bancaires américains.
L’or brille, le narratif refuge s’inverse
Pendant que le bitcoin s’essouffle, l’or grimpe et inscrit des sommets historiques au-delà de 4 200 $ l’once. Les anticipations de baisse de taux, la quête de valeur refuge et les tensions commerciales alimentent cette poussée. Le message est clair. La prime de sécurité s’achète, et vite.
Cette divergence réactive un vieux débat. Peter Schiff, critique récurrent de la crypto, estime que l’or a davantage de chances d’atteindre 1 million de dollars l’once que le Bitcoin d’en faire autant. Provocation assumée, mais symptôme d’un climat où les partisans des refuges « classiques » reprennent la main médiatique lorsque la mer se forme.
Gold is more likely to hit $1 million than Bitcoin.
— Peter Schiff (@PeterSchiff) October 16, 2025
Faut-il en conclure que le narratif or numérique est caduc ? Pas si vite. Les rotations existent, parfois violentes, mais elles ne préjugent pas du cycle de fond. Historiquement, la crypto a déjà repris le leadership après des épisodes de frayeur. La condition, ici, sera un apaisement sur les banques régionales et la reprise d’un momentum technique au-dessus des seuils brisés.


