{"id":5677,"date":"2025-08-06T11:30:37","date_gmt":"2025-08-06T11:30:37","guid":{"rendered":"https:\/\/icobench.com\/fr\/?p=5677"},"modified":"2025-08-06T11:21:23","modified_gmt":"2025-08-06T11:21:23","slug":"ue-scan-messages-prives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/icobench.com\/fr\/news\/ue-scan-messages-prives\/","title":{"rendered":"L’UE pourrait bient\u00f4t scanner tous les messages priv\u00e9s de ses citoyens"},"content":{"rendered":"
L\u2019Union europ\u00e9enne envisage d\u2019imposer le scan automatique de tous les messages priv\u00e9s<\/strong>, m\u00eame ceux prot\u00e9g\u00e9s par chiffrement de bout en bout comme WhatsApp ou Signal. Cette mesure controvers\u00e9e, appel\u00e9e \u201cChat Control\u201d, vise \u00e0 d\u00e9tecter le contenu p\u00e9dopornographique dans les communications priv\u00e9es.<\/p>\n Actuellement, 19 pays sur 27 soutiennent le projet<\/strong>. La pr\u00e9sidence danoise de l\u2019UE, depuis le 1er juillet, relance cette initiative en visant une adoption potentielle d\u2019ici mi-octobre 2025<\/strong>. Bien que l\u2019Allemagne reste ind\u00e9cise, elle joue un r\u00f4le cl\u00e9. Par ailleurs, la France, initialement oppos\u00e9e, s\u2019est r\u00e9cemment rang\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 des soutiens du \u201cChat Control\u201d<\/a>.<\/p>\n Selon ce texte, les applications de messagerie devraient analyser chaque message, photo, vid\u00e9o ou lien<\/strong> avant envoi. Cela inclut m\u00eame les communications chiffr\u00e9es. Le but affich\u00e9 est de lutter contre les contenus p\u00e9dosexuels. Cette t\u00e2che s\u2019effectuerait via un syst\u00e8me de client-side scanning<\/strong>, c\u2019est-\u00e0-dire un scan local avant que le contenu soit chiffr\u00e9 sur l\u2019appareil de l\u2019utilisateur.<\/p>\n Un mot sur l\u2019impact technique : cette approche compromet s\u00e9rieusement la s\u00e9curit\u00e9 des messageries chiffr\u00e9es<\/strong>. En effet, la norme du chiffrement de bout en bout (E2EE) permet uniquement \u00e0 l\u2019exp\u00e9diteur et au destinataire de lire un contenu. Toute autre intervention ouvre la porte \u00e0 des vuln\u00e9rabilit\u00e9s graves.<\/p>\n De plus, les organismes europ\u00e9ens de protection des donn\u00e9es (EDPS\/EDPB)<\/strong> alertent sur le fait que cette loi pourrait cr\u00e9er une surveillance de masse, y compris des contenus l\u00e9gitimes. Ils estiment que le nouveau texte menace les droits fondamentaux \u00e0 la vie priv\u00e9e et \u00e0 la protection des donn\u00e9es.<\/p>\n D\u00e9j\u00e0 en juin 2024, un vote cl\u00e9 au sein du Conseil de l\u2019UE a \u00e9t\u00e9 report\u00e9 ind\u00e9finiment en l\u2019absence d\u2019une majorit\u00e9 suffisante<\/strong>. \u00c0 deux reprises, l\u2019opposition a emp\u00each\u00e9 l\u2019adoption du texte. Pourtant, l\u2019id\u00e9e fait r\u00e9guli\u00e8rement son retour, sous diff\u00e9rents noms comme CSAR<\/strong> ou Upload Moderation<\/strong>.<\/p>\n Des d\u00e9put\u00e9s europ\u00e9ens et des associations plaident pour une version r\u00e9vis\u00e9e, qui prot\u00e8gerait le chiffrement tout en ciblant sp\u00e9cifiquement les contenus ill\u00e9gaux. Toutefois, le projet en l\u2019\u00e9tat reste majoritairement ax\u00e9 sur un scan g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, sans distinction entre citoyens.<\/p>\n Pour de nombreux experts en cybers\u00e9curit\u00e9, cette proposition repr\u00e9sente un outil potentiellement autoritaire<\/strong>. Ils soulignent que les technologies de scanning peuvent g\u00e9n\u00e9rer des faux positifs fr\u00e9quents<\/strong>, mal interpr\u00e9ter des images ou une conversation innocente. Cela risquerait d\u2019inonder les services de signalement avec des alertes erron\u00e9es, voire de porter atteinte \u00e0 des utilisateurs innocents.<\/p>\n Certains juristes \u00e9voquent \u00e9galement la possibilit\u00e9 de d\u00e9rives<\/strong> : une fois le syst\u00e8me en place, il pourrait \u00eatre \u00e9tendu \u00e0 d\u2019autres formes de contenu (terrorisme, radicalisation, etc.). En effet, ils craignent son utilisation \u00e0 des fins de contr\u00f4le politique indu. La mise en place de cette mesure pourrait se transformer en une atteinte grave aux libert\u00e9s<\/a>.<\/p>\n D\u2019abord, il s\u2019agit d\u2019une rupture technologique<\/strong> : l\u2019obligation de scanner annule l\u2019utilit\u00e9 du chiffrement. Ensuite, elle pose un d\u00e9fi juridique : comment g\u00e9n\u00e9raliser une surveillance intrusive sans contrevenir \u00e0 la Charte des droits fondamentaux de l\u2019UE ?<\/p>\n Certains pays favorables changent de position, notamment l\u2019Irlande ou la Belgique, qui ont tent\u00e9 d\u2019introduire des formes plus respectueuses, comme un consentement volontaire avant le scan. Pourtant, m\u00eame ces compromis restent jug\u00e9s insuffisants par les d\u00e9fenseurs de la vie priv\u00e9e.<\/p>\n En outre, les experts en droit technologique d\u00e9noncent une architecture de surveillance in\u00e9dite<\/strong>, permettant \u00e0 des entreprises ou gouvernements d\u2019examiner des conversations priv\u00e9es, sans garde-fous suffisants.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" L\u2019Union europ\u00e9enne envisage d\u2019imposer le scan automatique de tous les messages priv\u00e9s, m\u00eame ceux prot\u00e9g\u00e9s par chiffrement de bout…<\/p>\n","protected":false},"author":245,"featured_media":5678,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-5677","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news","entry"],"acf":[],"yoast_head":"\nUne proposition soutenue par plusieurs \u00c9tats membres<\/span><\/h2>\n

Des impacts graves sur la confidentialit\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9<\/span><\/h2>\n
Un \u00e9chec parlementaire possible\u2026 pour l\u2019instant<\/span><\/h2>\n
Une menace aux libert\u00e9s num\u00e9riques et \u00e0 l\u2019expression<\/span><\/h2>\n
Pourquoi cette loi cristallise tant d\u2019opposition<\/span><\/h2>\n